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Nelly Olin : "La France est l’un des pays les plus en avance en Europe en termes d’énergies renouvelables"

Actualité 13.03.2007

Nelly Olin - © Ministère de l’Ecologie et du Développement durableNelly Olin est ministre de l'Ecologie et du Développement durable. Elle répond aux questions de Touteleurope.fr à la suite du Conseil européen des 8 et 9 mars, qui a vu l'adoption d'objectifs ambitieux en matière de lutte contre le réchauffement climatique.

 


La Commission européenne a proposé le 10 janvier un plan d'action ambitieux sur l'énergie et le climat visant à assurer la transition vers une économie faiblement émettrice en carbone. La France s'est elle d'ores et déjà engagée sur cette voie ?


Le 10 janvier 2007, la Commission européenne a présenté une ambitieuse stratégie énergétique et de réduction des émissions de gaz à effet de serre de l’Union européenne. Ce "paquet énergie" comprend différents objectifs et actions, soumis aux Conseils énergie et environnement des 15 et 20 février puis examinés par le Conseil de Printemps des 8 et 9 mars 2007.

L’objectif le plus important pour assurer une transition vers une économie faiblement émettrice en CO2 était l’adoption d’un objectif unilatéral contraignant de réduction des émissions européennes de gaz à effet de serre de 20 % par rapport à 1990, porté à 30 % dans le cadre d’un accord mondial. Cet objectif structurant, dont nombre d’autres objectifs étaient des déclinaisons, a été soutenu fermement par la France dans toutes les instances où il a été soumis.

La France s’est en effet d’ores et déjà engagée dans cette voie. Dans le cadre du Protocole de Kyoto, l’objectif français était de stabiliser en 2008-2012, ses émissions de gaz à effet de serre au niveau de 1990. En 2005, nos émissions avaient baissé de 1,7 % par rapport à 1990. Nous pouvons en conséquence être confiant sur notre capacité à aller plus loin. Un certain nombre de mesure a déjà été pris. Je citerai notamment l’adoption du Plan National d’Affectation des Quotas pour la seconde période 2008-2012 qui prévoit une distribution de droits à émettre en réduction de 15 % par rapport à la première période 2005-2007.


Quelle est la position de la France concernant les énergies renouvelables?

Je rappellerai tout d’abord que la France est l’un des pays les plus en avance en Europe en termes d’énergies renouvelables. Elles représentent en effet 6,03 % de la consommation d’énergie primaire française en 2005, soit autant qu’en Espagne, mais plus qu’au Royaume Uni à 1,61 %. Nos objectifs nationaux de 21 % d’électricité d’origine renouvelable en 2010 ou de 10 % de biocarburants en 2015 nous permettont de renforcer encore notre position.

Dans ce cadre, la France a soutenu au Conseil de Printemps des 8 et 9 mars 2007 la proposition de la Commission européenne de porter la part des énergies renouvelables à 20 % de la consommation énergétique européenne en 2020, ceci de manière contraignante.


Pour vous, quelle doit être la répartition des rôles entre l'Union européenne et la France dans la mise en oeuvre d'une politique efficace de lutte contre le réchauffement climatique ?  

La particularité de l’origine des réchauffements climatiques est son caractère global : les gaz à effet de serre ont le même effet quel que soit leur lieu d’émission.

Aussi, seules des négociations internationales multilatérales peuvent-elles nous permettre de lutter efficacement contre les changements climatiques. L’Union européenne assume pleinement son rôle en préparant des positions communes ambitieuses dans le cadre des négociations internationales. C’est ce que nous avons fait au dernier Conseil de Printemps : l’objectif unilatéral de réduction des émissions européennes de 20 % envoie un signal fort aux partenaires de l’Union européenne. L’engagement de les réduire de 30 % dans le cadre d’un accord mondial le consolide en esquissant les bases d’une répartition de l’effort.

A partir des objectifs ambitieux que l’Union européenne adopte, il appartient aux Etats Membres de développer des politiques nationales pour les atteindre. Ainsi, au-delà du Plan National d’Affectation des Quotas que j’ai déjà évoqué, la France a adopté une série de mesures dans le cadre du Plan Climat 2004-2012 actualisé en 2006. Je citerai, par exemple, l’augmentation du taux d’incorporation de biocarburants dans les carburants ou le lancement de projets domestiques.

 

Propos recueillis le 13/03/2007