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[Revue de presse] Au sommet Action climat de l'ONU, l'Europe peine à convaincre

Revue de presse 24.09.2019

Alors que les manifestations pour le climat prennent toujours plus d'ampleur, les dirigeants mondiaux étaient attendus au tournant à New York, lundi 23 septembre. Au cours d'un sommet Action climat des Nations unies, les discours ont été fortement engagés, mais aucune proposition ambitieuse n'a été faite. L'Union européenne, elle aussi, a déçu.

"Battez-vous pour le climat ! Changez maintenant !", grève pour le climat à New York, 20 septembre 2019 - Crédits : UNclimatechange / Flickr

"Battez-vous pour le climat ! Changez maintenant !", grève pour le climat à New York, 20 septembre 2019 - Crédits : UNclimatechange / Flickr

La 74ème session de l'Assemblée générale des Nations unies s'ouvre à New York mardi 24 septembre, "alors que jamais l’humanité n’a rejeté dans l’atmosphère autant de gaz à effet de serre" [Euractiv avec l'AFP]. C'est dans cette perspective qu'António Guterres, le secrétaire général de l'organisation internationale, a organisé un premier sommet Action climat en marge de l'assemblée, lundi 23 septembre. La jeune militante suédoise Greta Thunberg, le président français Emmanuel Macron, ou encore la chancelière allemande Angela Merkel y ont pris la parole, en l'absence de nombreux grands pays pollueurs. "Seuls les pays présentant les plans jugés les plus ambitieux s’étaient vu offrir une tribune", explique Le Monde.

Des discours militants et politiques

Greta Thunberg, figure du mouvement mondial des grèves des jeunes pour le climat, a marqué le début du sommet. "Comment osez-vous ? Continuer de nous dire que vous faites assez, alors que les politiques nécessaires ne sont toujours pas réalisées. Vous avez volé mes rêves et mon enfance avec vos paroles creuses", a-t-elle déclaré [Le Monde]. "Je fais pourtant partie de ceux qui ont de la chance. Les gens souffrent, ils meurent. Des écosystèmes entiers s'effondrent, nous sommes au début d'une extinction de masse, et tout ce dont vous parlez, c'est d'argent, et des contes de fées de croissance économique éternelle ?", cite également France info (avec l'AFP). Pour le média, "ce court discours est l'un des plus percutants que l'adolescente de 16 ans ait prononcés depuis son arrivée aux Etats-Unis fin août".

Une prise de parole fortement engagée, à laquelle Emmanuel Macron a tenu à répondre : "On ne peut pas laisser notre jeunesse manifester tous les vendredis. On ne peut pas voir notre jeunesse, en état de souffrance, parfois d'émotion comme on l'a vue toute à l’heure" [RTL]. "'Des actes, des actes, des actes', réclame Emmanuel Macron", selon France info. Le président français a toutefois souhaité défendre son bilan face aux revendications des jeunes : "Toutes les mobilisations de notre jeunesse ou des moins jeunes sont utiles. Mais il faut qu’elles se concentrent maintenant sur ceux qui sont le plus loin, ceux qui essaient de bloquer. Je n’ai pas le sentiment que le gouvernement français ou le gouvernement allemand, aujourd’hui, sont en train de bloquer", rapporte Le Figaro.

La dirigeante allemande s'est associée à cette prise de position, pour défendre ses dernières mesures en faveur du climat. "Angela Merkel a renouvelé son ambition de mettre fin au charbon d’ici 2038, et précisé les moyens de mise en œuvre de son objectif de réduction d’émission de GES [gaz à effet de serre] de 55 % d’ici 2030, via un système de taxation du CO2", rappelle Libération. Elle a également visé le camp climato-sceptique, soulignant "le besoin des pays de travailler ensemble, et de 'suivre les conseils de la science' sur le changement climatique", rapporte Politico.

D'autres pays européens se sont également exprimés, notamment le Danemark et la Suède pour "doubler leur contribution au Fonds vert". La France, l'Allemagne et le Royaume-Uni avaient déjà évoqué cet été l'augmentation de leur contribution à ce "mécanisme onusien permettant le transfert de fonds des pays riches aux pays les plus vulnérables, pour financer des projets combattant les effets du changement climatique" [Libération].

Un manque d'engagement européen

Malgré ces déclarations, le secrétaire général des Nations Unies n'a pas caché sa déception à l'issue du rassemblement. Il "avait appelé les Etats à venir avec des 'plans concrets et réalistes et non pas des discours' pour réduire drastiquement leurs rejets carbonés et sortir du charbon", explique Le Monde.

Si soixante-six pays "se sont engagés à accroître leurs efforts d’ici à 2020", et le même nombre a "promis d’atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050" lors du sommet, aucun pays de l'Union européenne n'y figure [Le Monde]. Et pour cause, "l’Union européenne, troisième pollueur mondial après la Chine et les Etats-Unis, a échoué, lors d’un conseil de juin, à relever son objectif [de réduction des émissions de GES, actuellement fixé à 40% pour 2030], ainsi qu’à adopter un plan de neutralité carbone en 2050" [Le Monde]. "L’agenda de neutralité carbone en 2050 ne figure pas parmi les engagements de l’Union européenne", car "quatre Etats s’y sont opposés : la Pologne, la République tchèque, la Hongrie et l’Estonie".

Des divisions mises en exergue par Emmanuel Macron : "la vérité, c’est qu’il y en a un qui bloque tout, c’est la Pologne. Mon objectif, c’est de convaincre les autres pays de bouger" [Le Figaro]. "Et de conseiller aux jeunes qui manifestent chaque semaine pour la cause d’aller aussi 'manifester en Pologne'" [Le Monde]. Alors que "l'Union européenne espère arriver à un consensus entre Etats membres en 2020", comme le rappelle France info, ces propos ont fait bondir Varsovie, qui a fait part via le compte Twitter de son ambassade en France de ses efforts et actions en faveur du climat, relate Le Monde.

L'objectif de neutralité carbone est désormais au centre des négociations dans l'Union. S'il était "considéré si radical en 2015 qu’il avait été exclu du texte de l’accord de Paris, [il] est devenu un point de ralliement pour de plus en plus d’États", explique Euractiv. "Le Royaume-Uni a intégré cet objectif dans la loi, et la présidente élue de la nouvelle Commission européenne l'a choisi comme cible", poursuit Politico.

"A tous ceux qui marchent aujourd'hui : nous vous écoutons !"

Cette succession de déclarations, d'engagements et de négociations s'inscrit dans une période marquée par des manifestations de plus en plus fréquentes au sujet des changements climatiques. Vendredi 20 septembre, les organisateurs de la marche mondiale pour le climat "évoqu[ai]ent le chiffre de 4 millions de manifestants" [La Croix avec l'AFP]. Malgré l'annonce de nouvelles mesures pour contenir les émissions de gaz à effet de serre, "l’Allemagne remporte la palme du pays qui a le plus mobilisé, avec 1,4 million de marcheurs" [Le Monde], La participation a également été importante à Londres, au Portugal, ou encore en Grèce.

Les nouvelles institutions européennes semblent d'ailleurs à l'écoute du mouvement. "Frans Timmermans, proposé au poste de commissaire européen et vice-président exécutif au Green Deal européen, a rencontré les jeunes militants à Bruxelles", rapporte Politico, déclarant plus tard : "à tous ceux qui marchent aujourd'hui : nous vous écoutons !"

"Les jeunes qui défileront une fois de plus dans le monde, vendredi 27 septembre, sauront leur rappeler de joindre le geste à la parole", conclut Le Monde.

 

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