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Arnaud Jullien : "Le désenchantement de la politique est flagrant parmi les jeunes à l'ouest"

Actualité 26.11.2010

Arnaud Jullien, un jeune réalisateur, a parcouru l’Europe pendant dix semaines pour recueillir des témoignages et ainsi lui donner un visage humain. Dans Europalive un documentaire de 52 minutes il expose les points de vue de citoyens européens sur des sujets divers tels l’argent, la politique ou leur hyme national. Interviewé par Touteleurope.eu il explique sa démarche et les résultats de son périple européen.  

Touteleurope.eu : En quoi consiste le projet Europalive ? Quelles étaient vos intentions de départ ?

Arnaud Julien : Au départ Europalive est un projet personnel, consistant à voyager dans un maximum des 27 pays membres de l'Union en 2 mois et demi. L'idée d'en faire un film est venu rapidement car je devais commencer ma formation en audiovisuel à la rentrée suivante. Je me suis donc équipé en matériel vidéo léger, et sans expérience ou presque j'ai préparé mon sujet et mes questions, tout en préparant au mieux mon réseau de contacts, mon budget et mon itinéraire en Europe. Je souhaitais récolter un maximum d'avis sur les mêmes questions, parmi toutes les classes de population de chaque pays, pour les comparer, de façon à avoir une idée concrète de ce que sont et pensent les Européens d'aujourd'hui.
Le Mouvement européen France et la Fondation Biermans-Lapôtre organise une projection du documentaire  Europalive  le 30 novembre à 19h30. En savoir plus ici.


TLE : Comment avez-vous choisi les personnes interviewées ?

AJ : Afin que les spectateurs puissent s'identifier, j'ai choisi d'interviewer ces 140 personnes dans leur langue natale, parmi chaque grande catégorie socio-économique, à savoir en l'occurrence, des retraités, des employés, des cadres, des chômeurs, des étudiants, des sans abris et des expatriés. Pour les trouver, je me rendais simplement dans la rue ou dans les parcs, parfois même j'étais invité chez eux pour faire connaissance et récolter leurs témoignages.


TLE : Que ressort-il du reportage ? Quels discours se répètent ? Avez-vous constaté de grandes tendances (géographiques…) ?

AJ: Il ressort essentiellement du reportage que nous ne sommes pas si différents que cela les uns des autres. Si nos conditions de vie ne sont pas égales ou parfois même comparables, du nord au sud ou de l'ouest à l'est, il y a encore beaucoup de travail à faire, de pédagogie et de communication à employer, afin de corriger certaines idées reçues, de nombreux préjugés et autant de clichés qui nous séparent et nous divisent, alors qu'en réalité nous voulons tous la même chose, à savoir vivre heureux les uns avec les autres, dans la paix et la prospérité.


TLE : Les personnes que vous avez rencontrées se sentent-elles européennes ?

AJ : Relativement peu de personnes ont spontanément exprimé cette idée d' "être Européen". C'est un concept trop vague pour être clairement exprimé la plupart du temps, parce qu'il n'y a pas encore à proprement parler d' "identité Européenne". Mais l'Europe est beaucoup plus concrète, en général, pour les personnes au dessus de 30 ans, car elles peuvent comparer les changements intervenus au cours de leur vie avant et après l'Europe, en quelque sorte.


TLE : Le regard vis-à-vis de la politique est-il globalement désabusé ?

AJ: J'ai été surpris par le grand écart entre les réactions des jeunes, des étudiants, de l'ouest à l'est. Leur désenchantement est flagrant à l'ouest, alors qu'à l'est et au centre, il y a une toujours une grande énergie pour un avenir meilleur, notamment en faisant partie de l'Union européenne.


TLE : Ce reportage a-t-il modifié votre propre vision de l'Europe ?

AJ : C'est tout l'objet de ce reportage et de ce projet : comparer nos points de vues d'Européens et débattre des sujets évoqués dans le film, rassurer en montrant nos ressemblances où se retrouvent même nos différences, et inciter les gens, quel que soit leur milieu ou leu âge, à rester ouvert, curieux des autres, à voyager et à faire des rencontres. Dans le contexte actuel, c'est très important et même urgent de combattre les vieux démons de la peur, de la xénophobie et de l'ignorance.


TLE : Quels sont maintenant vos projets ?

AJ : Aujourd'hui je travaille à l'écriture de trois projets de documentaires que je compte soumettre aux sociétés de production susceptibles de s'y intéresser. Europalive était un projet autofinancé, que j'ai voulu contrôler de bout en bout et j'ai beaucoup appris, mais tout faire soi-même est éreintant. J'espère toutefois qu'il servira à montrer quelles sont mes capacités et le potentiel de projets similaires, pour les professionnels de l'audiovisuel mais aussi pour le public européen.


En savoir plus :

Projection de la série documentaire inédite sur les Européens « Europalive » - Mouvement européen France

Europe de la culture - Touteurope.eu