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[Revue de presse] Brexit : pas d'avancement entre Londres et Bruxelles mais Jeremy Corbyn fait un geste

Revue de presse 08.02.2019

A moins de cinquante jours du Brexit, la Première ministre britannique Theresa May a rencontré, jeudi 7 février, les dirigeants européens Donald Tusk et Jean-Claude Juncker à Bruxelles. Au menu de la discussion, qui s'est avérée peu fructueuse,  encore et toujours le fameux "backstop". Afin de sortir de l'impasse, le leader du parti travailliste, Jeremy Corbyn a fait un pas en avant et  a posé ses conditions pour soutenir l'accord de sortie.

Theresa May et Jean-Claude Juncker le 7 février 2019 à Bruxelles - Crédits : Etienne Ansotte / Commission européenne

Theresa May et Jean-Claude Juncker le 7 février 2019 à Bruxelles - Crédits : Etienne Ansotte / Commission européenne

De retour à Bruxelles après le rejet de l'accord de retrait par les parlementaires britanniques en janvier, la Première ministre Theresa May a rencontré jeudi 7 février les dirigeants européens. Objectif : "tenter d'obtenir un nouveau compromis sur la question brûlante de la frontière irlandaise" [AFP]. En effet, le 29 janvier, la Chambre des communes - qui refuse l'accord actuellement sur la table - avait voté un amendement prévoyant de ne pas ratifier l'accord sur le "backstop" y figurait, craignant de voir leur pays "piégé" dans l'UE. Theresa May avait dès lors assuré aux parlementaires qu'elle ouvrirait les négociations avec les Européens.

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Mais ce fameux "filet de sécurité", destiné à éviter le retour d'une frontière physique entre la République d'Irlande et l'Irlande du Nord, est cependant exigé par les Européens pour conserver l'intégrité du marché unique et éviter un potentiel retour des violences en Irlande.

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Enième rencontre infructueuse à Bruxelles

Reçue successivement par le Président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker et le Président du Conseil européen, Donald Tusk, Theresa May, a répété que le Brexit aurait lieu dans "dans les temps". Elle a également réaffirmé qu'elle voulait des "modifications légalement contraignantes" de l'accord de retrait afin de répondre aux inquiétudes des parlementaires britanniques sur le "backstop".

Mais les Vingt-Sept ont à nouveau démontré qu'ils n'étaient toujours pas prêts à dépasser leur lignes rouges : hors de question de remettre en question le "backstop". "L'UE discute, mais refuse de modifier l'accord [de retrait]", titre ainsi L'Express (avec AFP). Et les discussions ne se sont en effet pas avérées fructueuses. "Toujours aucune percée en vue. Les discussions vont continuer" a déclaré Donald Tusk sur son compte Twitter à l'issue de la réunion [AFP].

"Je me demande quelle place particulière en enfer sera faite à ceux qui ont fait la promotion du Brexit sans même avoir le début d'une idée sur le moyen de la mettre en œuvre en toute sécurité" [Le Figaro] avait-il d'ailleurs lâché la veille sur Twitter.

Le Président de la Commission a de son côté clairement écarté l'idée de détricoter la partie controversée concernant le "backstop" irlandais [Le Monde].

Theresa May et Jean-Claude Juncker ont, malgré les difficultés visibles, convenu de se rencontrer à nouveau d'ici la fin du mois afin de trouver une solution qui recueillerait à la fois une majorité au Parlement britannique et respecterait les conditions fixées par les 27 [Ouest France avec AFP]. Michel Barnier, négociateur en chef de l'UE, rencontrera quant à lui, le ministre chargé du Brexit Steve Barclay lundi à Strasbourg.

Un geste de Jeremy Corbyn

Si les négociations avec l'UE peinent à faire émerger une solution, la classe politique britannique semble bouger de son côté. Outre-Manche, le leader du parti travailliste Jeremy Corbyn, sceptique quant à la stratégie de Theresa May, lui a cependant adressé une lettre pour proposer son soutien. Mais sous conditions, évidemment.

"Sans changements de vos lignes rouges de négociations, nous ne pensons pas que simplement chercher des modifications aux termes existants du 'backstop' soit une réponse crédible ou suffisante" écrit ainsi Jeremy Corbyn [France 24].

Ce dernier pose alors cinq conditions pour soutenir un accord de sortie de l'UE : le maintien dans l'union douanière, un "alignement" sur les conditions du marché unique, le respect des droits et normes fixés par Bruxelles, la participation à des agences et institutions communautaires ainsi que la participation au mandat d'arrêt européen [Le Figaro].

Une proposition qui a l'avantage de "dédramatiser le problème du 'backstop'", observe Le Monde car le leader de l'opposition propose que le Royaume-Uni maintienne des liens étroits avec le bloc européen. Si les Britanniques restent dans l'union douanière, avec "des tarifs extérieurs communs et un accord sur la politique commerciale qui inclut avoir son mot à dire sur les futures accords commerciaux de l'UE", cela rendrait donc le "backstop" inutile, explique France 24.

Optant ainsi pour un Brexit "doux", le leader de l'opposition britannique propose que le Royaume-Uni reste dans l’union douanière européenne et soit "étroitement aligné" au marché unique [Le Monde]. Bien que saluée par une partie des élus centristes, cette alliance risquerait d'être dénoncée par  par les Brexiters comme par les travaillistes favorables à l'organisation d'un nouveau référendum.

Il n'est pas sûr cependant que Theresa May saisisse cette occasion de construire une majorité autour d'une solution alternative. "Beaucoup d’Européens craignent que la carte principale de Theresa May soit en réalité de jouer la montre… ou à la roulette russe", résume ainsi [Le Monde]. En pariant sur un tardif ralliement de ses députés ou des Vingt-Sept à l'approche du 29 mars et d’un "no deal"...  

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