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[Revue de presse] Covid-19 : les Etats européens tâtonnent à l'approche de la saison touristique

Revue de presse 25.05.2020

Alors que le déconfinement se poursuit en Europe et que l'été approche, les gouvernements européens tentent de sauver la saison touristique en levant les contrôles aux frontières, mais maintiennent pour la plupart des mesures de prudence sanitaire.

A partir du mois de juillet, les touristes étrangers vont être autorisés à pénétrer sur le territoire espagnol et à fouler la place de la Puerta del Sol, l'un des lieux touristiques les plus attractifs de Madrid - Crédits : Photo BrasilNut1 / istock

A partir du mois de juillet, les touristes étrangers vont être autorisés à pénétrer sur le territoire espagnol et à fouler la place de la Puerta del Sol, l'un des lieux touristiques les plus attractifs de Madrid - Crédits : Photo BrasilNut1 / istock

"Coordination ? Mais quelle coordination ?" s'interroge Le Soir, faisant allusion à une recommandation émise par la Commission européenne à la mi-mai espérant synchroniser au mieux la réouverture des frontières au sein de l'Union européenne. Le quotidien belge rappelle en effet à quel point celle-ci se fait en ordre dispersé : "après l'Italie, la Grèce ou la Croatie, c'est au tour de l'Espagne d'annoncer en solo la reprise de la saison touristique".

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Samedi 23 mai, le gouvernement de Pedro Sánchez a en effet annoncé que "les arrivées de touristes [étrangers] seraient à nouveau autorisées à partir du mois de juillet", rapporte Courrier International. Dans les faits, cette décision doit néanmoins se préciser au cas par cas, nuance El País : “En pratique, pour permettre l’arrivée des voyageurs en seulement cinq semaines, des accords entre pays seront nécessaires. Si vous souhaitez recevoir des touristes à partir de juillet, vous ne pouvez pas attendre un grand accord européen, car cela semble compliqué en si peu de temps”.

L'Europe du Sud entre prudence sanitaire et relance du secteur touristique

L'enjeu est de taille pour le pays, où le tourisme représente 12 % du PIB [Forbes]. Une incertitude plane néanmoins, rappelle Le Monde : les voyageurs pénétrant sur le territoire espagnol devront-ils toujours, comme depuis le 12 mai, observer une période de quatorzaine ?  Ce "principe de précaution nécessaire (...) durera au moins jusqu’à la fin de l’état d’alerte, qui vient d’être prolongé jusqu’au 7 juin. Et sans doute au-delà", a indiqué Madrid, qui veut que l'Espagne "apparaisse comme une destination sûre". Au risque de brouiller le message : cette quatorzaine “avait été comprise comme le fait que les touristes étrangers n’étaient pas les bienvenus en Espagne ; elle a paralysé les efforts des grands voyagistes qui préparaient leur retour en Espagne”, affirme ainsi El País.

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L'annonce s'inscrit donc dans la lignée de celles déjà faites par d'autres pays d'Europe du Sud dont l'économie repose en grande partie sur le secteur touristique. Mais là encore, les conditions varient d'un pays à l'autre. L'Italie, qui imposait jusque-là des mesures de deux semaines d'isolement pour toute personne se rendant sur son territoire plus de 72 heures, a d'ores et déjà annoncé que ces restrictions étaient "appelées à disparaître dès le 3 juin, du moins en ce qui concerne les ressortissants des pays membres de l'UE" [Le Monde].

Beaucoup plus épargnée par la pandémie de Covid-19, la Grèce a quant à elle annoncé la reprise des vols internationaux à compter du 1er juillet. Et mis en place des "mesures incitatives", afin de se démarquer de la concurrence étrangère et d'attirer les touristes sur son sol cet été, note RFI. Ainsi, pas de tests obligatoires au départ ni de quatorzaine à l'arrivée, "même si, par ailleurs, les autorités grecques devraient théoriquement mettre en place une série de tests ponctuels".

Enjeux diplomatiques et juridiques

Plus au nord aussi, les gouvernements ajustent leurs politiques au gré des rapports de force. Après un accord mutuel pour exempter leurs ressortissants de quarantaine, le Royaume-Uni et la France semblent faire marche arrière. France Info évoque ainsi un "coup de froid diplomatique" entre les deux pays : "la France envisage une mesure de réciprocité après la décision des Britanniques samedi 23 mai d’imposer une quatorzaine obligatoire à tous les voyageurs qui se rendront au Royaume-Uni à partir du 8 juin". Seul pays d'Europe à avoir opté pour la stratégie de l'immunité collective, la Suède, très touchée par la pandémie proportionnellement à sa population, voit ses voisins lui imposer des mesures très restrictives, rapporte Alice Baudry de l'Institut Montaigne, interviewée par RFI : "Au Danemark, l’opposition veut rouvrir les frontières aux Norvégiens et aux Allemands, mais pas aux Suédois (sauf pour les travailleurs transfrontaliers). Le sentiment est le même en Norvège. Oslo demande d’ailleurs aux Norvégiens qui ont dû se rendre en Suède de respecter une quarantaine de 10 jours".

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En Allemagne, à l'inverse, la tendance est à l'assouplissement. Après avoir imposé le 9 avril une quatorzaine aux personnes arrivant dans le pays après avoir séjourné plusieurs jours à l'étranger, le pays revient sur ces mesures. Entretemps, un tribunal administratif de Basse-Saxe "a estimé qu'une quarantaine ne pouvait être imposée qu'à certaines conditions (…) et que toute mesure générale était attentatoire aux libertés individuelles" [Le Monde]. "Depuis ce jugement rendu lundi 11 mai, plusieurs Länder ont procédé à des assouplissements", poursuit le quotidien.

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