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Crise des réfugiés : vers un Grexit de Schengen ?

Revue de presse 04.02.2016

Les débats autour de l'espace Schengen n'en finissent pas de faire couler de l'encre. Un rapport présenté hier par France Stratégie estime à 10 milliards par an le coût d'une sortie de la France de l'espace Schengen. D'autres chiffres témoignent de l'urgence de la crise. D’après l’Organisation internationale des migrations, le mois dernier, sur tous les migrants décédés en mer Egée, un sur cinq était un enfant. Pourtant, la menace d'une sortie de la Grèce de l'espace de libre circulation européen est bien réelle. En réaction, le gouvernement hellénique envoie l'armée accueillir les réfugiés, tandis que l'Italie accepte de débloquer le partenariat entre Ankara et l'UE, dans l'espoir que la Turquie cloisonne ses frontières.

La barrière de Nea Vissa, à la fontière grecquo-turque © Europarl

Le partenariat turc se concrétise

"L’Union européenne  a approuvé, mercredi 3 février, les modalités du financement d’un fonds d’aide de 3 milliards d’euros destiné aux 2,5 millions de réfugiés syriens vivant en Turquie, promis en contrepartie de l’aide d’Ankara pour freiner les flux migratoires vers l’Europe", rapporte Le Monde.

"Une aide promise en contrepartie d'un effort d'Ankara pour freiner l'entrée de réfugiés en Europe. Cet accord des 28 Etats membres de l'Union européenne, bloqué depuis des semaines par l'Italie, intervient in extremis, quelques heures avant l'ouverture d'une importante conférence de donateurs pour la Syrie à Londres", précise Libération. "Ce fonds doit être financé pour deux milliards d'euros par les Etats membres et pour un milliard par le budget de l'UE", ajoute finalement La Croix. "La France doit apporter au fonds 309 millions d’euros, l’Allemagne 427 millions et la Grande-Bretagne 327 millions" [Le Monde].

Pendant ce temps, "le ministre de l'Intérieur [français] entame ce jeudi un déplacement de trois jours", en Grèce et en Turquie, pour y évoquer les thèmes de la gestion des flux migratoires et de la lutte contre le terrorisme [Le Figaro]. Lors du Conseil européen des 18 et 19 février prochains, "les États membres envisageront à cette occasion de prolonger les contrôles des frontières intérieures de l’UE pour empêcher de nouvelles arrivées", indique La Croix.

La Commission ne veut pas d'un "Grexit de Schengen"

"Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a dit mercredi son opposition à une sortie de la Grèce de l’espace Schengen, appelant l’ensemble des Etats membres à plus de solidarité pour résoudre la crise des migrants" [L'Obs].

Jean Quatremer, correspondant de Libération à Bruxelles, rappelle que "ce sont les ministres de l’Intérieur des États membres qui ont signifié à la Grèce, le 25 janvier, qu’elle devait reprendre le contrôle de ses frontières avec, à la clef, la menace de rétablir durant deux ans les contrôles aux frontières intérieures avec la Grèce. Ce qui équivaut à une suspension de fait de l’espace Schengen".

Pendant que les eurodéputés débattaient à Strasbourg, "en Grèce, l’armée a été appelée à la rescousse pour pallier le retard dans la construction de cinq centres d’enregistrement et de tri des migrants" [Euronews]. Pour le ministre grec de la Défense, Panos Kammenos, "certains Européens veulent peut-être transformer le pays en un camp de concentration ou un entrepôt pour êtres humains". "D’après l’Organisation internationale des migrations, le mois dernier, sur tous les migrants décédés en mer Egée, un sur cinq était un enfant", insiste Euronews.

La France sans Schengen, une opération à un milliard par an

Si la crise migratoire est un drame humain, le démantèlement de l'espace Schengen risque de déclencher un marasme économique. Ce sont en effet les conclusions reprises ce matin par la presse française après la publication par France Stratégie, "un organisme d'expertise auprès du Premier ministre" précisent Les Echos, d'une étude sur le coût estimé d'une sortie de la France de l'espace Schengen.

Un chiffre "astronomique" pour La Tribune : "un à deux milliards d'euros par an à court terme et plus de 10 milliards d'euros par an à plus long terme". "La baisse des recettes touristiques est estimée entre 500 millions d'euros et un milliard d'euros par an", ajoute l'Obs.

Euractiv
élargit le prisme, et titre "l'abandon de Schengen risque de coûter un point de PIB à l'UE". Cette estimation ne prend cependant pas en compte "les investissements étrangers et les flux financiers [car] ceux-ci restent difficiles à évaluer".

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