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Union bancaire : le Parlement européen revendique sa place

Revue de presse 17.01.2014

Suite aux débats de jeudi au Parlement européen, les chefs de groupe se sont opposés à l'accord du Conseil du 19 décembre dernier sur le fonctionnement du futur mécanisme de résolution des crises bancaires. "La conférence des présidents et l'équipe de négociation (avec le Conseil) rejettent fermement l'approche intergouvernementale de l'accord sur le Mécanisme de résolution unique (MRU), dans la mesure où il s'affranchit de la méthode communautaire et de la procédure législative ordinaire", indiquent-ils dans un communiqué. Ce mécanisme constitue l'un des deux volets de l'Union bancaire. Les avis divergent quant à la mise en place d'un tel projet.

Conférence des présidents à Strasbourg jeudi 16 janvier

La menace d'un blocage pèse en effet sur le deuxième volet de l'union bancaire à venir, le premier volet – le mécanisme de supervision unique par la BCE – faisant déjà l'objet d'un accord. Cette épine dans le projet remet en lumière l'opposition existante entre les intergouvernementalistes et les fédéralistes au niveau européen [La Tribune]. Cet enlisement risque de se prolonger au moins jusqu'aux élections européennes. Le secrétaire de l'ONG Finance Watch, Thierry Philipponnat, revient justement sur la pression des intérêts nationaux qui intervient au sein des négociations [Le Monde] et qui décrédibilise le projet.

Marie-Anne Barbat-Layani, directrice générale de la Fédération bancaire française, indique pourtant dans une tribune du Monde toute la portée qu'aurait la finalisation de cet accord, "une vraie promesse d'avenir pour les Européens", pour la construction européenne. Soulignant sa double identité politico-technique, elle salue la garantie de stabilité et la protection des contribuables que l'union  bancaire apporterait. "Plus qu'un simple instrument technique de gestion des crises financières, elle est la preuve que des consensus européens et des réformes sont possibles", conclut-elle.

Or, au-delà de ces espoirs pour l'Union européenne, de fortes oppositions existent, faisant de l'union bancaire un "compromis impraticable", selon Nicolas Véron, économiste pour le think-tank bruxellois Bruegel et le Peterson Institute [Le Monde]. Celui-ci souligne également le déficit démocratique qui mine le projet. Il faut toutefois rester optimiste et considérer l'accord du 18 décembre comme une "étape", explique-t-il.

Des avancées sont en effet envisageables, malgré l'importante dimension politique qui trame l'accord. "Aux dirigeants politiques d'assumer le caractère fédéral du compromis !", s'exclame Laurence Scialom dans une autre tribune sur le sujet [Le Monde]. Pour cette professeur d'économie à l'université Paris-Ouest, "(…) l'union bancaire ne portera ses fruits que si la volonté politique ne faiblit pas et si le saut vers une forme de fédéralisme est pleinement assumé politiquement".

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