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Les Vingt-Sept s'engagent à relancer l'Europe

Actualité 25.03.2007

La chancelière allemande Angela Merkel, présidente en exercice de l'UE et les présidents de la Commission et du Parlement européens José Manuel Barroso et Hans-Gert Pöttering, ont signé la "Déclaration de Berlin" au Musée historique allemand, symbole de l'unification allemande, en présence des chefs d'Etat et de gouvernement des 27 pays de l'Union européenne.

Le document rappelle les acquis de l’UE. Il mentionne parallèlement les objectifs et les défis futurs de l’UE, à savoir renforcer le modèle de vie européen et assumer une responsabilité mondiale.

"Les 50 ans des Traités de Rome, cela se résume pour moi en une phrase : un rêve devenu réalité!", a déclaré la chancelière fédérale Angela Merkel dans son discours relatif à la Déclaration de Berlin. Si le rêve de paix et de prospérité a pu devenir réalité, c’est parce que les Européens, après avoir connu la destruction et la dévastation, se sont souvenus de leur qualité première : la confiance".

Bien poser les jalons

Et pourtant, la paix et la prospérité ne sont nullement une évidence. Comment préserver, renforcer et approfondir cet acquis ? "En nous concentrant sur la principale force de l’homme, sur la force de la liberté", a déclaré la présidente du Conseil de l’Union européenne, Angela Merkel.

Pour l’avenir, il s’agit de renforcer le modèle de vie européen et d’assumer une responsabilité mondiale. "Cela nécessite une capacité d’action supérieure à celle dont l’Europe dispose à l’heure actuelle", a souligné Mme Merkel, avant de poursuivre : l’Union européenne a besoin de davantage de compétences et, de surcroît, de compétences mieux définies : en matière de politique énergétique, de politique étrangère et de politique intérieure et judiciaire. De plus, elle doit veiller à fonctionner efficacement et de façon démocratique même à 27 pays.

Une Europe dynamique

"Notre chance pour nous, citoyennes et citoyens de l'Union européenne, c'est d'être unis", souligne le texte, fruit de difficiles tractations entre Berlin et les capitales de l'UE. "Ce n'est qu'ensemble que nous pourrons préserver notre idéal européen de société, dans l'intérêt de tous les citoyens de l'Europe".

"Seul, chacun des pays européens est trop faible pour relever les défis mondiaux. Il ne peut y avoir dès lors qu'une seule réponse: ne pas agir seul, mais ensemble dans une Europe unie" a insisté Angela Mekel. "Ce n'est qu'ensemble que nous pourrons imposer, au niveau mondial aussi, nos critères économiques et sociaux".

Car seule une Europe dotée d’institutions fortes peut être dynamique et afficher une forte croissance. Ce sont "les connaissances et le savoir-faire de ses citoyens, l’éducation, la recherche et l’innovation" qui sont la clé de cette croissance, a affirmé Mme Merkel.

L’Europe doit aussi et surtout être efficace et capable d’agir parce que ses champs d’action deviennent de plus en plus compliqués : l’Europe lutte ensemble contre le terrorisme, la criminalité organisée et l’immigration illégale. Cela signifie aussi qu’elle se mobilise pour que les conflits dans le monde se règlent de manière pacifique. La Communauté veut contribuer à faire reculer la pauvreté, la faim et la maladie.

Ces tâches ne sont guère réalisables si les décisions dans ces domaines ne peuvent être prises qu’à l’unanimité par les 27 États membres.

Asseoir l’Europe sur des bases rénovées

"La structure interne doit être adaptée à la nouvelle taille de l’Union européenne à 27. Comment y parvenir ? Ma réponse est claire : l’Union européenne a besoin de davantage de compétences et, de surcroît, de compétences mieux définies: en matière de politique énergétique, de politique étrangère et de politique intérieure et judiciaire. Elle doit veiller à ce que ses institutions fonctionnent efficacement, de façon démocratique et transparente même à 27 pays ou plus. L’enjeu est de taille".

"Il est donc important et nécessaire qu’aujourd’hui, à Berlin, cinquante ans après la signature des Traités de Rome, nous partagions l’objectif d’asseoir l’Union européenne sur des bases communes rénovées d’ici les élections au Parlement européen de 2009" a affirmé la cnahcelière dans son discours.

D’ici la fin de la présidence allemande à la fin du mois de juin, Angela Merkel veut présenter un calendrier concret sur la marche à suivre en Europe. Dans ce contexte, il est prévu de préserver le plus possible de l’essence du traité constitutionnel qui a échoué. La présidente du Conseil de l’Union européenne s’est fixé pour objectif d’avoir dès que possible un nouveau traité sur la table, en tout cas au plus tard au second semestre 2008.

D’ici là, de nombreuses discussions devront cependant encore avoir lieu. L’opinion publique ne pourra pas toujours y être associée, mais nous poursuivrons "les entretiens dans l’Union européenne dans un esprit de camaraderie", a insisté Mme Merkel lors d’une conférence de presse de clôture de la fête d’anniversaire.

Décisions d’ici les élections au Parlement européen de 2009

Une chose est certaine : en juin 2009, les citoyennes et les citoyens européens élisent un nouveau Parlement européen. Au plus tard d’ici cette date, on en saura plus sur l’avenir de l’Europe et en Europe. Les Européennes et les Européens doivent savoir comment l’Union européenne conservera sa capacité d’action avec ses 27 membres. Ils doivent savoir de quelles tâches l’Union européenne se charge et quelles tâches restent entre les mains des États nationaux.

Selon le président du Parlement européen, Hans-Gert Pöttering, cela signifie que la ratification d’un nouveau traité devra être terminée en juin 2009. Cela ne laissera pas beaucoup de temps pour asseoir l’Europe "sur des bases communes rénovées". Cependant, la chancelière fédérale est bien déterminée à réussir: "Je suis convaincue qu’une réussite n’est pas seulement dans l’intérêt de l’Europe, mais aussi dans l’intérêt des États membres et dans notre intérêt à nous, les citoyens européens", a-t-elle déclaré.

En savoir plus

Discours prononcé par Mme Angela Merkel, Chancelière fédérale et Présidente du Conseil européen, à l'occasion de la cérémonie célébrant le cinquantième anniversaire de la signature des Traités de Rome, à Berlin, le 25 mars 2007 - Présidence allemande de l'UE
Texte de la "Déclaration de Berlin"- Présidence allemande de l'UE
Discours de José Manuel Durão Barroso, le 25 mars 2007 - Commission européenne
Discours prononcé par Hans-Gert Pöttering, le 25 mars 2007 - Parlement européen
Cinquantième anniversaire des Traités de Rome : signature de la Déclaration de Berlin - Présidence allemande de l'UE