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[Revue de presse] Nucléaire iranien : l'UE veut contourner les sanctions américaines

Revue de presse 25.09.2018

C'est au cours de l'Assemblée générale des Nations unies que les signataires de l'accord sur le nucléaire iranien se sont rassemblés à New York, lundi 24 septembre. La haute représentante de l'Union européenne Federica Mogherini a présenté un plan hors du commun : une "entité ad hoc" (Special Purpose Vehicle) pour contourner les sanctions américaines via un système de troc.

Helga Maria Schmid, Federica Mogherini et Mohammad Javad Zarif, à New York le 24 septembre 2018

Helga Maria Schmid, Federica Mogherini et Mohammad Javad Zarif, à New York le 24 septembre 2018 - Crédits : EC - Service Audiovisuel

Du troc pour éviter les transactions en dollars

"Les Européens vont créer une entité spécifique pour pouvoir continuer à commercer avec l'Iran, notamment pour l'achat de pétrole", rapporte Europe 1, et ainsi "échapper ainsi aux sanctions américaines". C'est au siège new-yorkais de l'ONU, que la cheffe de la diplomatie de l'Union européenne Federica Mogherini a présenté ce "système de troc sophistiqué" [Europe 1], lundi 24 septembre au soir "dans une déclaration lue […] conjointement avec le ministre iranien des Affaires étrangères" [France Info].

"Ce système permettra aux compagnies européennes de continuer à commercer avec l'Iran conformément au droit européen et pourrait être ouvert à d'autres partenaires dans le monde", a précisé Mme Mogherini, citée par France Info.

"Cette initiative vise à sauver l'accord sur le nucléaire iranien de 2015, malgré la sortie fracassante des États-Unis de ce texte en mai", ajoute la chaîne de radio. Mais "c'est un camouflet pour le président américain Donald Trump" : celui-ci devrait, en toute logique, tenter de "mobiliser contre l'Iran dans son discours à l'ONU", lors de son allocution à l'Assemblée générale, mardi 25 [France Info].

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"Nul doute que le président [iranien] Hassan Rohani appréciera", de son côté, "la proposition de Federica Mogherini", alors que "les États-Unis veulent maintenir une pression maximale sur l'Iran", rappelle Euronews : "les Européens viennent d'accorder une bouffée d'air à Téhéran". En revanche, M. Rohani exclut "de rencontrer Donald Trump cette semaine à New York". En effet, ce-dernier "s'échine à vouloir isoler l'Iran en faisant échouer l'accord international conclu en 2015 sur le nucléaire", poursuit le média européen.

Dans les faits, "ce système fonctionnera comme une bourse d'échanges ou un système de troc sophistiqué à partir de la vente de pétrole iranien, première ressource du pays", détaille France 24. L'Europe pourrait ainsi s'extraire de la dépendance au dollar pour les transactions internationales. À titre d'exemple, si "l'Iran vend du pétrole à l'Espagne et l'Allemagne des machines-outils à Téhéran, la somme correspondant à la livraison du pétrole servirait directement à payer le fournisseur allemand", explique le média international. "Ce mécanisme 'immunise' acheteurs et vendeurs en évitant des transactions en dollars qui pourraient les exposer à des sanctions américaines" [France 24].

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Sauver l'accord sur le nucléaire iranien

Pour rappel, "le président des Etats-Unis, Donald Trump, s’est retiré en mai de l’accord international sur le nucléaire iranien" [Le Monde]. Résultat de près de 10 ans de négociations, cet accord avait pour objectif "d'empêcher Téhéran de se doter de la bombe atomique et de sortir parallèlement le pays de son isolement économique grâce à une levée des mesures qui l’étranglaient". Au rendez-vous de lundi soir, en marge de l'Assemblée générale de l'ONU, "les représentants des six pays signataires encore membres de l’accord – France, Royaume-Uni, Chine, Russie, Allemagne et Iran – étaient présents".

Mais avec la décision de sortir de l'accord, "Donald Trump a rétabli une série de lourdes sanctions visant aussi les entreprises ou pays étrangers qui continueraient de faire des affaires avec Téhéran", ajoute le Huffpost. Finalement, sous la contrainte, "nombre de grands groupes (Total, Daimler...) très engagés aux États-Unis ont depuis cessé toute activité avec l'Iran par craintes de représailles américaines". Le 4 novembre 2018, un nouveau coup sera porté par les États-Unis à l'économie perse : "une nouvelle vague de sanctions frappera directement les exportations de pétrole iraniennes et les opérations bancaires avec ce pays, qui va se retrouver de facto déconnecté des circuits financiers internationaux".

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Lundi toujours, "le président iranien Hassan Rohani a affirmé à la chaîne de télévision NBC que son pays avait choisi de rester pour l'instant dans l'accord nucléaire", souligne La Libre (Belgique). Pour l'Union européenne, "il s'agit de préserver les bénéfices économiques attendus par l'Iran en échange de son maintien dans l'accord et de son renoncement à un programme nucléaire militaire", a expliqué Mme Mogherini. "Les Européens sont déterminés à sauvegarder l'accord", a-t-elle ajouté selon le quotidien belge.