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Comment l’Union européenne promeut la diversité linguistique

Forte de vingt-quatre langues officielles, l’Union européenne affirme dans ses traités avoir pour but la protection de la diversité linguistique. Pour cela, elle met en place une politique linguistique, parfois contrariée par la prédominance de l’anglais.

Diversité linguistique Istock

Vingt-quatre langues officielles au sein de l’Union européenne

Symboles d’acceptation et de respect de la diversité des cultures, plusieurs langues coexistent au sein de l’Union européenne.

Avec ses 447 millions d’habitants et ses 27 Etats membres, l’Union européenne compte trois alphabets (latin, grec et cyrillique) et 24 langues officielles. Parmi celles-ci, quatre font partie des dix langues les plus utilisées au monde (l’anglais, l’espagnol, le portugais, le français). Une soixantaine d’autres langues régionales et locales sont également utilisées sur le territoire européen et parlées par 40 millions de personnes.

A cette diversité s’ajoutent les nombreuses langues véhiculées par les migrations plus récentes (on estime qu’au moins 175 nationalités cohabitent au sein de l’UE).

La politique linguistique de l’UE

Inscrite à l’article 22 de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne (“L’Union respecte la diversité culturelle, religieuse et linguistique”) et à l’article 3 du traité sur l’Union européenne, selon lequel “l’Union européenne […] respecte la richesse de sa diversité culturelle et linguistique, et veille à la sauvegarde et au développement du patrimoine culturel européen” , la diversité linguistique est défendue par l’Union européenne, qui met en place une politique spécifique.

L’apprentissage des langues

L’Union européenne travaille en faveur de la maîtrise de plusieurs langues par les citoyens européens. Selon la Commission, l’apprentissage des langues ouvre des perspectives, personnelles et professionnelles pour les citoyens. Les travailleurs possédant des compétences linguistiques et interculturelles constituent une ressource essentielle pour aider les entreprises à réussir et à se développer sur les marchés mondiaux.

Pour cela, l’Union européenne collabore avec les autorités compétentes des Etats membres afin de réaliser un objectif ambitieux : permettre aux citoyens de communiquer dans deux langues en plus de leur langue maternelle. Cet “objectif de Barcelone” a été fixé en 2002 par les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE. L’Union admet avec cet objectif que l’approfondissement de la construction européenne est indissociable d’une meilleure compréhension mutuelle.

Au sein du programme Erasmus+ 2021-2027, le multilinguisme est considéré comme un axe prioritaire. Le programme encourage l’apprentissage des langues dès le plus jeune âge en permettant aux élèves, aux groupes d’élèves et aux classes des écoles et des établissements d’enseignement et de formation professionnels d’étudier dans une école d’accueil ou de participer à un stage dans un autre pays européen. Un outil en ligne de soutien à l’apprentissage de la langue du pays de destination a ainsi été mis en place et les innovations et bonnes pratiques pour l’apprentissage des langues sont valorisées.

La Francophonie, acteur de la diversité linguistique

Outre la défense de la langue française, la Francophonie a joué un rôle précurseur dans le combat pour la diversité culturelle et linguistique. La promotion de la langue française, de la diversité culturelle et linguistique est d’ailleurs la première grande mission de l’Organisation internationale de la francophonie.

En 2002, au sommet de Beyrouth sur la Francophonie, elle préconise notamment l’adoption d’un instrument juridique international sur la diversité culturelle, qui englobe la diversité linguistique. Depuis, elle mène un rôle actif au sein des institutions internationales (ONU, institutions européennes) pour promouvoir la diversité culturelle et linguistique. Elle encourage notamment les fonctionnaires et les dirigeants à apprendre le français pour un usage professionnel ou à utiliser leurs langues maternelles lors d’allocutions officielles.

Elle met également ce principe à l’œuvre au sein de l’Université Senghor, créée à Alexandrie en 1990, qui accueille de nombreux étudiants de nationalités et cultures diverses.

Le respect des différentes langues de l’UE

Si l’apprentissage de plusieurs langues est encouragé au sein de l’Union européenne, pouvoir utiliser sa langue d’origine est également l’un de ses objectifs.

Au sein de l’Union européenne, chaque citoyen doit ainsi avoir accès à l’ensemble des documents de l’UE dans la langue officielle de son pays, pouvoir écrire aux institutions dans sa langue et recevoir une réponse dans sa propre langue. A cette fin, les institutions emploient un nombre impressionnant d’interprètes et traducteurs. Rien qu’au , environ 300 interprètes permanents sont mobilisés. L’institution a aussi régulièrement recours aux quelque 1 500 interprètes indépendants accrédités. 

Financièrement, l’Union européenne soutient par exemple la traduction littéraire grâce au programme Europe créative. Elle finance également la traduction de tous les films sélectionnés pour le prix Lux du Parlement européen.

Une journée européenne des langues, le 26 septembre, organisée en partenariat avec le Conseil de l’Europe, a également été instaurée. Un de ses objectifs est de sensibiliser le public à l’importance de l’apprentissage des langues et de la diversité des langues apprises afin de favoriser le multilinguisme et la compréhension interculturelle. Elle promeut également la riche diversité culturelle et linguistique de l’Europe. En France, le ministère de l’Education et de la Jeunesse organise de nombreux événements dans le cadre de cette journée.

Préserver son identité culturelle grâce à la diversité linguistique

D’après le linguiste David Crystal (Language Death, 2000), préserver les 6 000 à 7 000 langues mondiales est non seulement nécessaire car elles sont l’expression de nos identités, mais aussi parce qu’elles sont dépositaires de l’Histoire et contribuent à la somme des connaissances humaines. Elles sont le reflet et le façonnage à la fois d’une forme de pensée et d’une façon d’appréhender le monde.

L’Union européenne n’est donc pas la seule à avoir reconnu l’importance des langues pour la sauvegarde des cultures. L’UNESCO promeut par exemple un programme pour la défense des langues maternelles. Celles-ci ont par ailleurs été reconnues “patrimoine immatériel de l’humanité” et doivent à ce titre être aussi bien préservées que des monuments ou des productions artistiques. Ce qui n’est aujourd’hui pas toujours le cas. C’est pourquoi l’Organisation internationale de la Francophonie revendique par exemple une véritable diversité culturelle, passant également par la préservation des langues au sein de l’Union européenne.

Plurilinguisme, multilinguisme : quelle différence ?

Si le multilinguisme fait coexister plusieurs langues au sein d’une société, le plurilinguisme est le fait de parler plusieurs langues pour différentes activités : par exemple, parler anglais au travail, français avec sa famille et allemand avec ses amis.

L’Union européenne parle donc plutôt d’une politique multilinguiste que plurilinguiste.

L’anglais, un péril pour le multilinguisme ?

Malgré la défense de la pluralité linguistique, on constate au sein de l’Union européenne une augmentation croissante de l’usage de l’anglais, notamment en milieu professionnel.

Historiquement, le français, langue de trois des pays fondateurs de l’UE, est resté longtemps la langue de travail des institutions, qui sont en grande partie établies dans des pays francophones. Mais depuis 2004 et le “grand élargissement” aux pays de l’Est de l’Europe, l’anglais a pris une place dominante dans les communications professionnelles.

Malgré la place importante qu’occupe la langue de Shakespeare, notamment dans les institutions européennes et la population, cette prédominance est contestée depuis le retrait du Royaume-Uni de l’UE.

Avec le Brexit, l’anglais est passé de la 3e langue maternelle la plus parlée au sein de l’UE (13 % de la population, après l’allemand et le français) à la 16e. Certains pays, comme la France, aimeraient en profiter pour faire regagner à leur langue une place plus centrale au sein des institutions. Mais la partie n’est pas gagnée d’avance. Rien qu’en France, 96% des écoliers et 99% des collégiens apprennent l’anglais, rapporte le ministère de l’Éducation nationale.

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1 commentaire

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    Fotso

    ce qui est dit pour la sauvegarde des indentâtes et cultuelles est bien. Mais il faudra un jour trouver moins
    de faire converger certaines langues pour une Co réflexion et décision en temps réel sans recours à de nombreux interprètes même automatiques ?.Avez-vous une politique déjà pour et sinon pouvez-vous en examiner une ? Avc toutes mes salutations respectueuses Efk