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Le déficit français s'invite dans la campagne des européennes

Revue de presse 07.04.2014

"Le tandem de Bercy rencontre leurs homologues Allemands", titre Libération. En effet, les nouveaux ministres des Finances et de l'Economie, Michel Sapin et Arnaud Montebourg sont en déplacement aujourd'hui à Berlin pour rencontrer Wolfgang Schaüble, Sigmar Gabriel, des chefs d'entreprises ainsi que des universitaires. Le sujet du déficit français sera au cœur des discussions alors que la France est loin de remplir sa part du contrat pour réduire son déficit à 3% de PIB en 2015. La presse revient également sur les réactions des deux grands candidats à la présidence de la Commission, Martin Schulz et Jean-Claude Juncker, face à cette situation.

Jean-Claude Juncker et Martin Schulz

La visite à Berlin des ministres des Finances et de l'Economie est délicate. En effet, alors que "Paris collectionne les objectifs non tenus et les délais non respectés" [Le Monde], la rencontre a notamment pour but de "convaincre Berlin (…) de la pertinence des choix budgétaires français" [Libération]. Mais il est peu probable que le message soit accueilli favorablement, alors que la volonté française de renégocier le rythme de la réduction des déficits se heurte à la rigueur budgétaire allemande. Michel Sapin a toutefois déclaré qu'il ne sera pas question de ce nouveau délai lors de la rencontre franco-allemande [Le Figaro].

Face au changement de cap de Paris et aux mauvais résultats macro-économiques de l'Hexagone, Jean-Claude Juncker, candidat PPE à la présidence de la Commission, s'oppose à un nouveau délai supplémentaire pour la France. Le "père La Rigueur", ainsi que le présente Mediapart, a déclaré que Paris "ne peut pas encore une fois avoir un passe-droit" [Libération]. Une déclaration sur laquelle revient largement la presse, à l'instar de La Tribune qui titre "Un délai pour la France pour réduire ses déficits publics ? non dit Juncker ". Wolfgang Schaüble, le ministre allemand des Finances, a toutefois fait part de sa confiance en la France pour conduire la réduction du déficit public sous la barre des 3% [Le Figaro].

A l'inverse, dans Les Echos, Martin Schulz, l'actuel président du Parlement européen et candidat socialiste au poste de président de la Commission européenne, se dit favorable à un nouveau délai pour la France et souligne la place importante qu'occupe le pays dans l'UE : "Mon sentiment est qu'à la Commission, les gens savent très bien que nous avons besoin d'une France forte" s'exprime-t-il. Ce sentiment est partagé par Benoît Coeuré, qui siège au directoire de la BCE : "Les attentes de l'Europe à l'égard de la France sont fortes, car c'est la deuxième économie de la zone euro. La zone euro a besoin d'une France forte", indique-t-il dans une interview accordée au Figaro, tout en soulignant la responsabilité de la France à respecter ses engagements.

La presse revient également sur les arguments que peut mobiliser la France pour motiver un nouveau délai : la croissance ténue ou encore la comparaison de la sortie de crise française par rapport à ses partenaires peuvent être avancées par Paris pour freiner une austérité plus poussée [Libération].

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