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L'action de la BEI en Méditerranée : l'exemple du Maroc

Actualité 19.11.2010

420 millions. C'est, en euros, le montant global des deux prêts accordés la semaine dernière par la Banque européenne d'investissement au Maroc, qui permettront l’extension du port de Tanger Med et la construction de 172 km d’autoroute entre Casablanca et la région sud-est de Tadla-Azilal. Deux projets qui s'inscrivent dans le sens de la modernisation engagée depuis plusieurs années par le Royaume du Maroc.

Le Maroc modernise ses infrastructures de transport avec le soutien de la BEI

Pour Philippe de Fontaine Vive, Vice-Président de la BEI en charge de la FEMIP, "à travers les financements octroyés aujourd’hui en faveur du complexe portuaire de Tanger Med et du réseau autoroutier, la BEI témoigne à nouveau de son engagement aux côtés du Royaume dans sa politique de modernisation de ses infrastructures. Ces investissements vont renforcer l’attractivité du Maroc et favoriser son développement économique. Je me réjouis également de leur impact direct sur l’amélioration de la vie quotidienne des populations concernées"

Voir l'interview de M. de Fontaine Vive

Favoriser le transport comme clef d'un développement économique durable en Méditerranée, tel est l'objectif de l'engagement de la Banque européenne d'investissement aux côtés du Royaume du Maroc dans sa politique de modernisation de ses infrastructures.

Dans cette dynamique, la BEI a accordé mercredi 10 novembre 2010 un prêt de 220 millions d'euros pour la construction de 172 kilomètres d'autoroute entre Casablanca et la région sud-est de Tadla-Azilal. La construction de cet axe, dont l'ouverture est prévue en juin 2013, s'inscrit dans le cadre du nouveau programme autoroutier de 384 km qui devrait être réalisé d'ici 2015.

Lors de cette signature, organisée en présence du ministre marocain de l'Equipement, M. Karim Ghellab, à Rabat le Vice-Président de la BEI, M. Philippe de Fontaine Vive, a rappelé les objectifs de ce projet :

  • Rapprocher, dans des conditions de sécurité pour les usagers et respectueuses de l’environnement, cette région du centre administratif et économique du pays composé de Rabat et Casablanca afin d’accélérer le développement des régions desservies, notamment la plaine de Tadla, les montagnes du Haut Atlas (Azilal) et au-delà, le Moyen Atlas (Khénifra)

  • Promouvoir plusieurs secteurs d’activité (agriculture, agro-industrie et tourisme) essentiels au développement économique du Royaume. La région desservie jouit en effet de plusieurs richesses naturelles : le gisement de phosphate le plus important du pays à Khouribga, une zone agricole de premier choix à Béni Mellal et les paysages de l’Atlas.

Tramaway rabat-saléL'action de la BEI au Maroc dans le domaine des transports bénéficie également d'un exemple remarquable en matière de transports urbains : le tramway de Rabat-Salé.

Ce projet prévoit la construction de deux lignes de tramway qui relieront Rabat à Salé. La première ligne aurait une longueur de 11,7 km et comporterait 22 stations tandis que la seconde ligne serait de 7,8 km avec 14 stations. Il répond aux besoins quotidiens de transport de 400 000 habitants, et en particulier les étudiants, qui sont 72 000 à être potentiellement intéressés par ce nouveau service de transport : ces deux lignes relieront plus de 100 centres éducatifs.

Le tramway contribuera à diminuer l’utilisation de l’automobile et du bus en milieu urbain et aura un impact positif sur l’environnement.

Pour la réalisation de ce projet, la BEI a accordé au Maroc un prêt de 15 millions d'euros en 2009, pour un coût total de 346 millions d'euros environ. Le tramway, qui effectue déjà ses premiers essais à Rabat, devrait être terminé à la fin de l'année. Sa mise en service sera progressive et devrait être effective au printemps 2011.

La construction du tramway de Rabat est à l'image de l'évolution de la capitale marocaine, dynamisme qui touche aujourd'hui l'ensemble du Maroc. Le pays assiste à l'émergence d'une classe moyenne, plus urbaine, à qui il faut fournir des moyens de transport adaptés, pratiques et peu chers. Le tramway permettra ainsi désengorger les lignes de bus, aujourd'hui surchargées.

Autre signe de cette évolution, la création de villes nouvelles, dont celle de Tamesna qui prévoit la construction, entre autres, de logements sociaux, s'inscrivant dans la politique marocaine de lutte contre les bidonvilles, ainsi que des villas "économiques" destinées à cette nouvelle classe moyenne. Accéder à la propriété est l'objectif de 90% des Marocains aujourd'hui.

Tanger Med : un port en pleine expansion

M. de Fointaine ViveJeudi 11 novembre, M. de Fontaine Vive a de nouveau apposé sa signature sur le contrat accordant cette fois-ci un prêt de 200 millions d'euros pour l'extension du port de Tanger Med.

Situé à 35 km de Tanger, le port de Tanger Med II offrira une capacité totale de 5,2 millions de conteneurs qui viendront s'ajouter aux 3 millions de conteneurs du port Tanger Med I. Il devrait entrer en service au second trimestre 2014.

La BEI avait déjà soutenu la construction de Tanger Med I, à hauteur de 40 millions d'euros destinés à l'acquisition de matériel de manutention. Le projet, lancé en 2004, a vu la mise en service du premier terminal en 2007. L'activité portuaire de Tanger Med est en constante progression puisqu'elle a été marquée en 2010 par une augmentation du trafic de l'ordre de 76% par rapport à 2009, sur la même période d'exercice.

Le coût total du projet est estimé à environ 800 millions d'euros. Le projet constitue une véritable porte ouverte du Maroc sur le monde, puisqu'il se situe d'ores et déjà en tête des ports internationaux de conteneurs. Il pourrait ainsi convaincre certaines grandes entreprises d'investir au Maroc, à l'image de Renault qui vient d'installer un site de production en septembre, qui devrait être opérationnel en 2012 et sera principalement dédié à l’exportation vers l’Europe de la gamme Dacia.

Les énergies renouvelables, priorité de l'Europe dans sa politique méditerranéenne

Parc éolien, (c) BEIDévelopper les énergies renouvelables sont l'une des priorités de l'action européenne en Méditerranée. Dans ce contexte, l'année même où elle ouvrait son bureau de la FEMIP (Facilité euro-méditerranéenne d'investissement et de partenariat) à Rabat, la BEI accordait à l'Office nationale de l'électricité (ONE) du Maroc un prêt de 80 millions d'euros pour le développement d'un parc éolien.

Situé entre entre Tanger et Tétouan, ce parc produit de l’électricité pour approvisionner le réseau public, permettant ainsi de faire ainsi face à l’augmentation de la demande d’électricité grâce à une source d’énergie aux retombées écologiques positives.

Le coût total de ce projet était de 150 millions d'euros.

 

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