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[Revue de presse] Covid-19 : face aux divisions, l'identité de l'Union européenne en question

Revue de presse 03.04.2020

L'Union européenne se trouve à un tournant de son histoire contemporaine, estiment de nombreux médias du continent. Confrontée à des divisions sur la solidarité économique entre Etats du sud et du nord, et à des atteintes à ses valeurs, elle doit composer entre consensus et fermeté.

La présidente de la Commission Ursula von der Leyen a reconnu la lenteur de la réponse européenne à la crise du coronavirus, après que le Premier ministre du pays Giuseppe Conte a déploré le manque de solidarité des pays du nord de l'Europe - Crédits : Etienne Ansotte / Commission européenne

La présidente de la Commission Ursula von der Leyen a reconnu la lenteur de la réponse européenne à la crise du coronavirus, après que le Premier ministre du pays Giuseppe Conte a déploré le manque de solidarité des pays du nord de l'Europe - Crédits : Etienne Ansotte / Commission européenne

"Si nous sommes une union, le temps est venu de le prouver", a déclaré le chef du gouvernement italien Giuseppe Conte dans une interview à l’hebdomadaire allemand Die Zeit [L'Obs avec l'AFP]. Une manière pour le Premier ministre italien d'appeler à mettre un terme aux divisions qui obscurcissent les relations entre les Vingt-Sept depuis le Conseil européen du 26 mars dernier. "Le refus des Pays-Bas et de l’Allemagne" de mettre en place des "corona bonds" en soutien économique à l'Italie ou de l'Espagne, durement touchées par la pandémie de Covid-19, avait alors été ressenti comme "une gifle" par le gouvernement italien, et largement critiqué à Rome : "la solidarité ne correspond pas seulement aux valeurs de l’Union, elle est dans l’intérêt de tous", a ainsi déclaré le président de la République italienne, Sergio Mattarella [Mediapart].

Depuis, les positions se sont adoucies : le ministre des finances néerlandais Wopke Hoekstra s’est excusé pour "le manque d’empathie" que son pays aurait pu manifester. Dans une tribune parue dans le quotidien italien La Repubblica, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a également reconnu "qu’au début de la crise, face à la nécessité d’une réponse européenne commune, trop de gens n’ont pensé qu’à leurs propres problèmes domestiques", rapporte Mediapart. L'Union doit désormais "agir avant qu'il soit trop tard", appelle Sergio Mattarella [Politico].

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Question de vie ou de mort pour l'Europe

Dans le contexte actuel, la solidarité constitue un défi existentiel pour l'Europe, estiment ainsi de nombreux observateurs : "selon la réponse qu’elle apportera à l’Italie, l’Europe se brisera ou non", prévient Mediapart, pour qui "renoncer à aider l’Italie reviendrait de facto à accepter une dislocation accélérée de l’Europe". Le 9 avril prochain, "les ministres des Finances de la zone euro doivent présenter un projet détaillé de plan de soutien à l'économie", indique France Culture.

Mais plus important que les détails de ce plan de soutien, "les leaders d'Europe du sud ont imploré leurs partenaires du nord de reconnaître que le futur de l'Union européenne elle-même était en jeu", commente Politico. Car au-delà des répercussions économiques, ces divisions questionnent l'identité politique de l'UE et pourraient porter atteinte à sa perception dans l'opinion, s'inquiète Mediapart : "les Italiens eux-mêmes en sont à se poser la question : à quoi sert cette Union si même dans les moments d’extrême urgence, elle n’est pas capable de démontrer la moindre solidarité ?" De l'autre côté des Alpes, le retard de solidarité européenne reconnu par la présidente Ursula von der Leyen avait en effet été accueilli par "un vif dépit et une colère ouverte contre une Europe 'laide', voire 'morte'", rapporte L'Obs.

L'Union doit désormais prouver que "face au défi d'une époque, elle parvient à apporter une réponse à la hauteur de ce pourquoi elle a été créée", estime Giuseppe Conte [Politico]. "Sans quoi, elle s'éteindra", a également averti le Premier ministre portugais Antonio Costa.

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Préserver les valeurs

La solidarité n'est pas la seule valeur européenne qui semble mise à mal par la crise actuelle : en Hongrie, les pleins pouvoirs alloués au Premier ministre Viktor Orbán présentent un "risque de violations des principes de l'Etat de droit, de la démocratie et des droits fondamentaux", se sont inquiétés collectivement quatorze pays d'Europe de l'Ouest mercredi 1er avril [Les Echos]. Ursula von der Leyen a également "tiré la sonnette d'alarme" au cours d'une conférence de presse, où elle s'est dite "particulièrement préoccupée par la situation en Hongrie", rapporte Capital.

Au-delà des pleins pouvoirs, d'autres mesures portant atteinte aux libertés fondamentales inquiètent déjà en Hongrie : "la loi hongroise prévoit en effet des peines allant jusqu'à 5 années d'emprisonnement pour les journalistes qui propageraient de fausses informations", indiquent Les Echos. Mardi 31 mars, une proposition de loi a également été soumise. Elle pourrait "mettre un terme à la reconnaissance légale du genre pour les personnes transgenres", rapporte The Guardian.

Cette "dérive autocratique de plus en plus caractérisée" inquiète au sein même du PPE, le parti conservateur européen dont est membre – bien que suspendu – le Fidesz, le parti de Viktor Orbán, rapportent Les Echos. "Mercredi, le nouveau patron du PPE, Donald Tusk, a (…) appelé à 'reconsidérer' la relation avec le Fidesz une fois que la crise du coronavirus serait passée", indique le quotidien. Une position soutenue par plusieurs membres du PPE, souligne le média économique en ajoutant que "jeudi après-midi, treize partis nationaux membres de cette coalition ont écrit à Donald Tusk pour appeler à l'exclusion définitive du Fidesz".

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