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Défense : 9 Etats membres s'entendent pour une initiative européenne d'intervention

Revue de presse 26.06.2018

Lundi 25 juin, neuf pays de l'Union européenne se sont engagés dans un nouveau mécanisme de coopération renforcée en matière de défense : l'initiative européenne d'intervention (IEI). Portée par la France, elle devrait intensifier la collaboration militaire entre ces Etats membres.

Florence Parly

La ministre française des Armées, Florence Parly, signe l'acte d'engagement dans l'Initiative européenne d'intervention - Crédits : compte Twitter @florence_parly

Il s'agit de "créer une sorte de force d'intervention rapide européenne sans passer par les mécanismes pesant de la politique commune de défense qui implique tous les Etats membres", expliquent Les Echos. Pour Florence Parly, ministre française des Armées, interviewée par Le Figaro, "il y a deux ans encore, nous étions […] un peu au milieu de nulle part" en ce qui concerne l'Europe de la défense mais "une grande accélération s'est produite depuis, notamment parce que la perception des menaces est devenue très concrète pour les pays européens". Par conséquent, "tous ont exprimé le besoin de réponses capacitaires, opérationnelles et stratégiques".

"Un large spectre d'opérations"

Lors du discours de la Sorbonne, "le président de la République Emmanuel Macron prônait une force légère entre Etats prêts à entrer ensemble rapidement dans une opération militaire, en cas d'urgence : catastrophe naturelle, évacuation de ressortissant, lutte contre une attaque terroriste…", rappellent Les Echos. Florence Parly explique ainsi que l'initiative "prévoit un large spectre d'opérations" pour des situations nécessitant une prise de décision rapide et "pas seulement celles à très haute intensité", pour lesquelles certains pays ne sont pas prêts à s'engager, comme les conflits armés. De plus, d’autres projets doivent voir le jour comme "le fonds européen de défense, la facilité pour la paix, censée œuvrer à la prévention des conflits, ou les projets pour faciliter la mobilité des matériels militaires sur le continent" [Le Monde].

Concrètement, "l'IEI renforcera les liens entre les forces armées des pays membres par l'échange d'officiers et par des exercices conjoints d'anticipation et de planification militaire, de partage de doctrine, de rédaction de scénarios d'intervention et de partage de renseignements" [Les Echos]. L'initiative est appelée à promouvoir une "'culture stratégique' commune par le biais des officiers de liaison qui analyseront les menaces et les scénarios pour y répondre", précise "l'entourage du ministre belge de la Défense, Steven Vendeput" [RTBF (Belgique)]. Néanmoins, elle "n’est pas censée préfigurer la naissance d’une force européenne, chacun s’obligeant désormais à oublier le terme d’armée commune, qui fait figure d’épouvantail" [Le Monde].

Neuf Etats participants

Ainsi, ce sont l'Allemagne, la Belgique, le Danemark, les Pays-Bas, l'Estonie, la France, le Portugal, l'Espagne et le Royaume-Uni qui se sont finalement entendus sur le projet.

Et si l'Allemagne était réticente au départ, "elle a finalement décidé d'adhérer à l'initiative après avoir convenu que l'IEI maintiendrait des liens forts avec la Coopération structurée permanente (CSP)", indique la RTBF. La CSP est en effet "assimilé[e] à l’ébauche d’une 'zone euro de la défense' visant à stimuler la coopération, la planification, le développement technologique, les investissements 'intelligents' et les projets industriels en commun" [Le Monde].

Quant aux Britanniques, cette initiative représente pour eux l'opportunité, malgré le Brexit, de "rester des partenaires de premier plan de la sécurité européenne". Enfin, l'Italie, dont l'ex-gouvernement soutenait le projet, "réfléchit à la possibilité de rejoindre cette initiative mais n'a pas pris de décision définitive" [Ouest-France].

"Partage du fardeau"

D'après Le Monde, le projet pourrait aboutir à des actions concrètes étant donné "la relance effective des projets d’Europe de la défense et la pression américaine pour une meilleure prise en charge par les Européens de leur propre sécurité".

Les ministres de la Défense ont d'ailleurs tenté de convaincre le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, "que leur projet de groupes d’intervention participait au partage du fardeau réclamé par l’administration américaine". Ce dernier a "reconnu que les initiatives prises par les Européens étaient des contributions réelles, très concrètes" [Le Monde].