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En visite à Tunis et au Caire, Angela Merkel face au défi de la crise migratoire

Revue de presse 03.03.2017

Après un déplacement hier au Caire, Angela Merkel se rend aujourd'hui à Tunis afin d'évoquer le sujet de la crise migratoire. La chancelière allemande souhaite que les pays du Maghreb s'impliquent davantage pour endiguer l'afflux de migrants vers l'UE. Au même moment à Bruxelles, la Commission européenne a présenté un plan d'action afin d'accroitre l'efficacité des procédures de retour pour les migrants "économiques".

Angela Merkel

Les projets de la chancelière au Caire et à Tunis

"Le temps presse" pour l'Europe sur le dossier de la crise migratoire, rappelle France 24. Jeudi 2 février, la chancelière allemande Angela Merkel, s'est rendue au Caire avant de rejoindre aujourd'hui la Tunisie. Au menu de ces visites : l'immigration, et notamment une question : "Comment endiguer le flux migratoire en provenance des côtes nord-africaines et surtout libyennes. En effet, "stabiliser la Libye et endiguer l’afflux de migrants par la Méditerranée sont deux thèmes cruciaux pour l’Union européenne", explique Le Monde. Et pour cause, depuis l'accord UE-Turquie de 2016 et la fermeture de la route migratoire des Balkans, la Libye est redevenue "le point de départ numéro 1 pour ceux qui désirent rejoindre l'Europe" [Le Parisien]. "Sans stabilisation politique de la Libye, nous ne pourrons pas faire cesser les activités des passeurs" a déclaré la chancelière allemande. Or La Libye, située entre l'Egypte et la Tunisie "est plongée dans le chaos depuis 2011", ce qui rend le dialogue très compromis avec un pays au sein duquel plusieurs autorités s'y disputent le pouvoir. 

Angela Merkel insiste, depuis des mois, sur "le rôle crucial" que "doivent jouer selon elle les pays du Maghreb". Il y aurait actuellement, selon l'Unicef, plus de 250 000 migrants en Libye [France 24]. D'après Mohammed Shaikhibrahim, correspondant pour Euronews au Caire, "Les Egyptiens voient cette visite comme une reconnaissance par l’Allemagne et l’Europe que l’Egypte a un rôle de stabilisateur régional".

"Angela Merkel sous pression"

A quelques mois des élections prévues le 24 septembre prochain, la chancelière allemande est sous pression pour avoir ouvert son pays à plus d'un million de demandeurs d'asile en 2015. Pour faire taire les critiques, la chancelière "n’a jamais caché son souhait de trouver un accord entre l’UE et les pays du Maghreb calqué sur l'accord UE-Ankara". Un projet qui relève de la "gageure" selon France 24.  Impossible premièrement de prévoir le renvoi des migrants vers la Tunisie puisque "cette idée, évoquée par Merkel, a été rejetée sans équivoque par le Premier ministre Youssef Chahed", rappelle la chaîne d'information.

Un accord avec l'Egypte semble tout aussi compliqué, puisque le pays est régulièrement montré du doigt sur la question des droits de l'homme [Le Parisien]. "Les autorités ont effectivement interdit les manifestations, emprisonné des dizaines de milliers de personnes", rappelle l'organisation internationale Human Rights Watch.

"La chancelière devra donc multiplier des trésors de diplomatie pour entamer un dialogue constructif avec la Tunisie et l’Égypte" surtout que "la Turquie a menacé de ne plus appliquer l’accord limitant l'afflux de migrants en Europe" [France 24]. L'Allemagne s'est notamment engagée à "soutenir les efforts du Caire pour sécuriser ses frontières terrestres et maritimes avec la Libye" RFI.

Du côté de Bruxelles on cherche aussi des réponses à la crise migratoire

"Même si la Commission européenne affirme vouloir continuer à secourir les personnes qui ont véritablement besoin d'une aide internationale", un plan d'action plus contraignant en matière de migrations a été présenté jeudi [France Bleu]. Ce dernier ne détaille que des mesures pour renvoyer plus vite les migrants "économiques". Mais quasiment tous, à l'exception des Syriens et des Erythréens, ne sont plus assurés dorénavant d'obtenir le statut de réfugié, explique  la chaîne de radio.

La Commission a par ailleurs "pressé les Etats à prévenir les 'risques de fuite' en plaçant en rétention les personnes auxquelles une décision de retour a été signifiée et qui laissent apparaître qu'elles ne s'y conformeront pas" [RTL]. Enfin l'exécutif européen prévoit désormais la mise en place de sanctions contre les Etats membres qui refuseraient d'accueillir leur quota de migrants.

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