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Conférence de sécurité à Munich : la guerre en Ukraine au cœur des échanges

La 59e édition de la conférence de Munich se tient du 17 au 19 février, près d’un an jour pour jour après le début de la guerre en Ukraine. Alors que le conflit s’enlise, les Occidentaux cherchent notamment à convaincre les autres puissances étrangères de prendre leurs distances avec la Russie.

En amont de la conférence, le secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg a prévenu que le conflit pouvait durer de "nombreuses années"
En amont de la conférence, le secrétaire général de l’Otan Jens Stoltenberg a prévenu que le conflit pouvait durer de “nombreuses années” - Crédits : Otan

La conférence de Munich sur la sécurité, qui se tient à partir d’aujourd’hui, a souvent été décrite comme le ‘Davos de la défense’, où les généraux remplacent les PDG”, commence France inter. Jusqu’au 19 février, les représentants de 150 pays se retrouvent dans la capitale bavaroise, qui accueille chaque année cette réunion consacrée à la sécurité internationale.

Objectif pour les Européens et les Américains cette fois-ci : “convaincre les pays émergents de choisir leur camp, entre les régimes autoritaires de Moscou et Pékin et l’ordre libéral international” [Les Echos]. Et ce, alors que “le soutien de la Chine à la Russie et le ressentiment des pays du Sud signalent la fin d’un ordre dominé par les puissances occidentales”, estime La Croix.

Outre le président français Emmanuel Macron et le chancelier allemand Olaf Scholz, la vice-présidente américaine Kamala Harris participera également à l’événement, accompagnée d’ ”une soixantaine de sénateurs et de membres de la Chambre des représentants” [Die Zeit]. Le chef de la diplomatie chinoise Wang Yi y est également attendu. Mais “pour la première fois depuis les années quatre-vingt-dix, les dirigeants russes ne sont pas invités”, note Die Zeit.

Munitions et sanctions

Les dirigeants occidentaux devraient renouveler leur engagement à soutenir Kiev aussi longtemps qu’il le faudra pour repousser l’agression russe, […] à la fois financièrement et militairement”, résume 20 Minutes. Il s’agira notamment “de déterminer la forme que pourrait prendre un soutien militaire supplémentaire”, explique notamment Die Zeit.

Les munitions sont devenues la priorité et le problème des alliés”, poursuit RFI. “Car en moyenne, depuis le début de l’invasion, l’armée russe a tiré plus de 20 000 obus par jour et les canons ukrainiens en ont consommé près de 5 000″, un nombre supérieur aux capacités de production des pays de l’Otan, ajoute la radio internationale. “Nous devons être préparés pour le long terme”, a insisté le secrétaire général de l’organisation Jens Stoltenberg dans un entretien à l’AFP, prévenant que le conflit pouvait “durer de très nombreuses années” [Le Parisien].

Dans ce contexte, de nouvelles sanctions occidentales contre Moscou doivent voir le jour autour du 24 février. Elles “cibleront des personnes, renforceront les restrictions bancaires et toucheront des pays tiers permettant à la Russie de contourner les sanctions” [Sud Ouest]. De son côté, le président français Emmanuel Macron souhaite évoquer les “moyens d’assurer la défaite de la Russie” et les “mécanismes” qui permettront à l’avenir de “garantir la sécurité” en Europe, a annoncé l’Elysée mercredi [Ouest-France].

Rallier les pays du Sud

Les tensions entre les Etats-Unis et la Chine, exacerbées par le survol du sol américain par un ballon chinois, risquent aussi de figurer en bonne place au menu des discussions à la conférence” [20 Minutes]. “Ces dissensions tombent mal à un moment où les Européens, notamment l’Allemagne et la France, espèrent toujours convaincre la Chine, qui reste un proche allié de Moscou, de faire pression sur Vladimir Poutine afin qu’il mette un terme à la guerre”, poursuit le média.

La relation avec Pékin n’est pas le seul enjeu pour les Américains et leurs alliés européens. A Munich, “les Occidentaux espèrent rallier les pays du Sud”, titrent en effet Les Echos. Pourtant, “un an après le début de la guerre en Ukraine, le monde retombe dans l’ère de la confrontation des blocs”, estime Handelsblatt. “Les grands pays émergents et autres nations en développement d’Afrique et d’Asie pourraient être contraints à un moment donné de choisir” un camp, selon le journal d’outre-Rhin.

Car “la guerre en Ukraine a mis à nu la distance entre ‘l’Ouest et le reste’ du monde”, relève La Croix, citant un rapport publié en amont de la conférence par ses organisateurs. Aux Nations unies, “une majorité de pays du Sud ont condamné l’agression russe ou l’annexion des quatre régions ukrainiennes, mais un nombre significatif d’entre eux se sont abstenus”, rappelle le journal. Et “aucun pays d’Afrique ni d’Amérique latine n’a rejoint la coalition qui impose des sanctions à la Russie” [Les Echos]. “A leurs yeux, l’Occident a souvent été un simple spectateur des conflits meurtriers dans leurs propres régions”, souligne le quotidien économique.

Si elles veulent reconstruire un nouvel ordre du monde, “les démocraties occidentales […] devront démontrer que leurs indignations ne sont pas à géométrie variable et s’engager sur des sujets qui intéressent l’ensemble de la planète, comme le développement, les infrastructures globales, l’énergie et le climat, la santé, la sécurité alimentaire ou la prolifération nucléaire”, abonde La Croix. “Plus facile à dire qu’à faire”, car “dans le désordre mondial qui s’annonce, plus rien ne sera comme avant”, conclut le journal.

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