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[Revue de presse] Economie : la situation s'améliore légèrement en Europe

Revue de presse 28.02.2019

En Europe, l'économie va mieux d'après la Commission européenne, qui a publié mercredi 27 février ses analyses annuelles de la situation économique des Etats membres. Même si tous les voyants sont loin d'être au vert. L'institution pointe des déséquilibres préoccupants dans de nombreux Etats membres. La France n'échappe pas à ce constat, en raison notamment de sa dette publique et de sa trop faible compétitivité.

La Commission européenne à Bruxelles - Crédits : jessicahyde / iStock

La Commission européenne à Bruxelles - Crédits : jessicahyde / iStock

Embellie modérée de l'économie européenne

Dans le cadre du Semestre européen, la Commission européenne s'est livrée mercredi 27 février à son exercice annuel d'évaluation des économies de l'UE. Cet outil, introduit en 2011 durant la crise des dettes souveraines, vise à coordonner les politiques économiques des Etats membres.

La coordination économique des Etats européens

"Selon cette radiographie, l’économie de l’UE devrait croître pour la septième année de suite en 2019, avec une hausse du produit intérieur brut (PIB) de 1,5 %, et de 1,7 % attendus en 2020", rapporte Le Monde. "Et les déséquilibres économiques se corrigent, malgré l’incertitude persistante du Brexit, le ralentissement de l’économie chinoise et les risques que le nouveau protectionnisme américain fait peser sur le commerce mondial", poursuit le journal.

Reprenant les chiffres de la Commission, Le Monde cite notamment la baisse du taux de chômage, qui s'établit à 6,6 % dans l'UE (son plus bas niveau depuis vingt ans), la baisse continue de la dette publique à l'échelle européenne depuis 2015 et un déficit public moyen de moins d'1 % du PIB.

Mais le quotidien fait savoir que dix Etats membres sont classés dans la catégorie des pays à "déséquilibres macroéconomiques", y compris l'Allemagne, pour ses excédents budgétaires et commerciaux massifs. Dans cette catégorie, se trouvent également "la Bulgarie, l’Espagne, la France, la Croatie, l’Irlande, les Pays-Bas, le Portugal, la Roumanie et la Suède". La situation est bien plus préoccupante à Chypre, en Grèce et en Italie, qui sont classés parmi les pays souffrant de "déséquilibres excessifs".

L'Italie, dont la dette publique atteint 131 % de son PIB, "est entrée en récession fin 2018" [La Tribune avec l'AFP et Reuters]. Si le gouvernement italien table sur 1 % de croissance en 2019, la "prévision [est] jugée beaucoup trop optimiste par les experts et les institutions internationales", explique le journal. "Or, si la croissance est moindre, le déficit risque de se creuser davantage et de créer un nouveau bras de fer avec la Commission européenne, après celui survenu fin 2018, qui s'était achevé par un compromis". Pour la Commission, qui "restera vigilante" sur la situation économique du pays, selon le commissaire européen aux Finances Valdis Dombrovskis, la croissance italienne ne devrait pas dépasser 0,2 % cette année.

Enfin, si la Commission européenne a salué le chemin parcouru par la Grèce depuis la crise, elle lui "a également mis la pression […] pour qu'elle réalise avant la prochaine réunion de l'Eurogroupe, le 11 mars, toutes les réformes auxquelles elle s'était engagée auprès de ses créanciers", résument Les Echos. Pierre Moscovici, commissaire européen à l'Economie, a insisté "sur la nécessité d'achever en particulier la réforme de l'insolvabilité des ménages et la privatisation du service public d'électricité".

En France, une dette et une compétitivité problématiques

Concernant la France, le bilan de la Commission est contrasté.

L'économie française, loin d'être triomphante, présente une croissance en baisse. Après avoir crû de 2,3 % en 2017, "l'activité n'a en effet progressé que de 1,5 % en 2018", rapporte Le Figaro. "Selon les prévisions de la Commission, le ralentissement devrait se poursuivre cette année, avec une croissance attendue à 1,3 % en 2019."

Deux principaux problèmes pèsent sur l'économie française, selon la Commission : la dette publique et une trop faible compétitivité.

La dette publique française représente 98 % du PIB, rappelle ainsi La Croix. D'après les auteurs du rapport sur la France, l'une des raisons de cet état de fait est la part des dépenses publiques dans le PIB qui atteint en France 56 %, niveau le plus élevé des Etats membres de l'UE. La Commission estime que celle-ci pourrait être réduite, sans porter atteinte au modèle de protection sociale français, qu'elle juge efficace du point de vue de la réduction des inégalités, rapporte le quotidien.

Si le système social français permet de réduire efficacement les inégalités, Bruxelles déplore cependant "la stagnation de la mobilité sociale française depuis plusieurs années", relate L'Opinion. Le quotidien mentionne par ailleurs une récente étude de l'OCDE, qui constate que parmi les pays membres de l'organisation, "seule la Hongrie montre plus de déterminisme social que la France".

Pour développer la compétitivité française, l'exécutif européen recommande notamment d'"améliorer la formation des travailleurs" afin de réduire le chômage et augmenter leur efficacité, mais également de "favoriser l'innovation pour que l'industrie soit mieux armée face à la concurrence", résume BFM TV.

Néanmoins, "la Commission soutient toujours les grandes réformes du gouvernement Macron - fiscalité, travail, formation… - et estime qu'à moyen terme elles permettront d'améliorer le potentiel de croissance du pays" [Le Figaro].

Dans le cadre de la procédure du Semestre européen, l'institution publiera ensuite "ses prochaines recommandations budgétaires [pour les Etats membres de l'UE]" [Euronews]. Mais seulement "fin mai, après les élections européennes", et ce afin de "ne pas interférer avec la campagne électorale".

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