Derniers articles publiés

Christian Noyer réagit à la taxe Tobin européenne et espionnage de la NSA en Espagne

Revue de presse 29.10.2013

Dans une interview accordée au Financial Times du lundi 28 octobre, Christian Noyer, le gouverneur de la Banque de France, estime que la future taxe sur les transactions financières (TTF) voulue par Bruxelles représente "un énorme risque" pour les pays qui l'appliqueraient [Le Monde].

pièces euros

"Tobin or not Tobin? " s’interrogent les Echos. "Enorme risque", répond le gouverneur de la Banque de France Christian Noyer, à propos de  la future taxe sur les transactions financières ou "Taxe Tobin", telle qu'elle a été conçue par Bruxelles. Dans un entretien au quotidien Financial Times de lundi, il estime que "le projet de la Commission n'est pas viable et doit être entièrement revu" [Le Figaro].

"Je ne pense pas que cela ait été à un quelconque moment l'intention du gouvernement français de faire quelque chose qui déclencherait la destruction de pans entier de l'industrie financière française, provoquerait une délocalisation massive d'emplois et porterait atteinte globalement à la reprise", fait valoir M. Noyer, cité par l’Express.

Selon Le Monde, ces critiques interviennent alors que le projet de taxe Tobin (du nom de James Tobin, l'économiste américain qui l'a imaginée dans les années 1970) à l'européenne a déjà du plomb dans l'aile. Le 29 juin 2010, la Commission européenne a prescrit l'instauration d'une taxe sur le secteur financier susceptible de freiner la spéculation et de générer des revenus pour l'Union européenne. Appliquée dès 2014, elle devait prélever 0,1 % des échanges d'actions et d'obligations et 0,01 % de ceux de produits dérivés. De quoi rapporter près de 35 milliards d'euros par an, selon La Tribune.

Mais les Etats membres ont rapidement fait part de leurs dissensions. Résultat : seuls onze pays, emmenés par la France et l'Allemagne se sont dit d'accord pour taxer les transactions financières [Challenges]. Sigmar Gabriel, président du Parti social-démocrate (SPD) allemand, et Harlem Désir, premier secrétaire du Parti socialiste (PS), ont encore réaffirmé jeudi dernier à Berlin leur attachement à cette taxe.

En coulisses, cependant, le parti allemand regrette le manque de soutien de son allié. La France a introduit en août 2012 sa propre taxe sur les transactions financières (TTF), qui va nettement moins loin que la version préparée par la Commission européenne. A Bruxelles, certains regrettent aussi le "manque de leadership de la France sur cette TTF qu’elle a pourtant voulu au départ", selon une source européenne [Les Echos].

Pour le quotidien, Bruxelles a donc désormais les yeux rivés sur Berlin pour faire avancer un dossier qui semble au point mort : depuis début septembre, aucune réunion technique n’a eu lieu, et la prochaine n’est pas prévue avant décembre. Autre difficulté : le service juridique du Conseil a affirmé début septembre qu’une partie de ce projet n’était pas conforme aux traités européens.

Les autres sujets du jour

Sécurité, terrorisme