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Le sport dans l'Union européenne

Synthèse 12.01.2018 Jules Lastennet

Dans le domaine du sport, qui relève encore largement de la compétence des Etats membres, l'Union européenne intervient en complément. En la matière, l'un de ses principaux objectifs est de renforcer la dimension sociétale du sport.

Marathon de Fribourg

L'Europe dans le monde

Comme partout dans le monde, les politiques sportives relèvent, en Europe, de la compétence des Etats. Ces derniers sont libres dans la définition de leurs priorités et dans leurs choix budgétaires. S'il n'existe pas de politique sportive uniforme parmi les pays, le continent européen dans son ensemble est connu pour son action souvent ambitieuse dans ce domaine.

De nombreuses compétitions sportives se déroulent chaque année en Europe, concernant un vaste spectre de disciplines. Certains de ces événements sont à cet égard aussi bien suivis à l'échelle nationale qu'internationale. C'est notamment le cas du football, sport pour lequel la plupart des compétitions les plus prestigieuses et réputées ont lieu sur le Vieux Continent, attirant d'ailleurs une grande partie des meilleurs joueurs du monde. Plus généralement, des champions européens existent dans un très grand nombre de sports et rares sont les disciplines où des sportifs, clubs ou nations européennes ne figurent pas parmi les meilleurs à l'international.

La situation en Europe

A l'échelle du continent européen, le secteur du sport représente 3,4% du PIB et environ 15 millions d'emplois.

En matière de pratiques, le continent se caractérise également par sa diversité. Si certains sports sont pratiqués partout ou dans un grand nombre de pays, comme le football, le basket-ball, le tennis ou l'athlétisme, d'autres sont plus spécifiques à certains pays ou régions. C'est le cas du ski qui se pratique logiquement plutôt dans les pays nordiques ou ayant des montagnes, du rugby qui est surtout populaire dans les îles britanniques, en France et en Italie, ou encore des sports gaéliques qui, comme leur nom l'indique, sont très majoritairement présents en Irlande.

Par ailleurs, nombreux sont les Européens, dans l'ensemble des Vingt-Huit, à pratiquer une activité sportive en amateur. D'après le Parlement européen, près de 60% de la population serait concernée, tandis qu'environ 700 000 clubs sportifs existent dans l'UE.

Quels sont les sports préférés des Européens ?

La politique européenne

Dans le domaine du sport, l'Union européenne ne dispose que de compétences d'appui. Cela signifie que les Etats membres conservent très largement la main dans la définition de leurs priorités et dans la mise en œuvre de leurs orientations.

La mise en place progressive d'une politique européenne du sport - Pour agrandir, cliquez sur l'image

La politique européenne du sport provient initialement du Conseil de l'Europe. En 1967 d'abord, l'institution émet une première résolution invitant les Etats membres à se doter d'une réglementation contre le dopage. Puis en 1985, une convention européenne sur la violence et les débordements de spectateurs lors de manifestations sportives est adoptée, à la suite du drame du stade du Heysel à Bruxelles.

Au niveau de l'Union européenne à proprement parler, les premières initiatives en matière de sport remontent à 1991, avec le Forum européen du sport, puis surtout à 1997. Cette année-là, est reconnue "l'importance sociale du sport" et notamment son rôle de "ferment de l'identité et de trait d'union entre les hommes". Depuis, l'UE multiplie les initiatives autour du rôle économique du sport et de son importance pour la santé, l'éducation, l'intégration sociale et la culture. Enfin, depuis 2014 a lieu chaque année la Semaine européenne du sport, qui vise à promouvoir la place de l'activité physique dans la société et le quotidien des Européens.

Le fonctionnement de la politique européenne du sport

Débats et perspectives

Sur le plan sportif, l'un des débats les plus fréquents est certainement celui de la dérégulation des transferts, particulièrement dans le football européen. Consécutif à l'arrêt Bosman de 1995 rendu par la Cour de justice de l'Union européenne instaurant la libre-circulation des sportifs européens au sein de l'Union, le marché des transferts connaît effectivement une montée croissante des fonds engagés. Chaque été, plusieurs milliards d'euros sont ainsi dépensés pour l'acquisition de joueurs par l'ensemble des clubs de football professionnels, laissant croire à la possible explosion d'une "bulle spéculative" au cours des prochaines années.

En outre, le dopage, encore très présent dans de nombreux sports comme le cyclisme ou l'athlétisme, ou encore la corruption et la bonne gouvernance, notamment au sein d'organismes tels que l'UEFA et la FIFA dans le football ou encore le Comité international olympique, apparaissent également comme des enjeux très prégnants. A cet égard, la Russie, pour avoir couvert le dopage de plusieurs de ses athlètes lors des Jeux olympiques d'hiver 2014 qu'elle organisait à Sotchi s'est vue disqualifiée de l'édition 2018, qui se déroule à Pyeongchang (Corée du Sud) du 9 au 25 février. Les sportifs russes ne seront ainsi autorisés à concourir que sous le drapeau neutre olympique. De la même manière, le président de la FIFA, Sepp Blatter, a été suspendu de ses fonctions en 2015 pour des affaires de corruption qui ont également touché Michel Platini, alors président de l'UEFA ainsi que plusieurs autres dirigeants des instances footballistiques mondiales.

Enfin, notons qu'après avoir été organisés à Rio de Janeiro en 2016 puis à Tokyo en 2020, les Jeux olympiques d'été reviendront sur le sol européen en 2024. En effet douze ans après Londres, la ville de Paris recevra cet événement sportif incontournable, et ce pour la troisième fois de son histoire après les éditions de 1900 et 1924. Finaliste contre Los Angeles, Paris a pu bénéficier du soutien politique des institutions européennes pour obtenir l'organisation des Jeux.