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[Revue de presse] Climat : une COP24 marquée par l'incertitude

Revue de presse 03.12.2018

La 24e Conférence des parties sur le climat (COP24) a été lancée dimanche 2 décembre à Katowice en Pologne. Si l'importance de l'événement et la nécessité d'une lutte efficace contre le réchauffement climatique ne sont plus à démontrer, les observateurs restent très inquiets quant à l'engagement réel des décideurs politiques sur ces questions.

Le centre omnisports Spodek à Katowice accueille la COP24

Le centre omnisports Spodek à Katowice accueille la COP24 - Crédits : kefirm / iStock

Entre sentiment d'urgence et pessimisme

La 24ème Conférence des Parties (COP24) de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques ouvrait ses portes dimanche 2 décembre à Katowice, en Pologne. Trois ans après la signature de l'Accord de Paris engageant 168 pays signataires à limiter la hausse des températures mondiales à moins de 2 °C, l'événement a pour but de mettre ce dernier "sur les rails face à l'urgence climatique", alors que "les Nations unies tirent la sonnette d'alarme", explique Franceinfo. "Cette année devrait être l'une des quatre plus chaudes jamais enregistrées. Les concentrations de gaz à effet de serre dans l'atmosphère sont à un niveau record et les émissions continuent d'augmenter", selon les propos, dimanche, de Patricia Espinosa, la responsable climat de l'ONU.

Les négociations vont durer jusqu'au 14 décembre, avec pour objectif de "dresser un plan d’action pour lutter contre le réchauffement climatique", relate LCI. Confirmant l'urgence, "un récent rapport de l’Organisation météorologique mondiale table sur une augmentation de la température de 3 degrés avant 2100", alors que "l’accord de Paris consistait à limiter l’augmentation de la température à +2°C, voire à +1,5°C", continue le média. Depuis le début de la période industrielle, "la planète a déjà gagné +1°C".

Pourtant, la plupart des médias livrent un pronostic plutôt pessimiste de la COP24. Le Figaro rappelle ainsi que la conférence prend place cette année "dans une ville située au cœur du bassin minier polonais" et "ne devrait pas être marquée par des avancées significatives malgré la publication récente de plusieurs rapports alarmistes sur les émissions de gaz à effet de serre". En effet, "depuis la COP21 et l'Accord de Paris sur le climat, l'ambiance politique a fortement changé et la fragile unité qui avait prévalu en décembre 2015 ne semble plus être de mise trois ans plus tard".

"Pour l'heure, les signaux n'incitent pas à l'optimisme", abonde Europe 1. "La science montre clairement que nous avons seulement une décennie pour juguler les émissions de gaz à effet de serre", souligne Johan Rockströem, expert climat au Potsdam Institute for Climate Impact Research (PIK). Or, souligne le directeur général de Greenpeace Jean-François Julliard au micro de la radio française, "les COP, s'il n'y a pas d'engagements forts, ne servent à rien. On en est à la 24e et on voit bien le peu d'avancées, quasiment rien ne s'est passé".

Absence de nombreux dirigeants étrangers

Dans le même temps, à un millier de kilomètres de Katowice, "plusieurs milliers de personnes ont manifesté dimanche dans le centre de Bruxelles", appelant "le gouvernement belge à mener une politique climatique 'ambitieuse' pour limiter le réchauffement climatique", observe La Tribune de Genève. Mais l'engouement populaire pour la question climatique ne fait pas tout : un sommet d'une journée est prévu lundi 3 décembre, en ouverture de la COP24, mais "seuls une vingtaine de dirigeants sont confirmés".

Même constat pour RFI : "côté européen, Edouard Philippe était sans doute l'homme politique le plus important, mais le Premier ministre français a annulé sa visite à cause de la crise des 'gilets jaunes'". "Si la plupart des États européens seront représentés au niveau ministériel", souligne le média international, "l'Afrique est mieux lotie avec les présidents du Nigeria, du Bénin, du Sénégal, du Botswana, de Mauritanie ou encore du Congo".

Concurrence de l'emploi du temps international, "beaucoup de dirigeants déjà au G20, se sont décommandés", précise Ouest France, même si "certains pourraient venir en deuxième semaine, du 8 au 14 décembre". "Des Premiers ministres ont annoncé leur présence (Pays-Bas, Espagne, Australie…)", alors que "pour la France, le ministre de l’Environnement François de Rugy" fait le déplacement.