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Grèce : le tourbillon de négociations continue

Revue de presse 01.07.2015

La Grèce est officiellement en défaut de paiement auprès du FMI depuis aujourd’hui. Mais cela n’empêche pas les négociations de continuer, et les médias de tenter d’analyser la situation. D'aucuns gardent encore l’espoir d’annuler le référendum prévu ce dimanche.

Alexis Tsipras

L’échéance tant redoutée est arrivée cette nuit : la Grèce n’a pas été en mesure de rembourser une partie de sa dette envers le Fonds monétaire international (FMI) et est officiellement en défaut de paiement. Le porte-parole de l’institution financière a d’ailleurs confirmé "que le remboursement (…) dû au FMI par la Grèce aujourd’hui n’a pas été reçu", rapporte Le Monde. Mais après tout, "comment payer le FMI demain alors que les banques ont été menées à l'asphyxie ?" s’est insurgé le Premier ministre grec Alexis Tsipras, cité par Le Figaro.

C’est le défaut de paiement le plus lourd enregistré par le FMI depuis sa création, indique Euronews.

Si la situation a de quoi provoquer la panique, Donald Hebert, journaliste à L’Obs, ironise et assure qu’à la suite du défaut de paiement, il ne se passera absolument "rien". Selon lui, rien ne changera pour le FMI, pour les caisses européennes, pour les agences de notations, pour les marchés financiers et pour la Banque centrale européenne (BCE).

Et malgré tout, "le feuilleton grec continue", titre Libération.

Le Point rapporte en effet que le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a proposé à M. Tsipras une "solution de dernière minute susceptible de débloquer un accord sur le renflouement du pays" pour éviter un référendum.

De son côté, le gouvernement grec "demande un troisième plan d’aide" [Le Point].

Après le sommet de l’Eurogroupe d'hier, un nouveau devrait avoir lieu aujourd’hui. Mais selon Le Monde, les négociations sont "âpres". La demande grecque a en effet été rejetée par les ministres des Finances de la zone euro "au motif qu’elle doit d’abord être validée par des Parlements nationaux et que le temps est précieux".

Autre "nœud gordien" : la restructuration de la dette qui constitue depuis le début des négociations "un point de blocage inconciliable entre la Grèce et ses partenaires" [Les Echos]. L’effacement d’une majeure partie du montant nominal de la dette grecque fait en effet partie du programme du parti Syriza actuellement au pouvoir, mais les créanciers européens ont  toujours refusé cette faveur.

Malgré tout, Les Echos gardent l’espoir de voir se conclure "un accord avant le référendum".

D’ailleurs, Le Point cite les propos du ministre des Finances français. Ce dernier a déclaré au micro de la radio RTL que "le but est de trouver un accord avant le référendum si c'est possible". Il évoque toutefois les obstacles aux négociations : "les plus durs [à convaincre] sont les petits pays qui ont fait au cours de ces dernières années des efforts considérables".

Les Echos ajoutent par ailleurs que la chancelière allemande Angela Merkel n’est "pas prête à discuter d’une nouvelle demande d’aide d’Athènes avant la tenue d’un référendum en Grèce dimanche".

Quoiqu’il en soit, Libération reconnaît que "la crise entre la Grèce et ses créanciers mérite en tout cas déjà la palme d’or du meilleur scénario de suspense pour l’année 2015".

Parmi toute cette confusion et une évolution des événements très rapide, certains observateurs prennent le temps d’analyser la situation et s’interrogent sur ses conséquences.

Libération se demande si l’Union européenne, engluée dans une "crise [où] deux modèles irréconciliables s’affrontent", ne se trouve pas "au bord d’une révolution majeure".

Pour Charles Consigny, qui s'exprime dans Le Point, les troubles grecs sont l’ "occasion de rouvrir le chantier européen".

Enfin, Le Monde rapporte l’opinion dominante des économistes, "quelle que soit leur famille de pensée", atterrés par les propositions de réformes des créanciers européens : "Aucun économiste sérieux ne peut avaliser ce plan mal fichu et très déraisonnable (…). Le programme des créanciers n’est pas acceptable. Demander à une économie en récession de 3 % à 4 % d’afficher un excédent primaire [le solde budgétaire avant paiement des intérêts de la dette] de 1 %, c’est la condamner à ne pas se redresser", assène le chef économiste de Natixis Patrick Artus.

Le prix Nobel Joseph Stiglitz reprend d’ailleurs les mêmes mots que le Premier ministre grec en déclarant que "les créanciers d’Athènes devraient admettre que la politique qu’ils ont mise en place depuis cinq ans, l’austérité, n’a pas fonctionné" et que l’ex-troïka a "une responsabilité criminelle, celle d’avoir causé une récession majeure".

Tous affirment en tout cas qu’une restructuration de la dette est "inéluctable".

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