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Drapeau Italie Dernière mise à jour le 02.06.2021

Italie

Adhésion en 1957 (Membre fondateur) Dernière mise à jour le 02.06.2021

Géographie et démographie

Rome

Villes principales

Rome, Milan, Naples, Turin, Palerme

Découpage administratif

20 régions, 103 provinces, 8 103 communes

60,24 millions d'habitants (2020)

Eurostat

302 073 km² (2016)

Eurostat

Indice de développement humain

0,892 (2019)

ONU

Environnement

7,3 tonnes/hab. (2018)

Eurostat

Économie

PIB

1 789,7 milliards d'euros (2019)

Eurostat

Inflation

-1,1 % (Janvier 2021)

Eurostat

-8,9 % (2020)

Eurostat

9,0 % (décembre 2020)

Eurostat

154,2 % (T3 2020)

Eurostat

Déficit de 9,4 % (T3 2020)

Eurostat

Italie

Politique

L’Italie est une république parlementaire, dont le gouvernement est responsable devant les deux chambres du Parlement bicaméral. Les gouvernements italiens, depuis la Seconde Guerre mondiale, sont ainsi marqués par une assez forte instabilité : le pays a connu 67 gouvernements en 75 ans d’histoire républicaine.

Le pays est composé de 20 régions, dont 5 autonomes. Celles-ci disposent d’un pouvoir législatif et de prérogatives étendues, en matière de santé par exemple, plaçant l’Italie à mi-chemin entre un modèle unitaire et un modèle fédéral.

Chef d’Etat

Le président de la République jouit de pouvoirs relativement limités. Sergio Mattarella, président actuel, a été élu au suffrage indirect le 31 janvier 2015 pour un mandat de sept ans. Il a succédé à Giorgio Napolitano, qui avait démissionné le 14 janvier 2015 en raison de son âge.

Gouvernement

Le 3 février 2021, le président Sergio Mattarella a chargé Mario Draghi, ancien président de la Banque centrale européenne, de former un gouvernement. Celui-ci est entré en fonction le 13 février 2021, à la tête d’un exécutif allant de la gauche (Articulo Uno) à l’extrême droite (la Ligue), en passant par les antisystèmes du M5S.

Du 1er juin 2018 au 26 janvier 2021, l’indépendant Giuseppe Conte, proche du Mouvement 5 étoiles (M5S, antisystème) occupait la fonction de président du Conseil des ministres. D’abord à la tête d’une coalition avec le M5S et la Ligue de Matteo Salvini (extrême droite), il était parvenu en aout 2019 à former une nouvelle coalition avec notamment le M5S et le parti démocrate (centre gauche).

Le 13 janvier 2021, le parti Italia Viva de l’ancien Premier ministre démocrate Matteo Renzi s’était retiré de la coalition gouvernementale, reprochant au chef de l’exécutif la mauvaise gestion de la pandémie de Covid-19. Malgré les votes de confiance du Conseil et du Sénat, Giuseppe Conte n’était pas parvenu pas à former un nouveau gouvernement de coalition.

Les gouvernements italiens depuis les années 2000

Au cours des deux dernières décennies, Silvio Berlusconi (centre-droit) a probablement été la figure majeure de la politique italienne. Son dernier mandat de Premier ministre remonte à la période 2008-2011. Il Cavaliere avait succédé à Romano Prodi (centre-gauche) et a donc conduit l’Italie pendant trois ans. Accusé d’avoir miné la crédibilité de son pays, il a été remplacé par Mario Monti, ancien commissaire européen (en charge du Marché intérieur, puis de la Concurrence), à la tête d’un gouvernement technique au plus fort de la crise économique.

En 2013, M. Monti a été remplacé par Enrico Letta, à la suite de la victoire du centre-gauche lors des élections législatives. Sa place à la tête du gouvernement n’a toutefois été que de courte durée car, devant la persistance de la crise économique en Italie, le Parti démocrate a voté en février 2014 pour la formation d’un nouveau gouvernement. Le secrétaire général du parti, Matteo Renzi, alors maire de Florence, a été à l’origine de cette motion de défiance contre Enrico Letta et lui a succédé au palais Chigi le 17 février 2014.

Matteo Renzi a dirigé l’Italie jusqu’en décembre 2016, à la tête d’un gouvernement rajeuni et paritaire. D’abord auréolé d’une forte popularité et de succès, comme lors des élections européennes de mai 2014, M. Renzi a échoué toutefois à faire accepter par référendum une proposition de révision de la constitution italienne. Le 4 décembre 2016, les Italiens ont dit “non” à 59 % à la suppression du Sénat et au changement de la loi électorale qui aurait institué un système plus majoritaire. M. Renzi a démissionné de ses fonctions au lendemain du référendum.

Il a été remplacé par son ministre des Affaires étrangères Paolo Gentiloni. Ce dernier, fidèle soutien de Matteo Renzi et ministre des Affaires étrangères de son gouvernement, a eu pour mission principale de trouver un accord avec le Parlement sur la réforme de la loi électorale, avant la tenue de nouvelles élections législatives en 2018. Ces dernières ont eu lieu le 4 mars 2018. Le Mouvement 5 étoiles (M5S), considéré comme populiste, est devenu le premier parti d’Italie avec à sa tête Luigi Di Maio, suivi par la coalition de la droite entre Forza Italia, le parti de Silvio Berlusconi, et la Ligue, le parti de Matteo Salvini. Le Parti démocrate a accusé, lui, une forte baisse par rapport à 2013.

Pendant plus de deux mois, des tractations ont lieu entre les différentes forces politiques, sous le regard attentif du président Mattarella. Après plusieurs échecs, un accord a été trouvé entre le M5S et la Ligue pour désigner un tiers comme Premier ministre : l’avocat Giuseppe Conte, proche du M5S et inconnu du grand public.

Chargé de former un gouvernement le 23 mai 2018, M. Conte a souhaité nommer Paolo Savona, partisan de la sortie de l’Italie de la zone euro, comme ministre des Finances. Une perspective refusée par Sergio Mattarella, conduisant au renoncement de Giuseppe Conte. L’économiste Carlo Cottarelli a alors été appelé par le président italien pour former un gouvernement technique chargé d’expédier les affaires courantes jusqu’à l’organisation de nouvelles élections. Il n’en a finalement rien été car, le 31 mai 2018, le M5S et la Ligue se sont entendus sur une nouvelle proposition de gouvernement, cette fois-ci acceptée par le président Mattarella. Giuseppe Conte a de nouveau été choisi pour le poste de Premier ministre, M. Savona a obtenu les Affaires européennes, tandis que le proeuropéen Giuseppe Tria a hérité du portefeuille des Finances. Luigi Di Maio, chef du M5S, et Matteo Salvini, figure de proue de la Ligue, sont également entrés au gouvernement, respectivement au Développement économique et à l’Intérieur.

Le pays et l’UE

L’Italie est l’un des six pays à l’origine des Communautés européennes. Parmi les fondateurs de l’Union européenne, de célèbres Italiens, tels qu’Alcide de Gasperi ou Altiero Spinelli.

L’Italie a fêté ses cent-cinquante ans en 2011. Cette “jeunesse” et le sentiment nationaliste faible qui en résulte ont notamment participé à un sentiment pro-européen très fort pendant plusieurs années.

En 2003, l’Italie s’est déclarée en faveur de l’intervention américaine en Irak. Une position qui n’a pas manqué de choquer d’autres membres de l’UE défavorables à une telle intervention. L’américanisme de l’Italie n’est pas nouveau et s’est manifesté dès la fin de la guerre. Il s’est développé en réaction à un couple franco-allemand influent, face auquel il a fallu trouver d’autres alliances. L’Italie s’est ainsi tournée vers l’Espagne, le Royaume-Uni et, à l’extérieur de l’UE, les Etats Unis.

En mars 2017, à l’occasion des 60 ans du traité de Rome, les dirigeants européens se sont retrouvés à Rome afin de redonner une ligne conductrice à la poursuite de la construction de l’Union européenne. Le gouvernement italien a fait savoir son attachement à un renforcement et à un approfondissement de la construction européenne.

L’Italie a fait face à une crise migratoire et humanitaire, des milliers de migrants débarquant sur ses côtes, en provenance de Libye. Afin de soutenir l’Italie, l’Union européenne a mis en place un plan de relocalisation des réfugiés. Mais cette solution s’est avérée être un échec, certains pays de l’UE, comme la Hongrie ou la République Tchèque, refusant de l’appliquer. En 2018-2019, l’Italie a, par la voix de son ministre de l’Intérieur Matteo Salvini, empêché à plusieurs reprises le débarquement de navires recueillant des migrants en Méditerranée et criminalisé les ONG qui leur venaient en aide.

L’Italie compte 76 députés au Parlement européen. Le commissaire italien Paolo Gentiloni est responsable de l’Economie. Depuis 1958, deux Italiens ont occupé le poste de président de la Commission européenne : Franco Maria Malfatti de 1967 à 1970 et Romano Prodi de 1999 à 2004. Le président du Parlement européen est également italien en la personne de David Sassoli, en poste depuis 2019 et succédant à un autre compatriote, Antonio Tajani. Le poste de Haute représentante de l’Union pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité est également revenu à une représentante du pays, Federica Mogherini, entre 2014 et 2019.

Histoire

Périodes dorées pour l’Italie

  • VIIIe siècle avant notre ère : fondation de la cité de Rome qui accroît peu à peu sa zone d’influence à l’ensemble de l’Europe.
  • 476 : chute de l’Empire romain d’Occident.
  • 1122-1250 : les puissantes cités du Nord de l’Italie sont contraintes à prendre part à la lutte entre la papauté et l’empereur ; elles se divisent en une lutte fratricide entre guelfes et gibelins. Les cités rivales de Venise, Gênes, Florence, prospèrent grâce au commerce avec l’Orient.
  • XIVème-XVème siècles : renaissance littéraire, artistique et scientifique dans le nord de l’Italie. C’est l’apogée des cités-Etats comme Florence, qui devient le centre culturel de l’Europe sous le règne des Médicis.

Des relations tendues avec l’Autriche et la France

  • 1494-1559 : les guerres d’Italie opposent la France à l’Empire des Habsbourg. La victoire finale des Habsbourg marque le début de la domination espagnole sur la péninsule.
  • 1713 : par le Traité d’Utrecht, l’Autriche hérite des possessions espagnoles en Italie.
  • 1796 : début de la campagne d’Italie. Bonaparte y fonde une République-sœur, qui sera plus tard incorporée à son Empire.

Après l’unification et Mussolini, l’Italie retrouve la stabilité

  • 1870 : la prise de Rome par les troupes du roi Victor Emmanuel II marque l’achèvement de l’unification italienne, commencée en 1848 avec l’essor du mouvement nationaliste (Risorgimento) jusqu’à la proclamation du Royaume en 1861.
  • 29 octobre 1922 : Benito Mussolini accède au pouvoir après la Marche sur Rome. Il met en place une dictature fasciste et entre en guerre en 1940 aux côtés de l’Allemagne nazie. La résistance armée des partisans s’accroît.
  • 2 juin 1946 : proclamation de la République. Depuis cette date, la vie politique italienne est restée longtemps marquée par une certaine instabilité gouvernementale. Les années 70 (“années de plomb”) sont troublées par des violences terroristes d’extrême-gauche et d’extrême-droite.
  • 1957 : Avec cinq autres pays, l’Italie crée les Communautés européennes.

Géographie

Péninsule de l’Europe méridionale baignée par la mer Méditerranée, l’Italie partage ses frontières continentales au nord avec la France, la Suisse, l’Autriche et la Slovénie. Elle est composée de 20 régions dont deux îles principales : la Sicile et la Sardaigne.

Le pays est montagneux : les Apennins forment comme une épine dorsale du nord au sud. Au sud-ouest, plusieurs volcans sont toujours en activité : le Vésuve (près de Naples) et l’Etna (en Sicile).

Economie

Même si les différences sont aujourd’hui moins frappantes, l’Italie présente toujours deux profils contrastés : le Nord industriel et dynamique (notamment grâce à de grandes firmes comme FIAT ou Pirelli), tranche avec le Sud (Mezzogiorno) plus rural, aux taux de chômage plus élevés.

Le tourisme occupe une place importante dans l’économie italienne. Grâce à son riche passé historique et culturel, à ses nombreuses stations balnéaires ainsi qu’à la présence des Alpes, l’Italie est la cinquième destination touristique mondiale (2018).

Plus grand producteur européen de riz, de fruits, de végétaux et de vin, l’Italie est l’une des puissances agricoles majeures de l’Union européenne. Second exportateur mondial de produits de luxe, le pays dispose de grandes industries dans les secteurs de l’automobile, de la mode ou encore des produits chimiques.

L’Italie connaît depuis 2004 d’importantes difficultés économiques qui font d’elle le “grand malade” de l’Europe occidentale. Ses nombreuses PME souffrent de la compétition internationale et le pouvoir d’achat est au mieux stagnant.

Le pays est le plus durement touché par la première vague de l’épidémie de Covid-19. Le PIB italien devrait reculer d’environ 8,9% en 2021, selon l’institut national des statistiques italien (ISAT). Les conséquences sociales de la crise devraient marquer longtemps le pays. Alors qu’il était en baisse depuis 2014 (9 % en décembre 2020), le chômage devrait atteindre environ 12 % en 2021, affectant notamment les jeunes (29,5 % en novembre 2020, derrière l’Espagne et la Grèce). La crise devrait également creuser les écarts de richesse entre le Nord et le Sud du pays et créer entre un et deux millions de nouveaux pauvres. Cependant, l’Italie devrait être le principal bénéficiaire du plan de relance européen, de quoi réaliser des investissements et des réformes structurelles jugées nécessaires à l’économie du pays. 

Source : DG Trésor

Hymne et drapeau

L’origine du drapeau italien est liée à l’épopée napoléonienne en territoire transalpin. Les Républiques du Nord de l’Italie, fondées à partir de 1796, choisissent les couleurs actuelles vert-blanc-rouge pour composer un étendard. À cette époque, la première campagne d’Italie, lancée de France par le Directoire en 1796, est menée par le Général Bonaparte, au prix de batailles célèbres comme Arcole ou Rivoli. Cet emblème s’inspire du drapeau français. Couleur de référence de l’Émilie-Romagne, le vert remplace le bleu pour diverses raisons : teinte de base des uniformes de la Garde nationale lombarde, ou de la cocarde que cette milice portait auparavant.

L’hymne italien est composé en 1847 et adopté en 1946. Le Chant des Italiens est associé à la période trouble des années du Risorgimento à partir de 1820, date des premières émeutes, durant lesquelles des personnages tels Giuseppe Mazzini ou encore Camillo Cavour mènent, depuis le royaume de Piémont-Sardaigne de Victor Emmanuel II, une lutte qui aboutira à l’unité de la péninsule italienne.

Voir l’étude de Notre Europe - Institut Jacques Delors

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