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Cédric Klapisch :"Le réel succès de l'Europe, c'est d'inciter les jeunes à aller étudier à l'étranger et découvrir ce qu'est l'Europe"

Actualité 19.02.2008

A l'occasion de la sortie de son nouveau film "Paris", Cédric Klapisch livre à Touteleurope.fr ses impressions sur l'évolution du cinéma en Europe. Le réalisateur revient également sur les financements européens des films et le programme de mobilité étudiant "Erasmus".

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(Durée : 8'10)


Dans son nouveau film "Paris" sorti sur les écrans le 20 février, Cédric Klapisch met en scène la capitale et ses habitants. En 2002, le cinéaste avait réalisé "L'Auberge espagnole" qui racontait les péripéties à Barcelone de jeunes étudiants Erasmus.

Avec "L'auberge espagnole", vous avez contribué à la promotion de la mobilité des étudiants européens...

"Je suis très heureux d'avoir contribué à la promotion du programme Erasmus", reconnaît Cédric Klapisch. "C'est une des choses dont je suis le plus fier dans ma vie parce que le programme Erasmus change vraiment la vie des gens", affirme le réalisateur. "Quand j'ai réalisé 'L'Auberge espagnole', je pensais que personne ne verrait ce film, donc je suis très content aujourd'hui du succès du film mais si en plus il a changé des destins, c'est formidable". 

"Il n'y a pas assez de publicité sur le programme Erasmus", regrette le réalisateur. "Les gouvernements européens devraient comprendre que le réel succès de l'Europe c'est d'inciter des étudiants à découvrir ailleurs ce que c'est l'Europe".


Peut-on parler au public européen sans tomber dans les clichés nationaux ?

Selon Cédric Klapisch, "l'idée de faire un film pour tout public c'est une idée un peu impossible". "Nous, les réalisateurs, sommes obligés d'être sincère avec les envies que l'on a, ensuite si nous avons de la chance, nous touchons un public, quel qu'il soit". "Mais l'idée de faire un film commerciale pour les 7 à 77 ans qui touche aussi bien les Danois que les Italiens, je n'y crois pas beaucoup".

"Le cinéma reste un artisanat où chacun réalise sa petite cuisine et un jour si les spaghettis bolognaises plaisent au reste du monde, tant mieux... !".

Peut-on parler d'un renouveau du cinéma européen ?


"Il est temps qu'il y ait un renouveau du cinéma européen", affirme Cédric Klapisch. La France est "l'un des rares pays où le cinéma ne s'est pas effondré grâce à des réelles politiques culturelles", estime le réalisateur.

La France dispose d'un système unique de fonds pour soutenir la production cinématographique. "Lorsqu'un film marche, l'argent est reversé à tout le cinéma" explique-t-il. En Italie, en Allemagne, le cinéma s'est nettement effondré. "Le fait que le cinéma existe n'est pas qu'une histoire de talents" mais c'est avant tout lié à "des histoires de structures économiques et politiques qui aident à la création".

Avez-vous bénéficié de subventions européennes pour réaliser vos films ?

Le programme Média n'est "pas adapté aux nécessités cinématographiques". "Ce programme est bien trop lourd, des commissions doivent se réunir pour décider, ce qui prend trop de temps", explique Cédric Klapisch. "L'Auberge espagnole par exemple n'a pas pu recevoir de subvention car tout s'est fait trop vite, nous n'avions pas le temps d'envoyer un dossier, d'attendre plusieurs mois", indique-t-il.

Pour le réalisateur, il faudrait inventer un système qui fournirait une aide utile aux cinéastes européens. "Les parlementaires sont très loin de la réalité de la création artistique", regrette-t-il. "Il ne faut pas penser la culture qu'en termes commerciaux", souligne Cédric Klapisch.

Quels sont vos réalisateurs européens préférés ?

Parmi ses réalisateurs préférés, Cédric Klapisch cite Fellini et tout le cinéma italien des années 60, les réalisateurs européens de Mikhalkov à Almodovar en passant par Ken Loach et par le nouveau cinéma allemand. Pour le cinéaste, "il y a quelque chose qui bouge aujourd'hui en Europe".

 

Entretien réalisé le 19 février 2008