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Allemagne : l'Europe comme moteur d'une nouvelle coalition ? / Brexit : Theresa May prédit un sortie "harmonieuse" et "ordonnée"

Revue de presse 12.12.2017

La chancelière allemande Angela Merkel doit rencontrer le chef des sociaux-démocrates (SPD) Martin Schulz, mercredi 13 décembre, afin de négocier une alliance pour former un nouveau gouvernement. Côté britannique, la Première ministre Theresa May a annoncé aux députés que le Brexit se ferait "de manière harmonieuse et ordonnée".

Martin Schulz en mars 2017 - crédits : Olaf Kosinsky

Allemagne : un discours pro-européen pour séduire

La chancelière Angela Merkel, "son allié bavarois Horst Seehofer et le président du SPD Martin Schulz" vont se rencontrer mercredi 13 décembre à Berlin [Le Point]. Cette première réunion marque le lancement de discussions pour tenter de rétablir "la 'grande coalition' qui a dirigé l’Allemagne ces quatre dernières années" [Ouest France].

Cette nouvelle étape a été rendue possible par l'accord des sociaux-démocrates lors de leur congrès du 9 décembre. En effet, "les délégués du SPD se sont prononcés la semaine dernière pour l'ouverture de discussions avec le camp conservateur" [Le Point].

Lors du congrès, le président du SPD Martin Schulz a appelé de ses vœux la formation d'"Etats-Unis d'Europe" d'ici 2025. Selon Ouest France, l'ancien président du Parlement européen a affirmé que "les pays qui ne souhaiteraient pas participer à cette entreprise fédéraliste devraient quitter le bloc européen".

Pour les conservateurs bavarois de la CSU, alliés à Angela Merkel, M. Schulz est un "radical" [Les Echos]. La chancelière serait, quant à elle, plus "pragmatique" en appelant à "des avancées européennes concrètes en matière de politique étrangère, de défense ou de numérique".

C'est sur cette fibre européenne du SPD que Mme Merkel compte pour se rapprocher de ses anciens partenaires au gouvernement. Ouest France estime que pour la chancelière il y a "des points de convergence 'prometteurs' avec les sociaux-démocrates sur l’avenir de l’Europe et sur une coopération plus étroite avec la France ".

Les Echos estiment ainsi qu'Angela Merkel "accroit la pression" sur le SPD, mais "utilise [aussi] le président français comme trait d'union". Emmanuel Macron a, effectivement, "appelé plusieurs fois [Martin Schulz] pour le convaincre de former une nouvelle 'grande coalition'".

Toutefois, la possibilité d'une nouvelle coalition avec les démocrates-chrétiens ne fait pas l'unanimité au SPD. Avec le hashtag #NoGroko, qui signifie "pas de grande coalition", les militants du parti "manifestent leur opposition à une nouvelle alliance gouvernementale avec Angela Merkel", rapporte Le Point. L'hebdomadaire souligne que "la jeune génération est tout particulièrement remontée" contre cette éventuelle coalition.

Le Point indique que "la direction du parti se sait sous surveillance". C'est pour cela qu'"une consultation des plus de 430 000 membres du SPD est en effet prévue au cas où leur dirigeant Martin Schulz parviendrait à un accord pour gouverner avec la chancelière".

Brexit : l'optimisme aveugle de Theresa May ?

La Première ministre britannique Theresa May s'est adressée lundi 11 décembre aux députés, pour leur présenter "le compromis trouvé avec Bruxelles sur les conditions de la sortie de l'UE du Royaume-Uni " [Europe 1]. "Après l’humiliant rétropédalage de Theresa May qui (…) a été obligée de revoir et conclure un accord à l’arraché", l'heure était à "un certain triomphalisme", juge RFI.

En effet, pour la locataire du 10 Downing Street le Brexit va se faire "de manière harmonieuse et ordonnée" [Europe 1]. Le retrait du Royaume-Uni devrait permettre "un nouveau partenariat étroit et spécial" avec les Européens, tout en reprenant en main "le contrôle de [ses] frontières". Mme May a cependant légèrement tempéré ses propos car "rien n’est conclu tant que tout n’est pas conclu", et la suite des négociations ne s'annonce "pas facile" [Libération].

Néanmoins, cet optimisme n'est pas partagé par tous au Royaume-Uni. Le cabinet de la Première ministre lui-même "continue à être divisé sur la physionomie future du Brexit, entre partisans du maintien de liens étroits avec l’UE et ceux qui veulent une rupture nette" [Libération]. Or, "le compromis a été perçu par certains comme l’amorce d’un Brexit modéré".

Par ailleurs, face à la confusion qu'entrainent les termes de l'accord, "plusieurs ministres se sont (…) contredits durant le week-end sur [son] aspect contraignant ou non" [RFI]. Ce que n'a pas manqué de souligner son principal opposant, le travailliste Jeremy Corbyn, pour qui "de nombreux points-clés (…) ne sont toujours pas clairs".

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