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[Le Récap'] Rentrée européenne d’Emmanuel Macron, axe Rome-Budapest et violences en Allemagne : les 3 infos de la semaine à retenir

Actualité 31.08.2018

À l’approche des élections européennes de 2019, des alliances politiques commencent à se dessiner. Avec d’une part un camp voulant accentuer la coopération européenne, que le président français ambitionne de rassembler autour de lui. Et avec d’autre part, un camp résolument anti-immigration, porté par la Hongrie et l’Italie. Probable sujet phare de la campagne électorale, l’immigration est aussi un sujet de troubles en Allemagne, qui connaît des violences xénophobes et une résurgence néonazie.

Emmanuel Macron et Lars Løkke Rasmussen

Emmanuel Macron et Lars Løkke Rasmussen - Crédit : @EmmanuelMacron / Twitter

Emmanuel Macron veut prendre la tête des progressistes européens

Très attendu, Emmanuel Macron a prononcé un long discours en ouverture de la conférence annuelle des ambassadeurs de France, lundi 27 août. Sur les questions européennes, le chef de l’État a notamment insisté sur les avancées relatives à l'Europe de la défense, parlant d’une Union européenne "qui ne peut plus remettre sa sécurité aux seuls Etats-Unis". Le journal Le Monde rapporte ainsi ses propos : "c’est à nous, aujourd’hui, de prendre nos responsabilités et de garantir la sécurité, et donc la souveraineté européenne".

Concernant le voisinage de l’Europe, M. Macron a affirmé vouloir conserver de bonnes relations avec le Royaume-Uni après le Brexit, mais en rappelant qu'elles ne devront pas se faire "au prix de la dissolution de l’Union européenne". Comme l'indique Ouest France, le président français a également profité de ce discours pour réitérer son opposition à l'adhésion de la Turquie à l'UE – qui n’est certes plus vraiment à l’ordre du jour depuis 2016. Emmanuel Macron a ainsi pointé du doigt la politique du présidant Erdogan, qu'il a qualifiée de "panislamique et [allant] à l’encontre de nos valeurs européennes".

Le chef de l'État a enfin fait référence aux populismes et aux partis d’extrême droite, dont la montée en puissance se poursuit dans de nombreux pays de l’Union. C’est d'ailleurs notamment dans l'optique de construire une alliance progressiste que M. Macron s'est envolé le lendemain pour une visite au Danemark, qui ne partage toutefois l'ensemble de ses vues sur l'approfondissement de l'intégration européenne. "Le président français veut donc jouer la carte personnelle et aller à la rencontre de tous ses homologues, même les plus frileux à l'égard de ses projets européens", analyse BFM Business.

Après Copenhague, la tournée diplomatique du président s’est poursuivie mercredi 29 août en Finlande. Et le 6 septembre, c'est au Luxembourg que se rendra M. Macron.

Viktor Orban et Matteo Salvini, une alliance d’apparence ?

Viktor Orban et Matteo Salvini - Crédits : @matteosalvinimi / Twitter

Une autre rencontre au sommet s'est déroulée mardi 28 août, à Milan, entre le ministre de l’Intérieur italien Matteo Salvini et le Premier ministre hongrois Viktor Orban. Les deux hommes, qui ont des positions convergentes sur le plan migratoire, ont en effet tenu à afficher leur rapprochement politique. "J'espère que cette rencontre sera la première d'une longue série pour changer le destin de l'Italie, de la Hongrie et de la totalité du continent européen", a déclaré Matteo Salvini, cité par France 24, à l'issue de la rencontre.

Cependant, si la proximité de vues de MM. Salvini et Orban peut paraître évidente, développant tous deux un discours xénophobe et anti-immigration, les intérêts de chacun restent largement divergents. Là où l’Italie réclame une répartition des migrants arrivés sur ses côtes vers les autres pays européens, l’exécutif hongrois est de fait radicalement opposé à ce mode de fonctionnement, analyse Sylvain Kahn, enseignant à l’Institut d’études politiques de Paris, interrogé par Toute l'Europe.

De plus, comme le souligne Slate, si ce rapprochement plaît à son électorat, Viktor Orban "reste néanmoins vigilant afin de ne pas griller volontairement ses cartouches avec le Parti populaire européen", le groupe libéral-conservateur auquel appartient son parti – le Fidesz – au sein du Parlement européen. D'autant que le dirigeant y est la cible de nombreuses "réprobations internes contre sa droitisation exacerbée".

Violences xénophobes en Allemagne

Karl-Marx-Monument, à Chemnitz - Crédits : pisces2386 / iStock

Les questions migratoires, actuellement omniprésentes en Europe, se trouvent également au cœur des événements qui ont secoué l’Allemagne, dimanche 26 août. "La mort d'un Allemand de 35 ans, poignardé dans une rixe impliquant entre autres un Syrien et un Irakien", a en effet entraîné d'importantes réactions [Europe 1]. De violentes manifestations ont éclaté dans la ville de Chemnitz, dans le Land de Saxe à l'est du pays, à l’initiative de militants locaux du parti d’extrême droite Alternative für Deutschland (AfD) et du mouvement xénophobe Pegida. Les manifestations se sont accompagnées de violences racistes contre des étrangers.

Le Monde indique que pourtant la "région ne compte que 4,4% d’étrangers au sein de sa population". Par opposition, l’extrême droite et les groupuscules néonazis y sont fortement implantés pour des raisons historiques. La chancelière allemande Angela Merkel s’était élevée contre ces "chasses" : "nous avons vu la haine dans la rue, et cela n'a rien à voir avec un État de droit", a-t-elle déclaré le 28 août. Interviewés par la chaine de télévision franco-allemande Arte, des réfugiés résidant dans le centre d’accueil local déclarent vouloir quitter la ville et être terrifiés à l’idée de sortir le soir.