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Elizabeth Sidiropoulos : "L'Europe est le plus grand partenaire commercial et financier de l'Afrique"

Actualité 10.06.2010

 

Dans le cadre du dossier de Touteleurope.fr pour la Coupe du Monde 2010, en partenariat avec Sport et citoyenneté, voici l'interview de Elizabeth Sidiropoulos qui est directrice nationale de l’Institut Sud-Africain des Relations Internationales et chef du programme "Projet UE-Afrique", un entretien issu de la revue trimestrielle de l'association.

Sport et Citoyenneté : Quels sont les missions et les objectifs de votre Institut ?





Ce think tank créé en 2007, réfléchit sur le rôle et la place du sport dans les sociétés européennes. Il publie une revue sur ces questions tous les trois mois.

Elizabeth Sidiropoulos : L’Institut Sud-Africain des Relations Internationales (SAIIA) est l’un des think tanks non gouvernemental indépendant les plus anciens d’Afrique du Sud. Créé en 1934, son principal objectif est d’apporter une contribution politique constructive à des questions globales. Le SAIIA fournit des analyses de pointe et favorise le dialogue sur les questions qui sont essentielles à l'avancement de l'Afrique et à son engagement dans un contexte mondial dynamique. Nous mettons l'accent sur l'excellence en recherche dans le travail que nous menons sur la politique étrangère, le commerce, la gouvernance et les puissances émergentes en Afrique.

En dehors de notre travail politique, le SAIIA est également très engagé dans le développement des jeunes. Nous avons la conviction qu’inculquer aux jeunes un intérêt pour les affaires internationales participe à la naissance de futurs dirigeants plus responsables et plus citoyens. Beaucoup de jeunes ayant participé à nos programmes ont continué à étudier les relations internationales à l'université et ont par la suite travaillé dans ce domaine.

Sport et Citoyenneté : Quelles relations entretiennent l’UE et l’Afrique ? Selon vous, le sport peut-il être un moteur pour les relations tant culturelles qu’économiques entre les deux continents ? 


Elizabeth Sidiropoulos : Les liens entre l’Europe et l’Afrique sont très anciens. L'Europe est le plus grand partenaire commercial et financier de l'Afrique et son plus grand contributeur au niveau de l'aide. Bien que dans de nombreux cas la relation soit asymétrique, compte tenu des énormes disparités dans les capacités et les ressources, il y a eu un effort concerté des deux côtés de la Méditerranée pour développer un partenariat équitable, illustré par l'adoption de la Stratégie Commune Afrique-UE en décembre 2007.

Le sport a joué un rôle important dans la construction de la nation sud-africaine depuis la fin de l'apartheid. Aussi, nous, les Sud-Africains, sommes venus à considérer le sport comme bien plus qu'un simple divertissement. Il a aidé à combler les différences culturelles et politiques, notamment nos victoires lors de la Coupe du Monde de Rugby en 1995 et de la Coupe d'Afrique des Nations en 1996. Le sport et la Coupe du Monde en particulier peuvent être des catalyseurs pour surmonter les obstacles et les stéréotypes. Le sport est une grande industrie, surtout en Afrique. Le marché moins saturé de l'Afrique offre de grandes opportunités de collaboration. Les sportifs et sportives servent également de modèles pour la jeunesse. Il existe un problème majeur si l'Afrique veut réaliser son potentiel et surmonter sa marginalisation : comment pouvons-nous coopérer pour créer un environnement sportif qui encourage nos jeunes athlètes à rester en Afrique, plutôt que de rejoindre les industries sportives sur d'autres continents ?

Sport et Citoyenneté : Selon vous, quel sera l’impact de la Coupe du Monde du point de vue des relations internationales ?

Elizabeth Sidiropoulos : Durant un mois, le monde sera concentré sur l'Afrique du Sud. Pour tout pays qui accueille l'un des plus grands événements sportifs au monde, c'est une occasion de montrer ses capacités, sa beauté naturelle et sa culture. La fin de l'apartheid a vu l’Afrique du Sud devenir la coqueluche de la communauté internationale. Plus récemment, le pays a reçu des critiques sévères sur sa trajectoire politique. Un tournoi réussi permettrait à l'Afrique du Sud de réaffirmer sa position en tant qu’'Etat important et capable en Afrique. Il influencera (si tout va bien) la perception qu’en ont les gens et mettra fin aux stéréotypes qui dépeignent l’Afrique comme un continent monolithique et sans espoir. L’Afrique du Sud a insisté sur l'africanité de ce tournoi.

Si le tournoi crée une perception plus nuancée en Europe de ce que les États africains peuvent produire, alors il aura été une étape importante dans l’élimination des stéréotypes et la construction d'un partenariat plus égal. "L'Afrique peut le faire aussi!".

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