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[Revue de presse] Le Conseil européen avance à pas feutrés sur la question migratoire

L'immigration attendra. C'est la conclusion du Conseil européen des 24 et25 octobre qui s'est achevé sans que des décisions majeures soient prises en la matière. Les 28 chefs d'Etat et de gouvernement réunis à Bruxelles ont préféré reporter la remise à plat de la politique commune en matière d'asile et de migration après les élections européennes de mai 2014.

migrants

La tragédie de Lampedusa était encore dans tous les esprits quand les chefs d’Etat et de gouvernement se sont penchés sur la question migratoire, vendredi 25 octobre, lors du Conseil européen à Bruxelles. Mais, selon le Monde, le drame qui a fait plus de 300 morts au larges des côtes italiennes n’a pas provoqué l’électrochoc politique escompté. Les Européens, divisés, préfèrent attendre. La politique migratoire et les questions d’asile seront rediscutées “dans une perspective plus large et à plus long terme en juin 2014” peut-on lire dans les conclusions du Sommet, reprises par Euractiv

Le partage de la charge de l’immigration régie par le règlement de Dublin II, qui oblige un demandeur d’asile à déposer sa demande dans le pays européen par lequel il entre dans l’Union, n’a pas été mentionné. La France avait prévenu qu’elle ne soutiendrait pas la demande de révision de ce principe, voulue par plusieurs pays comme l’Italie, Malte ou la Grèce qui peinent à maîtriser les flux migratoires en provenance de la Méditerranée (voir la cartographie du Monde sur les principales routes migratoires).

Selon Euractiv, les chefs d’Etat et de gouvernement se sont néanmoins accordés sur plusieurs points : apporter une aide supplémentaire aux pays d’origine des migrants, mais aussi aux pays de passage et renforcer la surveillance des frontières via l’Agence européenne Frontex et son nouveau système d’intervention Eurosur. Enfin, le Conseil s’est accordé sur la constitution d’un groupe de travail pour la Méditerranée, placé sous l’autorité de la Commission européenne.

“Cette commission a commencé à faire des propositions et cela sera examiné et traité au Conseil européen de décembre” , a déclaré François Hollande lors d’une conférence de presse à Bruxelles, cité par l’Express où il a promis que la France prendrait sa part du “fardeau” .

L’Union européenne devrait donc d’ici deux mois accéder à certaines demandes du président du Conseil italien Enrico Letta, qui réclame des ressources supplémentaires pour Frontex et Eurosur. L’Italie redoute, en effet, qu’en raison de l’instabilité chronique en Afrique et au Proche-Orient, des drames similaires à celui de Lampedusa se reproduisent

L’absence de décisions concrètes au Conseil européen a déclenché des critiques, dont celles du président du Parlement européen, Martin Schulz, qui a jugé sur Twitter que “Lampedusa était devenu le symbole d’une politique européenne de l’immigration qui a transformé la Méditerranée en cimetière”[L’Express].

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