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[Revue de presse] Autriche : la gauche et l'extrême droite unies pour faire chuter Sebastian Kurz

Revue de presse 28.05.2019

Dix jours après l'"Ibizagate" qui a emporté l'extrême droite, le Parlement autrichien a refusé, lundi 27 mai, la confiance au Premier ministre Sebastian Kurz pour diriger un gouvernement minoritaire jusqu'aux élections anticipées de septembre. M. Kurz, auréolé d'une large victoire dimanche lors des élections européennes, s'annonce néanmoins comme le favori à sa succession.

Le chancelier autrichien Sebastian Kurz - Crédits : Flickr / CC BY-NC-SA 2.0

Le chancelier autrichien Sebastian Kurz - Crédits : Flickr / CC BY-NC-SA 2.0

Sebastian Kurz perd le vote de confiance au Parlement

"Le chancelier Sebastian Kurz renversé par le Parlement", titre LCI. Lundi 27 mai, les sociaux-démocrates (SPÖ) et l'extrême droite du Parti autrichien de la liberté (FPÖ), qui "disposent ensemble de la majorité absolue" [RTBF] se sont unis pour voter une motion de censure contre le dirigeant. "Une première dans l'histoire de la Seconde république autrichienne, fondée en 1945", note Libération.

Quelques heures plus tôt, devant le Parlement autrichien, Sebastian Kurz avait pourtant jugé que "personne dans le pays ne pourra[it] comprendre la volonté de renverser le gouvernement", relate LCI.

En toile de fond : le "scandale de l'Ibizagate" intervenu il y a dix jours, rappelle la chaîne de télévision. Après la publication d'une vidéo compromettante dans laquelle le vice-chancelier d'extrême-droite Heinz-Christian Strache se dit prêt à accepter des financements occultes russes, ce dernier s'est vu dans l'obligation de démissionner, faisant ainsi "voler en éclats la coalition de la droite avec l'extrême-droite" qui dirigeait le pays depuis décembre 2017 [LCI].

[Revue de presse] Autriche : l'extrême droite vacille à quelques jours des élections européennes

La chute de M. Strache avait entraîné "plusieurs départs au sein du gouvernement", rappelle le média. D'abord le ministre de l'Intérieur, "affaibli par plusieurs dérapages", a été limogé par Sebastian Kurz. "Puis en représailles, les autres ministres du FPÖ ont quitté le gouvernement, laissant le parti conservateur seul à la barre", jusqu'aux élections législatives anticipées, initialement prévues par M. Kurz pour septembre prochain [LCI].

Des mises à l'écart que "le FPÖ ne lui a pas pardonné", analyse La Croix. Avec le vote de défiance des députés autrichiens, le destin du chancelier est en effet fixé : "il ne restera pas en poste jusqu’au scrutin" [Libération].  

Toujours populaire

Le mandat de celui qui était, à 32 ans, le plus jeune dirigeant de l'UE "aura été le plus bref [de l'histoire de son pays], en dépit d'une popularité au plus haut", observe La Croix. En effet, avec 35 % des voix aux élections européennes le 26 mai, l'ÖVP de Sebastian Kurz a connu une "victoire historique", décrypte Le Monde, devançant de plus de 10 points les sociaux-démocrates et l'extrême droite.

Pour le politologue Thomas Hofer, interrogé par La Croix, Sebastian Kurz, "au parcours d'enfant prodige de la politique, conserve toutes ses chances aux prochaines élections, l'économie autrichienne se portant bien et la ligne dure des conservateurs sur l'immigration étant largement soutenue par l'opinion".

Patrick Moreau, chercheur au CNRS cité par Le Monde, est du même avis. Selon lui, Sebastian Kurz "ne sera pas pénalisé par ce qui pourrait, à première vue, passer pour une humiliation cuisante". "Au contraire, la stratégie destructrice des sociaux-démocrates risque de mobiliser son électorat", prévient-il. 

En attendant, le pays va être "dirigé par un gouvernement intérimaire nommé par le président Alexander van der Bellen", informe le New York Times. Dans une allocution télévisée prononcée lundi soir, le chef de l'Etat autrichien a nommé l'actuel vice-chancelier Hartwig Löger au poste de M. Kurz, le temps de mettre en place un gouvernement intérimaire accepté par le Parlement, rapporte CNN.

Sebastian Kurz "a demandé à ses soutiens de respecter la décision du Parlement" : "Il s'agit d'une décision démocratique et il n'y a pas de place pour la colère, la tristesse ou la haine", a-t-il déclaré [CNN].

 

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