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Italie : Matteo Renzi prêt à engager un bras de fer avec Bruxelles pour son budget 2017

Revue de presse 29.09.2016

Pour l'année 2017, l'Italie table sur un déficit budgétaire de 2%. Un taux qui respecterait le Pacte de stabilité et de croissance de l'Union européenne, fixant la limite à 3%, mais qui ne devrait pas éviter à Matteo Renzi de rudes négociations avec la Commission européenne. En cause ? La dette du pays, une des plus élevées de la zone euro, dépassant 130% du PIB. Le président du conseil italien demande la clémence de Bruxelles.

Matteo Renzi

Des estimations de croissance revues à la baisse

"La prévision de hausse du PIB en Italie a été ramenée de 1,2% à 0,8%, en 2016, et de 1,4% à 1%, en 2017. Conséquence, Rome table désormais sur un déficit public à 2% du PIB dans le prochain budget, au lieu de 1,8% initialement prévu. Cette année, il est attendu à 2,4%", peut-on lire dans Les Echos. Le quotidien économique explique sur son site que Matteo Renzi veut "obtenir de Bruxelles davantage de flexibilité, en mettant en avant les circonstances exceptionnelles telles que la crise migratoire ou le tremblement de terre". Il disposerait ainsi de "ressources supplémentaires comprises entre 9 et 10 milliards d'euros". 

Afin de relancer la croissance atone, Matteo Renzi souhaite en outre mettre en place un plan de relance, mais devra le faire approuver par les autorités européennes. Car si l'Italie respecte largement la règle des 3% de déficit budgétaire, la Commission a fixé un objectif de 1,8% pour 2017 en raison d'un niveau de dette extrêmement élevé : 132,4% du PIB. Etant "sous la surveillance de Bruxelles", comme le rappelle La Tribune, les négociations avec la Commission européenne "s'annoncent extrêmement tendues". D'autant que Matteo Renzi "a multiplié les critiques contre l'actuelle politique européenne provoquant l'agacement de la Commission", précise le média économique.

Ces critiques à l'égard de la Commission, Matteo Renzi les a renouvelées régulièrement ces derniers temps, notamment sur la gestion de la crise migratoire. "Nous avons fait les hotspots, fermé les frontières, l'Europe a une dette énorme envers l'Italie", a-t-il réaffirmé mardi soir [Le Parisien (avec l'AFP)]. Porte d'entrée majeure de l'immigration en Europe, l'Italie apparaît en effet totalement dépassée. D'autant plus que "l'instauration des 'hotspots' pour identifier les migrants à leur arrivée et la multiplication des contrôles aux frontières avec la France, la Suisse et l'Autriche bloquent désormais la grande majorité dans la péninsule", souligne Le Parisien. "Le réseau des centres d'accueil n'en finit plus d'enfler : il hébergeait 22 000 personnes fin 2013, 66 000 fin 2014, 103 000 fin 2015 et a franchi cette semaine la barre des 160 000 personnes, auxquelles il faut ajouter plus de 15 000 mineurs non accompagnés", récapitule le journal sur son site.

Le budget 2017 : un enjeu majeur pour l'avenir politique de Matteo Renzi

La négociation sur le budget avec la Commission européenne sera donc probablement cruciale pour le président du Conseil italien, qui a engagé son mandat sur le référendum constitutionnel du 4 décembre, prévoyant la fin de l'égalité des pouvoirs entre les deux chambres du Parlement.  "Les sondages des derniers jours ne sont pas bons – ils donnent 52 % à 55 % des voix pour le non –, et, surtout, la dynamique politique lui semble assez défavorable" note Le Monde. Une décision défavorable de la Commission européenne lui serait donc extrêmement préjudiciable car, comme l'explique le quotidien, le vote s'est transformé en référendum "pour ou contre" Matteo Renzi. "Que le référendum ne soit pas utilisé au nom du désir de renverser le gouvernement", a ainsi exhorté le chef du gouvernement italienne cette semaine [Le Temps].

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