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[Revue de presse] Vaccins contre le Covid-19 : les Vingt-Sept inquiets face aux lenteurs des laboratoires

Réunis par visio-conférence depuis jeudi 25 février, les membres du Conseil européen ont consacré la première journée de ce sommet à la gestion de la pandémie de Covid-19, rendue plus compliquée par la propagation des variants du virus dans l'UE.

Depuis hier, le président de la République Emmanuel Macron participe à une réunion par visio-conférence en compagnie des membres du Conseil européen
Depuis hier, le président de la République Emmanuel Macron participe à une réunion par visio-conférence en compagnie des membres du Conseil européen - Crédits : Conseil européen

Aucun d’eux n’aurait imaginé, la première fois que le Covid-19 les a obligés à se réunir en visioconférence, que cela deviendrait un mode de communication habituel” , écrit Virginie Malingre pour Le Monde. “Jeudi 25 février, [les chefs d’Etat et de gouvernement] se sont une nouvelle fois parlé par écrans interposés, pour évoquer cette crise qui n’en finit pas” , poursuit la journaliste. “Les citoyens sont de plus en plus lassés par le Covid” , a déclaré la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, également présente à la réunion, résumant ainsi l’ambiance générale dans laquelle s’est tenue le sommet.

L’année a été très éprouvante, mais nous ne devons pas relâcher nos efforts. Non seulement la situation reste grave dans de nombreuses régions d’Europe, mais nous devons également faire attention aux variants qui se répandent” , a-t-elle mis en garde [Politico]. En effet, “le [variant] britannique est présent dans tous les Etats membres sauf un, le sud-africain dans quatorze, et le brésilien dans sept” , a listé la cheffe de l’exécutif européen. Un constat face auquel “les Vingt-sept ne cachent pas leur inquiétude” . A l’image du Premier ministre tchèque Andrej Babiš, qui a qualifié la situation dans son pays de “désastre” au cours de la réunion [Le Monde].

Accélérer la production de vaccins, parer aux risques des nouveaux variants du virus, mieux coordonner les restrictions imposées aux frontières internes à l’Union, lancer le débat sur un certificat de vaccination” , ce ne sont pas les sujets de discussion qui ont manqué. Mais “s’il faudra encore des mois avant de résoudre ces questions” [La Libre], l’enjeu de cette réunion était avant tout “d’avoir un échange d’expériences entre dirigeants, car dans une période où la visibilité n’excède pas la dizaine de jours, chacun a besoin de savoir comment son voisin gère la crise” , selon les confidences d’un diplomate aux Echos.

Manque de confiance envers les laboratoires

L’incapacité à accélérer les vaccinations a été de loin la question la plus frustrante à laquelle les dirigeants ont été confrontés au cours de la réunion” alors que “seulement 6,4 % de la population de l’UE a reçu un vaccin” , écrit Politico. Un chiffre qui a poussé le nouveau Président du conseil italien Mario Draghi à dresser un bilan sombre deux mois après le lancement coordonné des campagnes de vaccination en Europe : “On a les moyens, le savoir-faire, l’expertise. Mais on est en retard” , a-t-il lancé à ses homologues, rapporte Le Monde. L’ancien président de la Banque centrale européenne a également rappelé que les Vingt-Sept “[devaient] aller plus vite, beaucoup plus vite” , complète Politico. Face à ces inquiétudes, la présidente de la Commission européenne s’est voulue rassurante en affichant des projections selon lesquelles “d’ici à la fin du mois de juin, l’UE devrait recevoir près de 600 millions de doses de vaccins” . Insuffisant néanmoins pour apaiser les craintes, comme le confie une source européenne au Monde : “Les dirigeants européens restent sceptiques. Ils n’ont plus confiance dans la capacité des laboratoires à produire” .

Au cours de la réunion, les Vingt-Sept ont néanmoins salué “la création par la Commission d’une nouvelle task force dirigée par le commissaire au Marché intérieur Thierry Breton” [Politico], qui doit s’assurer que les laboratoires respectent leurs contrats et calendriers de production. Une “nécessité” , selon les chefs d’Etat et de gouvernement, donnant au passage “un coup de griffe à AstraZeneca, qui a bien du mal à convaincre de sa capacité à produire les doses sur lesquelles il s’était engagé” , observent Les Echos. “Les présidents des entreprises AstraZeneca, Moderna, CureVac et Novavax étaient d’ailleurs appelés jeudi après-midi à rendre des comptes devant la commission de la Santé publique (ENVI) du Parlement européen” , rapporte La Libre. Et si ces derniers ont promis “de faire tout leur possible” dans le but d’accélérer la cadence de production, “l’espoir est que le deuxième trimestre soit réellement celui d’une montée en régime” , indiquent Les Echos. Ce qui promet “des prochaines semaines […] difficiles sur le terrain de la vaccination ” , selon les mots de Charles Michel, qui présidait la réunion [Le Figaro].

L’épineuse question des passeports vaccinaux

En attendant des jours meilleurs, les dirigeants européens ont dû discuter d’une approche commune concernant leurs frontières intérieures. Avec pour principal sujet l’élaboration d’un certificat de vaccination que plusieurs pays “soucieux de préparer la saison d’été” réclament, “notamment la Grèce, l’Espagne ou encore l’Autriche” [Le Figaro]. “En séance, les Grecs auraient évoqué non plus un passeport vaccinal qui permettrait de voyager, mais une sorte de ‘green lane’ qui permettrait juste de voyager plus facilement” , affirme Le Soir. Une position que plusieurs Etats membres ne partagent pas encore : “la France, l’Allemagne, les Pays-Bas et la Belgique sont beaucoup plus prudents. La réflexion va se poursuivre” , énumère Le Figaro. Ces pays craignent entre autres qu’un régime de circulation à deux vitesses s’instaure en Europe au détriment des personnes non vaccinées. Un argument mobilisé notamment par le président français Emmanuel Macron, cité par Politico : “Je n’accepterai pas un système qui conditionne l’accès à tel ou tel pays sur un certificat. Nos jeunes n’auront pas été vaccinés d’ici fin juin, début juillet” .

Une troisième proposition, portée par l’Autriche a également été mise sur la table : “soutenu par la Bulgarie, le chancelier autrichien Sebastian Kurz préconisait lui ‘un passeport vert [qui permettrait] de voyager ou d’accéder aux restaurants pour les personnes vaccinées mais également pour celles considérées comme ’ immunisées’ après avoir contracté le virus” , rapporte 20 Minutes. “Les Vingt-sept ont finalement confié à la Commission la tâche d’élaborer les conditions techniques d’un certificat vaccinal (élément à prendre en compte, support informatique, interopérabilité…)” dans un délai de trois mois avec pour objectif que ce dernier soit “effectif d’ici l’été” , conclut France 24.

Quant aux frontières, il en a été peu question. […] Les restrictions mises en place ces derniers jours trouvent, au final, peu d’écho du côté de la majorité des chefs d’État et de gouvernement, dès lors que les flux de marchandises et de services circulent correctement sur le marché intérieur” , estime Le Figaro. Une décision qui semble conforter les décisions du Premier ministre belge Alexander de Croo d’interdire les” voyages non essentiels, malgré les rappels à l’ordre de la Commission” , selon Le Soir. “Les Vingt-sept s’étaient initialement promis de n’adopter que des mesures ‘proportionnées’ et ‘non discriminatoires’ mais les variants ont changé la donne, incitant certains gouvernements à refermer leurs frontières” , conclut 20 Minutes.

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