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[Revue de presse] Budgets nationaux : la France et sept autres pays dans le viseur de la Commission européenne

Revue de presse 21.11.2019

La Commission européenne a distribué les bonnes et les mauvaises notes, lors de la présentation du paquet budgétaire d'automne pour la zone euro mercredi 20 novembre. Huit pays, dont la France, sont dans le collimateur pour déficit public excessif et endettement inquiétant. Toutefois, aucun pays n'est dans le rouge vif et aucune procédure n'est lancée à ce stade. Une première, dans un contexte où les règles budgétaires européennes sont débattues.

Le commissaire à l'Economie Pierre Moscovici, qui devrait céder sa place à l'Italien Paolo Gentiloni le 1er décembre - Crédits : Mathieu Cugnot / Flickr European Parliament CC BY-NC-ND 2.0

Le commissaire à l'Economie Pierre Moscovici, qui devrait céder sa place à l'Italien Paolo Gentiloni le 1er décembre - Crédits : Mathieu Cugnot / Flickr European Parliament CC BY-NC-ND 2.0

"La Commission européenne a envoyé, mercredi 20 novembre, une lettre à la France pour lui signaler un risque de non-conformité du budget, pour 2020", rapporte Le Monde. Derrière cette tournure diplomatique se cache un avertissement adressé par Bruxelles à huit pays de la zone euro, dont la France. La Commission a estimé que ces pays "ne font pas les efforts nécessaires pour réduire à un rythme suffisant leurs dépenses publiques" [Libération].

"Quatre pays sont en particulier épinglés pour l’augmentation de leur déficit et de leur dette : la France, l’Italie, l’Espagne et le Portugal" en 2019, relève RFI. Selon le vice-président de la Commission Valdis Dombrovskis, ces pays sont critiqués pour n'avoir "pas utilisé suffisamment les bonnes conditions économiques pour réduire leurs dettes et ne comptent pas le faire en 2020, ce qui les place en position de risque en cas de choc financier" [Le Figaro].

Un déficit public "toléré"

Concernant la France, le manque de résultat pour réduire son déficit structurel, "c’est-à-dire le solde de ses finances publiques en dehors de tout impact de la conjoncture" [Le Monde], est en cause. A "2,7 % du produit intérieur brut (PIB) en 2018 comme en 2019" et prévu à "2,6 % en 2020", le déficit structurel français reste largement en dehors des clous : il devrait idéalement se limiter à 0,5 % du PIB selon le Pacte budgétaire européen.

La coordination économique des Etats européens

Toutefois, la Commission européenne reste indulgente à l'égard de Paris. Celle-ci "note que la prévision de déficit [structurel et conjoncturel] (3,1 %) [de 2019] est proche du seuil toléré, temporaire et due à l’impact d’une seule mesure (la transformation du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi en baisse permanente de la con­tribution sociale des employeurs)", explique Le Figaro. De plus, ce chiffre devrait baisser à l'avenir. "Edouard Philippe a affirmé que 'dans les conditions actuelles', Paris respectera les 2,2 % de déficit public en 2020", indique Le Monde. De son côté, le ministère français de l'Economie explique assumer "d'avoir un rythme d'ajustement budgétaire différent pour tenir compte du ralentissement économique mondial et de la crise sociale", ajoutent Les Echos.

Outre le déficit public, "c'est maintenant avant tout l'endettement du pays qui est dans le viseur" [Les Echos]. En effet, "selon les dernières prévisions, celui-ci devrait très peu refluer et est attendu à 97,7 % en 2022 contre 98,4 % en 2017", alors que "le gouvernement avait promis une baisse de 5 points de PIB en cinq ans de cet indicateur", souligne le quotidien économique.

Sept autres pays épinglés

En plus de la France, la Belgique, l’Espagne, la Finlande, l’Italie, le Portugal, la Slovénie et la Slovaquie sont visés par la Commission. "A ce stade, il ne s’agit pas de les sanctionner, mais seulement de les avertir que leur projet de budget 2020 présente des risques élevés de violer les règles du Pacte de stabilité", précise Libération. De plus, Lisbonne, Ljubljana, Bratislava et Helsinki sont "sur la bonne voie", rapporte Le Figaro. Bruxelles cherche surtout à prévenir les potentielles difficultés de l'économie européenne, "entre le Brexit, la faiblesse du secteur industriel, les conflits commerciaux et les tensions géopolitiques" [RFI].

Mais "la bonne nouvelle, c’est qu’aucun pays de la zone euro n’est dans le rouge vif : pour la première année depuis 2002, aucun État membre n’est sous le coup d’une procédure de déficit excessif", nous apprend le journal belge L'Echo. Enfin, "neuf pays, dont l’Allemagne, les Pays-Bas, mais aussi la Grèce, ont déposé un projet de budget 2020 totalement conforme aux règles européennes", souligne RFI.

Des règles de plus en plus contestées

"Reste que le vrai problème de la zone euro est ailleurs", avance Jean Quatremer pour Libération. Pour le journaliste, "certains pays, dont l’Allemagne et les Pays-Bas, dégagent un excédent commercial extrêmement élevé grâce à la sous-évaluation de la monnaie unique, qui ne bénéficie pas au reste de la zone euro". Ces deux pays sont justement "appelés par la Commission à en 'faire beaucoup plus' pour utiliser leurs 'excédents absolument gigantesques' dans la relance d’une économie européenne en ralentissement", fait savoir Le Figaro.

Le débat se porte également sur "la fameuse norme de 3 %, conspuée par le président de la République dans une interview à The Economist il y a quinze jours" [Le Figaro]. "Ces dernières années, Pierre Moscovici [commissaire européen à l'Economie] et Jean-Claude Juncker ont appliqué les règles avec souplesse", note Le Monde. "Cette Commission aura été celle de la flexibilité", a déclaré à ce propos l'actuel commissaire à l'Economie [L'Echo].

Dette, déficit, règle des 3 %… Bruxelles est-elle inflexible ?

Enfin, "le successeur de Pierre Moscovici dans l’équipe d’Ursula von der Leyen n’est autre que l’ancien premier ministre italien Paolo Gentiloni, partisan d’une réforme des critères de Maastricht sur l’euro", précise par ailleurs Le Figaro. "Cela dit, [ce dernier] aura pour supérieur hiérarchique le vice-président exécutif letton Valdis Dombrovskis, plus attaché que lui à des finances publiques tenues", relève Le Monde.

 

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