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Immigration : le vote suisse divise la classe politique française

Revue de presse 11.02.2014

"Nous sommes tous des étrangers" titre La Croix. Alors que les analyses du résultat de dimanche font notamment état d'un "vote sanction", les réactions des politiques français, relayées par la presse, apparaissent très divisées.

France référendum Suisse

Alors que de nombreux responsables européens ont exprimé leurs craintes quant à la décision de la Suisse [Libération], une partie de la population française peut déjà s'inquiéter du choix de son voisin. En effet, nombreux sont les frontaliers et les résidents français – environ 300 000, rapporte Le Point – qui sont concernés par la décision entérinée par les résultats du référendum de dimanche [Les Echos]. Un véritable "coup de tonnerre" pour eux [Libération].

Le gouvernement français voit dans ce résultat une "mauvaise nouvelle". Le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a déclaré à ce propos : "C'est un vote préoccupant parce qu'il signifie que la Suisse veut se replier sur elle-même […], et c'est paradoxal car la Suisse fait 60% de son commerce extérieur avec l'Union européenne" [Libération]. Une position similaire à celle du ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, qui a indiqué son inquiétude quant à la situation des travailleurs transfrontaliers français et qui a dénoncé les quotas uniformes que la Suisse va mettre en place comme "la pire des solutions" [Les Echos].

Inversement, la présidente du Front National, Marine Le Pen, a accueilli très favorablement cette "merveilleuse nouvelle" [Libération] et considère l'issue du référendum comme une preuve de "la lucidité du peuple suisse". Selon elle, "les Français voteraient très largement pour l'arrêt de l'immigration de masse" reprend le Huffington Post.

Toutefois "le vote suisse embarrasse la classe politique en France" indique Le Figaro, en particulier si on regarde du côté de l'UMP, qui se retrouve "entre deux feux" [Les Echos]. Fillon a jugé "parfaitement naturel" qu'un frein soit mis à l'immigration en Suisse [Les Echos], en insistant sur la distinction entre immigrants et frontaliers. Un projet suisse qu'il appelle de ses vœux pour la France et l'Union européenne : "Il va falloir poser ce débat sur la table du Conseil européen", cite le quotidien. C'est également l'avis de Nadine Morano, pour qui "c'est un résultat inquiétant, mais pas étonnant" [Metronews] et qui soutient l'instauration de quotas en France. Indiquant que l'immigration "sera un des sujets majeurs" des élections européennes et dénonçant les failles de l'espace Schengen, "la France pourrait être amenée à sortir de Schengen" indique-t-elle dans l'interview accordée au quotidien.

Jean-François Copé, qui s'est déclaré préoccupé par la situation, précise que l'immigration choisie et donc l'instauration de quotas fait également partie du programme politique de l'UMP [Le Figaro]. Le quotidien indique aussi que la décision suisse est toutefois critiquée par la députée UMP Valérie Pécresse, qui rappelle que Berne "n'a pas le droit de dénoncer unilatéralement" l'accord de libre-échange et de libre circulation qui la lie à l'UE. Un avis partagé par Rama Yade, qui considère que l'issue du référendum est "une balle dans le pied" de la Suisse.

Devant les tentations françaises de l'opposition de prendre exemple sur la Suisse, Le Figaro souligne les implications d'une telle décision. "Ce choix souverain est-il judicieux pour autant ? Rien n'est moins sûr" exprime le journaliste Guillaume Perrault.

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