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[Revue de presse] Covid-19 : de la Moselle à l'Allemagne, le retour des contrôles frontaliers provoque des remous

Ce week-end, l'Allemagne a classé la Moselle comme zone à "haut risque" en raison d'une forte circulation du variant sud-africain du coronavirus. Une décision qui impacte les déplacements des travailleurs frontaliers de la région.

Le classement de la Moselle en zone à haut risque entraîne un retour des contrôles à la frontière avec l'Allemagne et des critiques de la part des élus locaux du département français
Le classement de la Moselle en zone à haut risque entraîne un retour des contrôles à la frontière avec l’Allemagne et des critiques de la part des élus locaux du département français - Crédits : Stadtratte / iStock

Face à la situation épidémiologique observée chez ses voisins, Berlin a pris des mesures drastiques. Alors qu’en France, le département frontalier de la Moselle “présente 60 % de contaminations dues au variant dit sud-africain, plus contagieux et potentiellement plus résistant aux vaccins” [Le Monde], l’Allemagne a en effet annoncé qu’elle “filtrera à l’extrême tout passage en provenance de [ce département], imposant notamment un test Covid négatif et des raisons absolument impératives pour se déplacer” , annonce Le Parisien. Une décision effective “à partir de ce lundi [1er mars] à minuit” , poursuit le quotidien.

Concessions

A l’issue d’un week-end de négociations avec les autorités allemandes, la France a néanmoins obtenu plusieurs concessions : “un test de moins de 48 h au lieu des 24 h envisagées initialement et la possibilité de passer des tests antigéniques” , explique Nicole Trisse, députée de Sarreguemines [Le Républicain Lorrain]. Et surtout, des contrôles policiers “aléatoires et à l’intérieur du territoire allemand dans la zone frontalière”, évitant une “fermeture des frontières” [Le Monde].

La mesure représente toutefois un défi logistique pour ceux qui se rendent régulièrement en Allemagne depuis la Moselle, notamment les travailleurs transfrontaliers. Dimanche 28 février, la préfecture de Moselle a annoncé que “les entreprises publiques et privées de transports collectifs ne pourront plus franchir la frontière” : les bus et les trams entre le département français et son voisin allemand, la Sarre, seront “interrompus” , rapporte Le Figaro.

Pour l’entrée en France en revanche, les règles restent inchangées. “Les personnes qui résident à moins de 30 km de la frontière et entrent en France pour moins de 24 heures […] devront toujours présenter un document justifiant leur passage mais sont dispensés de l’obligation de test PCR de moins de 72 heures” , rappelle la préfecture [Le Figaro].

Situation “ingérable”

La situation provoque la colère de nombreux élus locaux. “Si on compte 16 000 Mosellans qui vont travailler en Sarre ou en Rhénanie Palatinat chaque jour, cela implique environ 80 000 tests PCR par semaine. ‘Ce serait ingérable’ ” , s’insurge le député LREM de Moselle-Est Christophe Arend [France Bleu Moselle]. “Les frontaliers mènent déjà une vie de fou pour pouvoir rentrer chez eux avant le couvre-feu à 18 heures, dans les embouteillages, alors vous imaginez si en plus on leur demande de faire un test Covid chaque jour !” , ajoute sur France Info le maire (LR) de Metz, François Grosdidier [Le Parisien].

Au-delà de la France, la Commission européenne déplore la “remise en cause” de “la libre circulation à l’intérieur de l’UE” et plaide pour une “approche commune entre pays” , relate Le Figaro. Un souhait partagé par l’Autriche, dont les frontières avec l’Allemagne sont quant à elles totalement fermées. “Il y a en Allemagne, en fonction des directions géographiques, des différences de rigueur en matière de règles à la frontière” , a ainsi dénoncé le chancelier autrichien Sebastian Kurz dans les colonnes du quotidien allemand Merkur [France Info].

Bien que la France soit parvenue à “bénéficier d’une forme de traitement de faveur” [Le Monde], le secrétaire d’Etat aux Affaires européennes Clément Beaune appelle sur France Inter à “donner l’exemple et revenir à un dispositif plus allégé”​ en mettant en avant un “esprit franco-allemand coopératif” [Ouest-France].

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