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[Revue de presse] Brexit : deux jours pour éviter un no deal

Revue de presse 09.04.2019

Les lords britanniques ont validé, lundi 8 avril, un texte visant à contraindre Theresa May d'éviter un no deal vendredi 12 avril. En vue de convaincre ses homologues européens d'un report du Brexit, dont les modalités doivent encore être précisées, la Première ministre s'entretient aujourd'hui avec Angela Merkel et Emmanuel Macron. Dans ce contexte, la tenue des élections européennes au Royaume-Uni gagne en probabilité : si nécessaires, elles auraient lieu le jeudi 23 mai.

Crédits : alaroarts / iStock

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Actuellement en négociation avec l'opposition travailliste et faute de disposer d'un accord de divorce soutenu par les députés britanniques, "Theresa May a demandé, vendredi 5 avril, aux dirigeants de l'UE un second report, jusqu'au 30 juin avec la possibilité pour le Royaume-Uni de sortir plus tôt si un compromis est trouvé", rappelle Le Figaro. L'objectif est d'éviter une sortie brutale de l'UE, que les parlementaires britanniques rejettent aussi.

Les lords coincent Theresa May

Mais "Theresa May est coincée", prévient Le Point. "La Chambre des lords britanniques a adopté lundi un texte pour contraindre le gouvernement à trouver un accord avec l'Union européenne et éviter toute sortie précipitée [le 12 avril]", rapporte LCI. Dit autrement, la loi, initiée par la chambre basse et donc validée par les lords, vise à obliger "la cheffe du gouvernement à repousser le Brexit si les parlementaires n'arrivaient pas à surmonter leurs divergences et à se mettre d'accord sur ses modalités", précise Le Point.

"Désormais, [les parlementaires] pourront émettre des propositions concernant la durée du report demandé", renchérit LCI. Une situation pour le moins singulière outre-Manche, car "la loi renverse en effet l'ordre normal dans lequel le Parlement débat et adopte la législation proposée par le gouvernement", analyse Le Point

Ainsi, la dirigeante britannique se voit contrainte de soumettre ce jour (mardi 9 avril) une motion au Parlement, "précisant la durée du délai qu'elle demandera lors du sommet européen de mercredi", fait savoir L'Express. Un délai que Theresa May s'emploie d'ores et déjà à défendre auprès des Européens.

"Marathon européen"

"La première ministre britannique Theresa May s’est engagée lundi [8 avril] dans une intense activité diplomatique", résume à cet égard La Croix. S'étant déjà entretenue lundi 8 avril au téléphone, "notamment avec le Premier ministre des Pays-Bas Mark Rutte, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker et du Conseil européen Donald Tusk" [Le Parisien], la cheffe du gouvernement britannique se rend à Berlin et Paris mardi 9 avril [La Croix].

Comme le rappelle Politico, Mme Merkel insiste sur sa détermination à "essayer jusqu'à la dernière minute" de trouver une alternative au no deal. En revanche, Emmanuel Macron, que Mme May rencontrera à partir de 18h à l'Elysée, a pour l'heure plutôt joué la carte de la fermeté.

Bien que la décision d'un report sera prise à l'unanimité par les 27, "les positions allemande et française seront déterminantes", décrypte Le Monde. Mais "alors que M. Macron refuse la perspective d'une prise en otage de l'UE", au point de sembler "s’accommoder d’une sortie sans accord des Britanniques vendredi [12 avril]", Angela Merkel ne veut pas d'un "Brexit désordonné", analyse le quotidien. "Le référendum [de juin 2016] a provoqué un choc plus important en Allemagne qu’en France. On touche ici à des choses profondes. En Allemagne, l’unité de l’Europe est absolument essentielle et la peur de voir se dresser de nouvelles frontières est très grande, pour des raisons historiques. En France, on a toujours eu moins de mal à réfléchir à une Europe à plusieurs vitesses ou à géométrie variable", explique Jana Puglierin, spécialiste des questions européennes pour le think tank berlinois DGAP [Le Monde]. 

Le 23 mai, jour du scrutin européen au Royaume-Uni ?

Quoi qu'il en soit, dans ce climat d'incertitude, le Royaume-Uni n'a pas d'autre choix que d'envisager un scrutin européen le 23 mai. "Le Royaume-Uni fixe au 23 mai la date des élections européennes (mais espère ne pas avoir à les organiser)", titre ainsi Franceinfo, qui évoque le côté "absurde" de la situation.

A Londres, l'objectif reste de quitter l'Union européenne le 22 mai et d'annuler ces élections a précisé, lundi 8 avril, un porte-parole du gouvernement britannique cité par Franceinfo.  En se disant disposée à organiser les élections européennes au Royaume-Uni, Theresa May donne un signal positif supplémentaire "à ceux qui redoutent que la légalité du futur Parlement européen ne soit menacée en cas de nouveau report du Brexit au-delà du scrutin prévu pour se dérouler du 23 au 26 mai", observe le média.

 

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