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Crise financière : l'Europe prend les choses en main

Actualité 13.10.2008

Réunis dimanche 12 octobre à Paris pour un sommet extraordinaire, les 15 chefs d'Etat ou de gouvernement des Etats membres de la zone euro, ont adopté, en présence de Jean-Claude Trichet, président de la Banque centrale européenne, un plan d'action face à la crise financière qui ressemble à s'y méprendre à celui proposé la semaine dernière par le Premier ministre britannique, Gordon Brown. Ce dernier était d'ailleurs invité hier, de façon exceptionnelle, à assister aux débats de l'Eurogroupe.

L'Eurogroupe propose une "boîte à outils" ...

Réunis à Paris dimanche dernier, les 15 dirigeants des pays membres de la zone euro se sont accordés de façon unanime pour soutenir leurs banques en difficultés via des apports en capitaux et des garanties sur leurs financements.
carte de la zone euroLes Etats membres de la zone euro

Sur les 27 Etats membres de l'Union européenne, seuls 16 (15 avant le 1er janvier 2009) font partie de la zone euro. Qui sont-ils ? Découvrez-les grâce à la carte interactive

Le plan d'action proposé, qui s'inscrit dans le sillage des conclusions du sommet du G7, qui regroupe les 7 Etats les plus riches du monde (soit l'Allemagne, du Canada, des Etats-Unis, de la France, de la Grande-Bretagne, de l'Italie et du Japon), et qui s'est réunit le 10 octobre dernier à Washington, doit être soumis par Nicolas Sarkozy à l'ensemble de ses partenaires européens lors du Conseil européen des 15 et 16 octobre.

Il repose sur 6 grandes mesures sur lesquelles se sont accordés les Quinze :

  • assurer des liquidités suffisantes aux institutions financières ;

  • faciliter le financement des banques qui est actuellement contraint ;

  • apporter aux institutions financières les ressources en capital pour qu’elles continuent à financer correctement l’économie ;

  • apporter une recapitalisation suffisante aux banques en difficulté ;

  • assurer assez de flexibilité dans la mise en œuvre des règles comptables dans les circonstances exceptionnelles actuelles ;

  • renforcer  les procédures de coopération entre pays Européens.

Ce plan, annoncé par le président en exercice du Conseil de l'UE, Nicolas Sarkozy, reprend pour l'essentiel celui proposé la semaine dernière par le Britannique Gordon Brown, ce qui explique la présence exceptionnelle de ce dernier au sommet de l'Eurogroupe, le Royaume-Uni ne faisant pas (pour le moment) partie de la zone euro.

Les Etats membres de l'Eurogroupe vont ainsi garantir les crédits interbancaires pour une période temporaire, jusqu'au 31 décembre 2009. En effet, le blocage du marché interbancaire est au coeur de la crise. Les banques, par peur de la faillite, ne se prêtent plus entre elles. Celles qui ne trouvent pas les fonds nécessaires pour équilibrer leurs comptes peuvent très rapidement se retrouver en difficulté, comme cela s'est produit pour plusieurs établissements européens.

Faute de refinancement, elles gèlent les crédits aux particuliers et aux entreprises, menaçant ainsi l'ensemble de l'économie et du système financier. Cependant, le chef d'Etat français a précisé que ces garanties d'Etat seront "payantes" pour les institutions bancaires, rémunérées selon les taux du marché

Les 15 se sont également engagés à empêcher leurs banques les plus importantes de faire faillite, notamment en procédant à des opérations de recapitalisation.

... pour aider chaque Etat à sauver ses banques.

Eurogroupe

Créé par le Conseil européen en 1997, l’Eurogroupe a de facto vidé de sa substance le conseil des ministres des finances européens qui se tient le lendemain de la réunion de l'Eurogroupe dont il entérine les décisions. Le rôle de l'Eurogroupe a été renforcé par la nomination d'un président permanent, Jean-Claude Juncker, le Premier ministre et ministre des Finances luxembourgeois


Les chefs d'Etat ou de gouvernement de l'Eurogroupe ont affirmé leur volonté d'agir de façon concertée pour lutter contre la crise financière. Une décision attendue par les bourses, et saluer par les institutions financières internationales, dont le Fonds monétaire international, présidé par le Français Dominique Strauss-Kahn.

Cette coordination n'était pourtant pas évident au lendemain de la réunion du G4 (Allemagne, Grande-Bretagne, Italie et France) le 4 octobre dernier, qui avait laissé transparaître des volontés plutôt individualistes des Etats.

Ainsi, la Chancelière allemande Angela Merkel s'était fortement opposée à la création d'un fonds commun d'aide, pourtant soutenu par la France et l'Italie.

La chef du gouvernement allemand a cependant rappelé ce dimanche que les plans d'aide aux banques devraient être nationaux. Angela Merkel considère en effet que le plan annoncé est une "boîte à outils" que les Etats membres sont en droit d'utiliser ou non.

Ainsi, si aucun montant global n'a été annoncé pour ce plan, l'Allemagne, la France, l'Italie et doivent présenter cet après-midi de façon simultanée les détails de leurs programmes de sauvetage. En France, ces détails seront annoncés par Nicolas Sarkozy à la fin du Conseil des ministres.

Le plan d'action adopté dimanche 12 octobre sera soumis au vote des chefs d'Etat et de gouvernement des 27 Etats membres de l'Union européenne lors du Conseil européen des 15 et 16 octobre prochains.



Sources

Sommet des pays de la zone euro : déclaration sur un plan d'action concertée des pays de la zone euro - 12/10/08 - Présidence française de l'Union européenne
Réunion de l'Eurogroupe : Les Quinze prêts à s'unir pour sauver leurs banques - Revue de presse

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