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[Revue de presse] Industrie : Paris et Berlin s'unissent pour créer des "champions" européens

Revue de presse 20.02.2019

Après l'échec de la fusion Alstom-Siemens, refusée par la Commission européenne, le couple franco-allemand veut rebondir. Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire et son homologue allemand Peter Altmaier ont annoncé, mardi 19 février, leur volonté de modifier les règles européennes de la concurrence et de lancer une nouvelle politique industrielle commune. Premier acte : la création d'un "Airbus des batteries".

Peter Altmaier, ministre allemand de l'Economie, et son homologue français Bruno Le Maire - Crédits : compte Twitter @BrunoLeMaire

Peter Altmaier, ministre allemand de l'Economie, et son homologue français Bruno Le Maire - Crédits : compte Twitter @BrunoLeMaire

Un changement de stratégie

"L'Allemagne et la France à l'offensive pour sauver l'industrie européenne", titrent Les Echos, en faisant référence au manifeste signé par la France et l'Allemagne et présenté mardi 19 février à Berlin.

"Près d'un demi-siècle après la création du géant européen de l'aéronautique Airbus, la France et l'Allemagne ont officialisé mardi le lancement d'une nouvelle politique industrielle volontariste censée aider les entreprises européennes à résister à la concurrence internationale", annonce La Tribune (avec Reuters).

Paris et Berlin "réclament un changement de paradigme et de stratégie" [Le Figaro]. "Si l'Europe veut rester une puissance industrielle en 2030, le choix est simple : unir nos forces ou laisser notre base et notre capacité industrielles disparaître progressivement", écrivent Bruno Le Maire et Peter Altmaier dans leur manifeste, cité par le journal. Le texte franco-allemand déplore, par exemple, qu'"aujourd'hui, parmi les 40 plus grandes entreprises au monde, cinq seulement [soient] européennes" [Euractiv].

"Pour le dire plus clairement, il est question d'agir et non plus de subir la concurrence de la Chine et des États-Unis", analyse Le Figaro. Comme le précise Libération (avec l'AFP), "l'initiative s’appuie sur trois piliers". A savoir "investir dans l'innovation", "revoir les cadres réglementaires européens" et mieux "protéger leurs technologies" [Le Figaro].

C'est le rejet de la fusion Alstom-Siemens par la Commission européenne, le 6 février, qui "a achevé de convaincre le couple franco-allemand de rassembler ses forces pour sauver ce qui peut encore l'être de l'industrie européenne face aux géants chinois et américains", estiment Les Echos. "La France et l'Allemagne jugent de fait que les règles européennes de la concurrence sont dépassées", poursuit le journal.

"Champions" européens : la fusion avortée d'Alstom et Siemens relance le débat sur la concurrence

Les propos de Bruno Le Maire à Berlin quant aux règles européennes de la concurrence, cités par Les Echos, sont par ailleurs on ne peut plus explicites : "Parfois, il n'y a pas plus stupides. Pensées pour le XXe siècle, elles sont totalement dépassées pour le XXIe siècle. Le refus de la fusion Siemens-Alstom est une erreur politique et économique", s'est-il indigné.

Le manifeste propose notamment que dans certains cas "bien définis", le Conseil puisse opposer son veto à des décisions de la Commission européenne quant aux fusions et aux acquisitions [EurActiv].

La concurrence dans l'Union européenne

La chancelière allemande Angela Merkel propose en outre que la modification de la politique européenne industrielle soit au programme du sommet européen des 21 et 22 mars, rapporte RFI.

Un "Airbus" des batteries

La première application du manifeste franco-allemand "portera sur la mise en place d'un consortium de production de cellules de batteries électriques". Une "technologie innovante clef", notamment dans l'automobile, observent Les Echos. Il serait en effet "dangereux de dépendre de fournisseurs étrangers, en particulier asiatiques, si l'on veut garder une industrie automobile forte", a précisé Bruno Le Maire.

Deux usines de construction de batteries seront ainsi construites, l'une en Allemagne, l'autre en France. Aucun nom d'entreprise participante n'a cependant été confirmé pour le moment, mais 1 milliard d'euros a été mis à disposition par l'Allemagne et 700 millions par la France, a indiqué Peter Altmaier [Libération avec l'AFP].

A en croire Europe 1, il s'agit pour l'Allemagne d'une "révolution culturelle". La chaîne de radio rappelle en effet que "d’ordinaire, le gouvernement allemand ne se mêle pas de politique industrielle et laisse les entreprises à la manœuvre".

"L'initiative franco-allemande sera ouverte à tous les pays européens qui souhaiteraient y participer", a pour sa part fait savoir Bruno Le Maire [La Tribune avec Reuters]. La Pologne, l'Espagne et l'Italie "ont marqué leur intérêt", a-t-il ajouté.

La France et l'Allemagne espèrent obtenir l'accord de la Commission européenne pour leur consortium avant le 1er avril [EurActiv]. Selon Ouest-France, Bruxelles est favorable au projet, car dans ce secteur clé des batteries électriques, "l'ampleur et la rapidité des investissements demandés sont tels qu'aucun industriel ne peut les prendre en charge", a expliqué Maros Sefcovic, commissaire européen à l'Energie. Celui-ci milite d'ailleurs depuis 2017 pour un "Airbus des batteries".

[Vidéo] Un "Airbus des batteries" pour l'Europe ?

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