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Sommet du G20 à Cannes : quels enjeux ?

Actualité 03.11.2011

Le Sommet du G20 à Cannes les 3 et 4 novembre clôture la présidence française du groupe. Parmi les priorités de la France, la mise en place d'une taxation des transactions financières ou la lutte contre les paradis fiscaux, devraient être occultés au profit de la crise de la zone euro. Alors que l'Europe se préparait à participer au G20 en ordre de marche, l'annonce du Premier ministre Papandreou visant à soumettre les décisions du 26 octobre concernant la Grèce à un référendum, déstabilise une fois de plus les positions de l'Union. Retour sur les grands enjeux du G20. 

Qui participe au G20 ?

Le G20 est un groupe de 19 pays, dont les plus riches de la planète (Etats-Unis, Chine, Japon, Allemagne, France, Royaume-Uni…) mais pas uniquement, et de l'Union européenne. Cette dernière est représentée à Cannes par le président de la Commission européenne José Manuel Barroso et le président du Conseil européen Herman Van Rompuy.

La France a également invité les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Espagne, des Emirats arabes unis, d’Ethiopie, de la Guinée équatoriale et de Singapour.

Depuis quand se réunit le G20 ?

Sous sa forme actuelle (rencontre des chefs d'Etat et de gouvernement), le premier sommet du G20 a eu lieu en 2008, mais des réunions au niveau des ministres des Finances et des gouverneurs des banques centrales du G20 ont lieu depuis 1999.

Les précédents sommets ont eu lieu à Washington (2008), Londres (2009), Pittsburgh (2009), Toronto (2010) et Séoul (2010).

Quel bilan du G20 depuis 2008 ?

Depuis que le G20 se réunit au niveau des chefs d'Etats et de gouvernements, suite à la chute de Lehman Brothers en 2008, ses résultats sont contrastés. Des avancées notables sont à noter : obligation pour les fonds spéculatifs de s'enregistrer, inscription des paradis fiscaux sur des listes grises et noires, l'encadrement des bonus des traders, surveillance des agences de notation, régulation des produits dérivés et des banques (Bâle III), multiplication par deux des fonds alloués au FMI.

Mais la plupart de ces mesures sont jugées insuffisantes, voire contournées par de nombreux pays. Ainsi, des pas importants restent à franchir avant que "tous les marchés, produits et acteurs, fassent l'objet d'une régulation et d'une supervision adaptée", comme il avait été déclaré lors de la réunion de Washington.

Les priorités de la présidence française

La France assure la présidence du G20 depuis janvier 2011. Le pays a mis en avant six priorités :

  • la réforme du système monétaire international, au cœur de laquelle figure la question du Yuan, que les Etats-Unis accusent la Chine de sous-évaluer pour soutenir les exportations. Mais cette dernière est en position de force face aux Etats-Unis et à l'Europe, qui pourrait avoir besoin d'elle pour réduire sa dette, dont elle détient déjà une partie.

  • le renforcement de la régulation financière, sur laquelle les ministres des Finances du G20 ont affirmé avoir franchi un pas important lors de leur dernière réunion des 14 et 15 octobre, envisageant leur contrôle selon un code de conduite qui reste à préciser. Par ailleurs, l'idée d'une taxe sur les transactions financières suscite l'opposition de la Chine, de la Russie et des Etats-Unis, mais celle-ci pourrait alors être limitée à l'Europe voire à la zone euro ;

  • la lutte contre la volatilité des prix des matières premières, et notamment la régulation des produits financiers dérivés, souvent spéculatifs, liés aux marchés de matières premières, agricoles et énergétiques ;

  • le soutien de l’emploi et le renforcement la dimension sociale de la mondialisation ;

  • la lutte contre la corruption ;

  • l’action pour le développement.

 

En marge des priorités françaises, d'autres sujets seront abordés de manière plus ou moins officieuse, tels la réduction des déficits publics, le blocage du plan emploi aux Etats-Unis, l'accroissement des droits de vote du Brésil au FMI, le processus de paix israélo-palestinien, la demande d'adhésion de la Palestine à l'ONU, le programme nucléaire iranien ou encore le printemps arabe.

Enfin, les présidents Barroso et Van Rompuy représenteront les intérêts de l'Union européenne au G20. Dans une lettre commune et en accord avec l'ensemble des Etats membres, ils ont détaillé leurs priorités, qui rejoignent celles de la présidence française, en y ajoutant la stimulation des échanges commerciaux contre le protectionnisme, une action face au changement climatique et aux défis énergétiques, et la réforme de la gouvernance mondiale. 

Le cas grec

Comme l'a annoncé le président américain Barack Obama lors de son allocution d'ouverture le matin du 3 novembre, "résoudre la crise en Europe" est une tâche prioritaire du G20.

Les 17 dirigeants de la zone euro étaient parvenus à s'entendre, dans la nuit du 27 octobre, sur un plan commun : recapitalisation des banques, décote de la dette grecque à 50%, élargissement des compétences du Fonds européen de stabilisation financière, aide du FMI et des pays émergents… bien que l'accord soit incomplet, il permettait à l'Europe de s'afficher unie et avec des solutions en main lors du sommet de Cannes.

Lundi 31 octobre, le Premier ministre grec George Papandreou a toutefois brusquement annoncé qu'un référendum aurait lieu, au début de l'année 2012, pour valider l'octroi de l'aide européenne à la Grèce et les mesures d'austérité qui y sont liées. Ni la date ni la question posée lors du référendum n'ont été exactement précisées, et c'est tout l'enjeu des négociations entre l'Allemagne, la France, le FMI et la Grèce. Mercredi 2 novembre au soir, le président français Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel ont poussé la Grèce à avancer la date du référendum et à le faire porter sur le maintien ou non de la Grèce au sein de la zone euro.

Soumis à forte pression, George Papandréou a convoqué une réunion d'urgence de son cabinet à 11h, jeudi 3 novembre. Ce dernier pourrait être contraint à la démission, amenant un nouveau gouvernement grec à mettre en œuvre le plan d'aide, quitte à le renégocier à la marge.

 

En savoir plus

 

Les priorités de l'UE au sommet du G-20 - Commission européenne

Les priorités de la France au sommet du G20 - Site de la présidence française du G20