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Les farines animales font leur grand retour dans nos assiettes

Actualité 03.06.2013

La soupe de poisson pourrait ne plus jamais avoir la même saveur. L'autorisation européenne de réintroduction des farines animales dans l'alimentation des poissons d'élevage est entrée en vigueur samedi 1er juin. Un régime alimentaire validé par la Commission européenne le 14 février dernier.

Auparavant interdites dans l'Union européennes depuis 2001 suite à la crise de la "vache folle", farines de porc et de volailles peuvent de nouveau alimenter les poissons d'élevages de l'Union européenne. Doit-on craindre une nouvelle crise sanitaire ? Composées de sous-produits d'animaux impropres à la consommation, les farines animales commercialisées dans les années 90 pour alimenter les poissons, volailles et ruminants ne sont pas celles que nous retrouverons au menu du vendredi. Baptisées "protéines animales transformées" (PAT), la nouvelle génération de ces farines de porc et de volailles ne devrait comporter que des sous-produits propres à la consommation humaine.

Une décision qui, pour l'UE "améliorera la durabilité à long terme du secteur de l'aquaculture, car ces PAT pourraient être un substitut précieux aux farines de poisson, qui sont une ressource rare". Simple mise en garde : préserver les espèces du cannibalisme.

Pourtant, les poissons ne devraient pas être les seuls à s'en mettre plein la panse. La Commission européenne entend en effet "proposer une autre mesure pour réintroduire l'utilisation des PAT de porc et de volailles pour les volailles et les porcs". Une mesure qui ne devrait pas être mise sur la table des négociations avant 2014.

En pleine crise de défiance des consommateurs envers l'industrie agroalimentaire, la France s'était opposée à cette nouvelle disposition.  Le ministre de l'Agroalimentaire Stéphane Le Foll tient à préciser le caractère "heureusement" non-contraignant de la mesure européenne. "Il faudra la mettre en œuvre au plan français avec un véritable esprit de responsabilité de nos industriels", a-t-il indiqué. Le 17 février dernier, la ministre de l'Ecologie, Delphi Batho, avait invité à la création d'un label "sans farine animale", une garantie pour le consommateur.