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[Revue de presse] Vaccin contre le Covid-19 : la Commission européenne obtient des livraisons supplémentaires de la part d'AstraZeneca

L’autorisation de mise sur le marché du vaccin d’AstraZeneca vendredi 29 janvier par la Commission européenne est survenue alors que le laboratoire indiquait une baisse drastique des ses premières livraisons aux Vingt-Sept. Annonce sur laquelle il est finalement revenu en partie, en décidant dimanche 31 janvier de livrer 9 millions de doses supplémentaires aux Etats membres.

Le laboratoire suédo-britannique AstraZeneca a annoncé dimanche la livraison au premier semestre de neuf millions de doses supplémentaires de son vaccin contre le Covid-19
Le laboratoire suédo-britannique AstraZeneca a annoncé dimanche la livraison au premier semestre de neuf millions de doses supplémentaires de son vaccin contre le Covid-19 - Crédits : Fotonen / iStock

C’est peut-être la conclusion d’un véritable bras de fer” , indiquent Les Echos. Après la passe d’armes observée entre AstraZeneca, qui avait prévenu qu’il aurait du retard dans ses premières livraisons de doses de son vaccin, et la Commission européenne, qui avait rappelé le laboratoire à ses obligations contractuelles, la situation est en effet en voie d’apaisement depuis le dimanche 31 janvier. Ce soir-là, “Ursula von der Leyen a annoncé qu’AstraZeneca allait livrer à l’UE neuf millions de doses de plus que prévu de son vaccin contre le Covid au premier trimestre” , poursuit le journal économique. Un effort notable, mais insuffisant pour que le laboratoire honore ses engagements initiaux. Si cette augmentation porte le total des livraisons à 40 millions de doses, “un chiffre en hausse de 30 %” , il demeure encore loin du compte original [Ouest-France]. “Le nombre de doses prévues pour le premier trimestre 2021 était de 80 millions : on arrive à 40 millions de doses, c’est un pas supplémentaire. Il va falloir continuer les efforts” , estime l’eurodéputée Véronique Trillet-Lenoir (Groupe Renew), interrogée par France info.

Le laboratoire “commencera les livraisons une semaine plus tôt que prévu” et “étendra également sa capacité de fabrication en Europe” , a fait savoir Ursula von der Leyen sur son compte Twitter. “Les livraisons commenceront, ‘a priori, la deuxième semaine de février’, a précisé une source européenne” [Le Point].

Rassurer malgré l’agacement de certains Etats membres

Pour parvenir à un tel accord, la présidente de la Commission européenne avait plus tôt dans la journée de dimanche “organisé une vidéoconférence avec les PDG des entreprises fabriquant des vaccins et mis en garde contre la menace des variants du coronavirus” , indique La Tribune. Ursula von der Leyen avait ensuite affirmé dans une interview à la chaîne de télévision allemande ZDF qu’elle maintenait l’objectif de vaccination à l’échelle du continent : “Nous voulons que 70 % des adultes de l’UE soient vaccinés d’ici à la fin de l’été” .

La cheffe de l’exécutif européen tente de rassurer alors que “l’Allemagne, et Angela Merkel, la chancelière, s’exaspèrent du manque de doses et des risques de pénurie” [France 2]. “La menace de poursuites judiciaires [à l’encontre d’AstraZeneca] a été très clairement formulée par le ministre de l’Économie allemand. Il y en aura si les délais de livraison ne sont pas respectés”, complète le correspondant de la chaîne publique à Berlin Laurent Desbonnets.

De son côté, le secrétaire d’Etat aux Affaires européennes Clément Beaune a tenu à rappeler les bienfaits de la stratégie européenne, même si celle-ci se trouve mise à mal par les retards de livraisons successivement annoncés par l’ensemble des laboratoires pharmaceutiques. “Je défends ce cadre européen d’achat commun [de vaccins]. Sans lui, aujourd’hui chaque gouvernement serait en train d’appeler les laboratoires pour avoir des livraisons sur le dos du voisin” , a-t-il déclaré au micro de France Inter. “Si l’on était en compétition avec le voisin, qu’est-ce qu’on dirait si les Allemands avaient plus de vaccins que nous ? Ce serait une faute politique et sanitaire” , a martelé le secrétaire d’Etat français.

Tout proche de la première crise post-Brexit

Certains à travers l’Europe n’ont toutefois pas eu la bienveillance de Clément Beaune à l’égard de l’exécutif européen. “L’Union européenne a de nouveau montré qu’elle était prête à utiliser l’Irlande du Nord quand cela sert ses intérêts, et de la manière la plus méprisable qui soit : en utilisant l’approvisionnement d’un vaccin destiné à sauver des vies” , s’est insurgé la cheffe du gouvernement nord-irlandais Arlene Foster [Ouest-France]. Vendredi, la Commission avait en effet “envisagé - avant d’y renoncer - de contrôler les chargements de vaccins passant de la République d’Irlande à l’Irlande du Nord” de crainte que la province ne devienne “une porte dérobée permettant au Royaume-Uni de se procurer ses vaccins” [Le Temps]. Une manœuvre rendue possible par l’exception au Brexit accordée à l’Irlande du Nord, dont la frontière physique avec la République d’Irlande n’a pas été rétablie.

Pour ce faire, l’Union européenne a pensé s’appuyer sur l’article 16 du protocole nord-irlandais associé à l’accord de retrait du Royaume-Uni de l’Union européenne, conclu en octobre 2019. Ces deux textes permettent de “prendre unilatéralement des mesures de sauvegarde appropriées en cas de graves difficultés économiques, sociétales ou environnementales” . Lors de la signature de l’accord entre Londres et Bruxelles, “il avait été clairement rappelé que l’article 16 n’était qu’un garde-fou à n’utiliser qu’en dernier recours” , précise Libération. “Cette crise ‘brexitologique’ dans la crise sanitaire peut paraître accessoire. En réalité, elle met en doute la crédibilité de l’Union et rappelle que rien ni personne n’est à l’abri des dégâts collatéraux engendrés par la pandémie” , analyse Le Temps.

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