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Dernière mise à jour : 21.08.2017

France

La France

drapeau France
  • Capitale : Paris
  • Superficie : 632 834 km² (Eurostat - 2013)
  • Population : 67,02 millions (Eurostat - 2017)
  • Date d'adhésion : 1957 (Membre fondateur)
Monnaie : Euro Espace Schengen : oui
Système politique : République Chef d'Etat : Emmanuel Macron Chef du Gouvernement : Edouard Philippe Prochaines élections : Présidentielle : 2022
Hymne national : La Marseillaise Fête nationale : 14 juillet - prise de la Bastille Langue officielle : Français Indicatif téléphonique : 33
Villes principales : Paris, Marseille, Lyon, Toulouse, Nice Découpage administratif : 18 régions (dont cinq outre-mer), 101 départements (dont 5 départements d'Outre-Mer), 1 territoire d'Outre-Mer, 4 collectivités d'Outre-Mer, et 1 collectivité à statut particulier, 36 741 communes
PIB : 2 228,8 milliards d'euros (Eurostat - 2016) Taux de croissance : 1,2% (Eurostat - 2016) Taux de chômage : 9,6% (Eurostat - 2017) Dette publique : 96% (Eurostat- 2016) Déficit public : 3,4% (Eurostat - 2016) Inflation : 0,3% (Eurostat - 2016)
Indice de développement humain : 0,897 (ONU - 2015) Émissions de gaz à effet de serre : 4,3 tonnes/hab. (OCDE - 2014)

Politique

La Constitution de la Vème République place la France à mi-chemin entre système présidentiel et système parlementaire. Le Président, élu au suffrage universel direct pour une durée de cinq ans, dispose de pouvoirs étendus, notamment en matière de politique étrangère.

Depuis le 14 mai 2017, date de son entrée en fonction, Emmanuel Macron (En Marche, centre) est président de la République. Au second tour de l'élection présidentielle, il devance Marine Le Pen (Front national, avec 66% des suffrages). Il succède à François Hollande (Parti socialiste). Le 15 mai 2017, Edouard Philippe (Les Républicains) est désigné Premier ministre. Il dirige un gouvernement composé de personnalités de gauche, du centre, de droite et non issues de la vie politique.

Avec un taux d’abstention record (57,36% des inscrits), les résultats des élections législatives ont largement conforté la majorité présidentielle : la République en Marche obtient 308 sièges soit la majorité absolue.

Le pays et l'UE

A l'origine du projet européen avec l'Allemagne, la France entretient des relations historiques fortes avec l'Union européenne. C'est d'ailleurs le discours d'un français, Robert Schuman, qui est aujourd'hui considéré comme le point de départ de l'Union européenne avec la création de la Communauté européenne du charbon et de l'acier (CECA). Jean Monnet, à l'origine de l'idée, sera le premier président de cette institution.

La France joue, avec les cinq autres premiers pays qui y ont adhéré, un rôle décisif dans la fondation de la Communauté économique européenne (CEE). Pour autant, la France nourrit des relations mouvementées avec l'Union européenne. Dès le retour du Général De Gaulle à la fonction présidentielle en 1958, sa vision d'une nation forte et indépendante entre en conflit avec l'idée d'une Union européenne supranationale. Déjà, en 1953, il s'implique sans retenue dans une campagne anti-CED (Communauté européenne de défense). L'idée, pourtant d'origine française, ne verra jamais le jour en raison du veto de l'assemblée nationale. Du 30 juin 1965 au 30 janvier 1966, la politique de la chaise vide menée par De Gaulle bloquera elle aussi tout approfondissement de l'intégration européenne.

Depuis, les gouvernements français se sont continuellement impliqués pour la construction européenne. Ils ont notamment défendu le traité de Maastricht en 1992. L'année 2005 marque cependant un tournant, avec la victoire du "non" au référendum pour l'adoption d'une constitution européenne.

Depuis le grand élargissement de 2004, la France cherche à conserver son rôle moteur dans la construction européenne. En 2008, elle s'est ainsi impliquée aux côtés de l'Allemagne pour faire face à la crise financière. Elle cherche également à se positionner comme tête de file des pays de l'Europe du Sud et des pays méditerranéens, en plaidant pour une alliance euro-méditerranéenne forte.

Avec le vote par référendum de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, la France tente de redonner un nouveau souffle à l'Union européenne, notamment au sein d'un couple franco-allemand renforcé.

La France est représentée par 74 députés au Parlement européen, elle est, après l'Allemagne, le pays qui en dispose du plus grand nombre. Depuis 1979 et l'élection du Parlement européen au suffrage universel direct, trois français ont été présidents du Parlement : Simone Veil de 1979 à 1982 (première femme à ce poste), Pierre Pfimlin de 1984 à 1987 et Nicole Fontaine de 1999 à 2002.

Depuis 1958, deux français ont occupé le poste de président de la Commission européenne : François-Xavier Ortoli de 1973 à 1977 et Jacques Delors de 1985 à 1995. Ce dernier est connu pour avoir été l'un des "continuateurs" les plus influents pour la construction européenne, à travers notamment la mise en place du marché unique et d'une politique sociale au niveau européen. Le commissaire français actuel est Pierre Moscovici, chargé des affaires économiques et monétaires.

La France a assuré la présidence de l'Union européenne à douze reprises, la dernière fois au second semestre 2008. Elle l'assurera à nouveau au premier semestre 2022. Elle dispose de 29 voix au Conseil européen, ce qui lui donne le plus de poids dans les votes au Conseil européen, tout comme l'Allemagne, le Royaume-Uni et l'Italie.

Géographie

La France est le pays le plus étendu d’Europe occidentale (550 000 km², presque 1/5 de la superficie de l’UE). Elle a des frontières communes avec la Belgique, le Luxembourg, l’Allemagne, la Suisse, l’Italie et l’Espagne. Elle possède une double ouverture maritime sur la mer du Nord et la Manche, ainsi que sur l’océan Atlantique et la mer Méditerranée .

Ainsi, le pays occupe une véritable position de carrefour d’autant plus qu’il possède un excellent réseau de communication. Du fait de son climat tempéré et de ses bons sols, la France dispose d’un fort potentiel agricole.

Le sous-sol français quant à lui est riche en matériaux de construction (gravier, sable, calcaire pour les cimenteries) et en matières premières (kaolin, talc, soufre, sel, potasse), mais il est pauvre en produits énergétiques et en minerais. Les énergies renouvelables comptent cependant pour 15% de la production d'électricité nette totale en France. Mais elle demeure derrière l'Allemagne (16%) et l'Espagne (35%).

Le point culminant du pays, le Mont-Blanc, est aussi le plus haut sommets de l’Europe occidentale (4810m). Le massif forestier français est le troisième de l’UE après ceux de Suède et de Finlande. Le territoire est drainé par quatre grands fleuves : la Loire (1 012 km), la Garonne (575 km) la Seine (776 km) et le Rhône (522 km en France),  Ils constituent de grands axes industriels et urbains.

Economie

Septième puissance économique mondiale en 2016 en termes de PIB, la France est aussi le septième exportateur en termes de volume de biens. C'est également le premier producteur et exportateur agricole européen, la production agricole française représentant un quart de la production européenne. Les exportations sont dynamisées par la dépréciation de l'euro.

En 2015, environ 75,8% de sa population active travaille dans le secteur tertiaire alors que les secteurs primaire et secondaire n’en occupent respectivement que 2,7% et 13,9%. En 2016, et pour la première fois depuis 2011, le chômage au sens du BIT a commencé à diminuer mais le halo du chômage concerne toujours plus de personnes (+43 000 entre 2015 et 2016). Très touché par la crise, la croissance est toujours stagnante bien que plus dynamique en 2017.

70% des échanges commerciaux se font avec des partenaires européens, son premier client et fournisseur étant l’Allemagne. Le pays est au second rang mondial en termes d’investissements directs en provenance de l’étranger. Depuis 2003, la France est en déficit commercial, celui-ci s'élevant à 45,7 milliards d'euros en 2015.

En 2014, la dépense nationale de R&D française était de 47, 9 milliards d'euros, soit 2,24 % du PIB. La France possède le réseau routier le plus dense au monde et le plus long d’Europe. Elle détient le record de vitesse sur rail avec le TGV.

D’autre part, il s’agit du pays le plus visité au monde : 84,5 millions de touristes étrangers ont fait le déplacement en 2016. Ainsi, ce secteur représente plus de 7,3% de son PIB en 2015 et 426 000 emplois en Île-de-France.

Les finances du pays sont toujours sous la procédure de déficit excessif de la Commission européenne avec un déficit public supérieur à 3% en 2016, tandis que la dette publique atteint 96% du PIB en 2017.

Histoire

La France avant la Révolution : une lente gestation

C’est sous l’autorité des Capétiens que se construit progressivement le territoire et que se mettent en place les institutions et l’administration qui le gèrent et l’organisent. Le choix de Paris comme capitale est à cet égard décisif : le territoire et l’État qui en émane trouvent là un centre à partir duquel l’unité de la France se réalise.

Il est également important de noter qu’un grand brassage humain a eu lieu durant ces époques, des peuples se sont croisés, mêlés pour finalement déterminer en partie les souches de population de certaines régions mais, surtout, ils se sont fondus dans le creuset qui deviendra la France.

Le legs de la Révolution et de l’Empire

Les principes issus de la Révolution française

La France s’affirme comme nation avec la Révolution de 1789.  L’idéal affiché est celui de la liberté de chacun dans le respect de tous, du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, d’institutions faites pour garantir le bien-être social... Ces aspirations, formulées dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789, sont héritières de la philosophie des Lumières du XVIIIe siècle et d’auteurs comme Montesquieu, qui a posé le principe de la séparation des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire dans L’Esprit des lois (1748), ou comme Jean-Jacques Rousseau qui développe les notions d’égalité politique et de souveraineté du peuple dans Du contrat social (1762).

 

L'Empire napoléonien

Ces principes ne seront cependant pas immédiatement acquis. S’ils sont inscrits en grande partie dans la première Constitution, dont la France s’est dotée en 1791, et encore plus largement dans celle de 1793, il faudra du temps, de nombreux combats politiques et des luttes sociales avant qu’ils ne deviennent des droits inaliénables. La guerre civile et les combats contre les États européens coalisés aboutissent à la mise en place de la Terreur, bien éloignée des nobles principes de 1789. Après l’exécution de Robespierre en juillet 1794, la Convention thermidorienne (1794-1795) et le Directoire (1795-1799) conduisent à la prise du pouvoir par Bonaparte, consul de 1799 à 1804 puis empereur des Français.

La monarchie, abolie en 1792, cède la place à l’Empire, bien différent dans ses structures et son organisation mais où les Français se retrouvent sujets, comme par le passé, après avoir été d’éphémères citoyens. La France tente alors d’imposer son modèle et ses institutions à une partie importante de l’Europe ; mais la volonté initiale d’apporter la liberté aux "peuples opprimés" s’est vite muée en conquêtes et en annexions. Elle perd finalement son Empire en 1815 mais ne recouvre pas pour autant liberté et démocratie puisque la monarchie est restaurée avec Louis XVIII. Même si la Révolution de 1848 met en place la IIe République, comme la Première, elle débouche sur un coup d’État, celui de Louis- Napoléon Bonaparte en 1851 et l’instauration du Second Empire (1852-1870).

De profonds changements

Cependant, durant cette longue période, derrière l’instabilité politique s’opèrent des changements de fond à travers lesquels se construit la France moderne. Ils sont d’abord d’ordre territorial et administratif. La Révolution et l’Empire vont perfectionner l’œuvre centralisatrice entreprise sous l’Ancien Régime avec par exemple la création des départements.

De la Révolution au Second Empire une profonde transformation de l’économie et de la société a également lieu : développement de l’industrie, création de banques et de grands magasins qui inaugurent le système de distribution moderne, remodelage urbain, extension importante du réseau de chemins de fer, politique de reboisement et de lutte contre l’érosion...  Le progrès social reste quant à lui à la traîne et, dans cette première moitié du XIXe siècle, les conditions de vie sont dures et la misère aiguë pour le prolétariat qui s’entasse dans les villes industrielles.

1870-1914 : la France républicaine, crises et consolidation

Le retour de la république

Après la défaite de la France devant l’Allemagne en 1870, la IIIe République apparaît, en dépit des turbulences internes qu’elle doit surmonter et de la Première Guerre mondiale qui meurtrira profondément le pays, comme une période de stabilisation et de consolidation.

Jusqu’à la guerre de 1914, la République doit faire face à deux crises graves qui menacent son existence même : le boulangisme (1886-1889), qui rallie des mécontentements de toutes origines et menace les fondements parlementaires du régime, et l’affaire Dreyfus (1894-1899), qui révèle l’ampleur de l’antisémitisme en France et les divisions profondes qui partagent le corps social et les courants politiques. Ces crises sont d’autant plus menaçantes pour la République qu’elles se déroulent sur un fond de vives tensions sociales et politiques.

Des acquis historiques

Cependant, les acquis de cette période sont importants sur le plan institutionnel et social et dans le domaine des libertés publiques. Aux lois de 1882 et 1885 instituant l’école primaire obligatoire et gratuite, s’ajoutent les lois sur la liberté de la presse (1881), la liberté syndicale (1884), la réglementation du travail des femmes et des enfants (1892), la liberté d’association (1901). La modernisation économique se poursuit en dépit de crises conjoncturelles et la France est l’un des principaux berceaux des innovations scientifiques et techniques qui sont à l’origine de la deuxième révolution industrielle. Pendant la Belle Époque qui précède la Grande Guerre, le rayonnement international de la France est grand : elle dispose du deuxième empire colonial du monde, joue un rôle diplomatique de premier plan et s’impose comme le pays phare de l’art et de la culture.

1914-1945 : d’une guerre à l’autre

La Grande Guerre

Les premières années du XXe siècle voient la montée des tensions internationales en Europe.  L’assassinat du prince héritier d’Autriche-Hongrie par un Serbe de Bosnie, le 28 juin 1914 à Sarajevo, alors sous domination autrichienne, est l’étincelle qui met le feu aux poudres : le système d’alliance patiemment constitué fonctionne et conduit au déclenchement de la Première Guerre mondiale. Les Français sortent victorieux de ce conflit long de quatre années mais le bilan est lourd pour le pays comme pour les autres États d’Europe qui ont participé à la guerre. Le nord et l’est du territoire ont été dévastés, l’effort de guerre a épuisé les finances et l’économie nationale et interrompu les progrès sociaux engagés ; mais surtout, la guerre se solde par un véritable désastre humain : près d’1,5 million d’hommes jeunes ont été tués et près de 3 millions blessés.

L'entre-deux-guerres

La vie politique des années vingt est ensuite dominée par des coalitions de droite, à l’exception de la période 1924-1926 où le Cartel des gauches, unissant socialistes et radicaux, est au pouvoir. Cependant, la crise économique des années trente, les difficultés financières et sociales, la détérioration de la situation internationale avec l’arrivée au pouvoir du fascisme en Italie et du nazisme en Allemagne, aggravent les divisions dans le pays et favorisent la montée de nombreux mouvements antiparlementaires, conservateurs nationalistes et d’extrême droite qui s’organisent en "ligues".

Ces organisations multiplient les manifestations violentes, comme celle du 6 février 1934 qui suscite en réaction une alliance antifasciste rassemblant les socialistes, les communistes et les radicaux et donne naissance au Front populaire. La gauche réunie triomphe aux élections de 1936 et le gouvernement de Front populaire, avec Léon Blum à sa tête, réalise d’importantes réformes : semaine de travail de quarante heures, conventions collectives, congés payés, premières nationalisations… Toutefois, les divisions intérieures et surtout les difficultés extérieures ne sont pas réglées.

La Seconde Guerre mondiale

Après avoir cru échapper aux hostilités par les concessions faites à Hitler à Munich, en 1938, le nouveau président du Conseil, Édouard Daladier, engage le pays, aux côtés des Britanniques, dans la Seconde Guerre mondiale (3 septembre 1939).

La débâcle de l’armée devant l’invasion nazie, en mai 1940, jette des millions de civils sur les routes de l’exode. L’armistice est signé le 22 juin 1940. La France est divisée en deux zones, l’une occupée et l’autre libre. La IIIe République s’effondre ; le 10 juillet 1940, le Parlement donne tout pouvoir au maréchal Pétain, héros de la Première Guerre mondiale, qui met en place à Vichy, capitale provisoire, un régime nouveau, l’État français : régime à caractère personnel, autoritaire, corporatiste et discriminatoire à l’égard des Juifs. La collaboration avec l’Allemagne nazie est engagée le 24 octobre 1940 par l’entrevue de Montoire entre Pétain et Hitler. Elle conduit le régime de Vichy à apporter son appui aux vainqueurs en soutenant l’effort de guerre allemand, en traquant les opposants au nazisme et en livrant les Juifs à la déportation.

Cependant, la Résistance qui s’est manifestée dès les premiers jours de l’Occupation sera le ferment d’une France nouvelle qui prend les rênes du pays après la guerre. On peut dresser son acte de naissance au 18 juin 1940, quand le général de Gaulle appelle de Londres les Français à poursuivre le combat aux côtés des Alliés. Le Conseil national de la résistance (CNR) unit les principales organisations de résistants ; de Gaulle, alors installé à Alger, met sur pied le gouvernement provisoire de la République française, issu du CNR.

La guerre se termine avec la capitulation de l’Allemagne nazie le 8 mai 1945. L’action de la Résistance, personnifiée par de Gaulle, a permis à la France pourtant militairement vaincue, de conserver son rang sur la scène internationale.

La reconstruction : 1945-1958

L'élan économique

Deux guerres en trente ans ont représenté pour la France une période d’épreuves. Les pertes humaines ont été moindres pendant la Seconde Guerre (600 000 morts environ) que pendant le premier conflit mondial. En revanche, les pertes matérielles sont beaucoup plus lourdes. Combats et bombardements ont détruit villes, usines, ponts, gares et voies ferrées. S’y ajoutent les pertes causées par l’exploitation intensive par l’occupant, d’une économie asservie.

Cependant, on peut parler de véritable élan dans la remise sur pied du pays ; les temps sont difficiles mais la paix restaure la confiance en l’avenir, comme en témoigne la vigoureuse reprise démographique du baby- boom, et l’aide américaine du plan Marshall permet de parer au plus pressé.
Dès 1945 et bien que la situation soit difficile, des mesures d’urgence sont prises : nationalisations de secteurs clés de l’économie (énergie, transport aérien, banques de dépôt, assurances) et de grandes entreprises (Renault), création de la Sécurité sociale, des comités d’entreprise et mise en œuvre d’une planification économique dont la responsabilité est confiée à Jean Monnet.

La IVe République

De Gaulle quitte le gouvernement en janvier 1946 n’étant plus soutenu par les forces politiques issues de la Résistance. Il faut ensuite deux assemblées constituantes élues au suffrage universel (le vote des femmes a été instauré en 1944) et trois référendums pour que soit enfin adoptée la Constitution de la IVe République, promulguée le 27 octobre 1946, qui institue une Assemblée nationale toute-puissante et un Président aux pouvoirs limités.

Aux divisions politiques internes s’ajoutent bientôt celles nées de la guerre froide et de la décolonisation. Malgré l’opposition des communistes, la France affirme son atlantisme et se range résolument dans le camp occidental. Par ailleurs, après la division de l’Allemagne, la France opte pour une politique d’entente avec la RFA qui sera à la base de la construction européenne.

Les relations internationales sous tension

La IVe République devra faire face à une grave crise engendrée par la décolonisation. Celle-ci commence en Indochine, d’où la France doit se retirer après huit années d’une guerre difficile. Pierre Mendès France, président du Conseil, met fin au conflit (accords de Genève, le 20 juillet 1954). Le Maroc et la Tunisie deviennent indépendants en 1956, tandis qu’une décolonisation pacifique s’amorce en Afrique noire. La décolonisation de l’Algérie, en revanche, donne lieu à un conflit qui durera de 1954 à 1962 et sera fatal à la IVe République.

La France depuis 1958

La Ve République

A la suite d’émeutes de Français d’Algérie, le 13 mai 1958 à Alger le général de Gaulle est appelé par le président de la République, René Coty, à assumer la direction du gouvernement. Il met en chantier l’élaboration du texte constitutionnel qui va organiser le nouveau mode de fonctionnement des institutions. La Constitution de la Ve République est adoptée par référendum le 28 septembre 1958. Elle accorde une place éminente au président de la République. De Gaulle est investi de cette fonction suprême par un collège de députés, sénateurs et élus locaux, le 21 décembre 1958.

La décolonisation et les Trente Glorieuses

C’est à partir de 1960 que les pays d’Afrique française accèdent à l’indépendance et vont garder avec la France des liens privilégiés. Les accords d’Evian approuvés massivement par un référendum le 8 avril 1962 mettent fin au conflit algérien en accordant l’indépendance à ce pays. Par ailleurs, de Gaulle fait adopter l’élection du chef de l’État au suffrage universel direct. Il est élu président le 19 décembre 1965.

La prospérité économique et l’assainissement monétaire permettent au général de Gaulle de mener une politique extérieure très active. Son but est d’affirmer l’indépendance et le rôle mondial de la France. Cependant, au cours des années soixante, les profondes mutations de l’économie française, ainsi que les changements sociologiques importants qu’enregistre le pays suscitent des inquiétudes et des aspirations sociales nouvelles. Les évènements de mai-juin 1968 catalysent ces revendications. Moins d’un an plus tard le général de Gaulle quitte définitivement le pouvoir.

La République après de Gaulle

Georges Pompidou lui succède (élection du 15 juin 1969). Après la mort prématurée de ce dernier, Valéry Giscard d’Estaing est élu président de la République, le 19 mai 1974. Le septennat de V. Giscard d’Estaing s’accomplit sur fond de changement économique radical, la forte croissance des Trente Glorieuses s’achevant au milieu des années soixante-dix et la France entrant dans une crise durable. D’importantes réformes sont cependant accomplies : majorité à dix-huit ans, autorisation de l’interruption volontaire de grossesse (IVG), fin de la censure au cinéma et dans l’audiovisuel.

Alors que la majorité au pouvoir connaît des dissensions politiques croissantes, l’opposition met en place, dans les années soixante-dix, une stratégie de conquête du pouvoir sous la direction de François Mitterrand et, pour la première fois sous la Ve République, la gauche accède au pouvoir, avec l’élection de F. Mitterrand à la présidence de la République en mai 1981. Il est élu pour un second septennat en 1988. Ses deux septennats sont  marqués par un ensemble de mesures sociales. En 1995, Jacques Chirac est élu à la présidence de la République. Il est réélu en mai 2002 pour cinq ans. Nicolas Sarkozy lui succède de 2007 à 2012, son mandat est marqué par la crise de la zone euro. François Hollande est l'actuel président, et il remettra son mandat en jeu en 2017.

La cohabitation a sans doute été la grande nouveauté politique de la période récente. Elle intervient quand le président de la République et le gouvernement issu de la majorité parlementaire appartiennent chacun à l’un des camps qui se partagent la vie politique en France.

Drapeau et hymne

Le drapeau tricolore français a été créé en 1789, dessiné sous sa forme actuelle en 1794 par le peintre David, et définitivement adopté en 1848. Le blanc symbolise la royauté et, par extension, l’Etat. Le bleu et le rouge étant les couleurs du peuple parisien, encadrant donc la dynastie. A l’origine du drapeau : le roi Louis XVI, le général de La Fayette et Jean-Sylvain Bailly, maire de Paris en 1789. L’emblème se civilise en 1848, sous la IIe République, et devient un attribut national à part entière. Il apparaît aujourd’hui sur tous les bâtiments publics et la transmission du drapeau, lors de la Fête nationale du 14 juillet constitue toujours un moment fort du sentiment patriotique français. Le drapeau français a inspiré celui de la Belgique, de l’Italie, de la Roumanie, ainsi que certains d’Amérique du Sud ou d’Afrique francophone.

La Marseillaise, hymne français composé en 1792 par Rouget de l’Isle et initialement intitulé « Chant de guerre pour l’armée du Rhin », a été utilisé pour galvaniser les troupes affrontant la Prusse et l’Autriche, soucieuses de rétablir la monarchie en France. En 1879, la IIIe République établit la Marseillaise comme l’hymne national. Si ses paroles sont parfois critiquées pour leur caractère guerrier, l’hymne est souvent repris à l’étranger par des combattants de la liberté, de l’indépendance ou de la révolte publique. Son apprentissage est obligatoire en France depuis 2005.

Voir l'étude de Notre Europe - Institut Jacques Delors

Culture

Après la Renaissance littéraire, avec Pierre de Ronsard (1524-1585) et François Rabelais (1494-1553), viennent les peintures satiriques de la société, avec La Fontaine et Molière. Les philosophes qui jalonnent le XVIIIème siècle, Montesquieu, Voltaire, Rousseau, posent des principes fondamentaux de la conception moderne de l’Etat.

Le XIXème siècle est celui des romans, avec Honoré de Balzac, Victor Hugo et Emile Zola. La peinture développe une variété importante de styles, du classicisme au cubisme en passant par l’impressionnisme. Quant au cinéma, Georges Méliès, Jean Renoir, Marcel Pagnol, puis Jean-Claude Godard et François Truffaut ont contribué à sa richesse.

Paris est également internationalement connu comme la capitale de la mode. Coco Chanel, Christian Dior, Yves Saint Laurent entre autres ont fait sa renommée.

Victor Hugo (1802-1885)

A quatorze ans, il écrit : "je veux être Chateaubriand ou rien". Il s’engage contre le classicisme et défend le romantisme.

Il est l’auteur de nombreuses pièces de théâtre (Hernani, Lucrèce Borgia, Ruy Blas), drames en vers (Cromwell), romans (Les misérables, Notre Dame de Paris, Les contemplations, Quatre-vingt-treize). Après l’interdiction de sa pièce le Roi s’amuse, il plaide lui-même la cause de la liberté d’expression lors du procès.

En 1848, il soutient la candidature de Louis-Napoléon Bonaparte à la présidence de la République avant de le considérer comme un tyran (Napoléon le Petit, les Châtiments), et défend à l’Assemblée la liberté de l’enseignement, le suffrage universel et la liberté de la presse. Il est à nouveau élu député à la chute de l’Empire.

Pasteur (1822-1895)

Sans aucun doute l’un des plus grands scientifiques français, il s’oppose aux partisans de la génération spontanée, sur lesquels il finit par avoir le dernier mot.

Il travaille sur les levures et la fermentation de la bière, met au point avec son équipe le filtre Chamberland.

Sa découverte du staphylocoque (microbe) est suivie par la découverte du premier vaccin en 1881. En 1885, il met au point le vaccin contre la rage. Ses travaux obtiennent un accueil enthousiaste à l’Académie des Sciences.
L’institut pasteur naît en 1888.

Claude Monet (1840-1926)

Cet artiste-peintre français est lié au mouvement impressionniste. C'est en étudiant aux Beaux Arts à Paris qu'il fait la rencontre de Pierre-Auguste Renoir, avec qui il fondera le mouvement artistique impressionniste.

L'une des ses oeuvres les plus fameuses, représentant un paysage du port du Havre, "Impression, soleil levant" fut présentée en 1872. Mais elle suscita des critiques hostiles, notamment par Louis Leroy du Charivari qui, inspiré par l'intitulé de ce tableau, s'était servi du mot "impression" pour se moquer du style des exposants.

En 1882, il emménage dans l'Eure dans une maison à Giverny, où son installation d'un jardin d'eau avec un étang aux nymphéas lui inspirera quelques-unes de ses toiles les plus connues, dont les toutes dernières.
En 1886, Paul Durand-Ruel lui ouvre les portes du marché américain : la reconnaissance officielle qu'il obtient outre-atlantique a pour contrecoup de développer le marché de l'art impressionniste en France dans les années 1890.

À la fin de sa vie, Monet souffrait d'une cataracte qui altéra notablement sa vue, et eut un impact croissant sur ses derniers tableaux.

Edith Piaf (1915-1963)

Selon la légende, elle serait née sous un lampadaire rue de Belleville.
Dans l’entre-deux-guerres, la Môme Piaf rencontre le succès à Paris. Elle tourne pour le cinéma et joue au théâtre, montrant un grand talent pour l’art dramatique.

En 1949, la mort brutale du boxeur Marcel Cerdan transforme leur histoire en tragédie et marque le début d’une longue dépression pour la chanteuse.
Après un accident de voiture, elle devient accro à la morphine, qui, cumulée à l’alcool, détériore sa santé. La garçonne atteint à cette époque le sommet de sa carrière et suit plusieurs cures de désintoxication. En 1960, aux Etats-Unis, elle s’effondre sur scène et est opérée d’urgence. Quelques mois avant de s’éteindre, elle tombe dans le coma.

Sa voix extraordinaire reste célèbre aujourd’hui, et ses titres (Mon légionnaire, Milord, Non je ne regrette rien, Mon manège à moi, Les amants d’un jour, L’hymne à l’amour) occupent une place centrale dans le patrimoine culturel français. 

Truffaut (1932-1984)

D’abord critique de cinéma, il réalise son premier court-métrage en noir et blanc en 1954. Il s’entretient avec Alfred Hitchcock pour les Cahiers du cinéma et assiste Roberto Rossellini sur certains projets. En 1958 débute le tournage des 400 coups, qui obtient le Grand prix à Cannes l’année suivante. Jules et Jim est tourné en 1961, puis La mariée était en noir en 1967 et Baisers volés en 1968. En 1977, il tourne dans Rencontres du troisième type de Steven spielberg. En 1980, Le dernier métro est mis en boîte.