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La capacité d'absorption : un prétexte pour rejeter l'élargissement ?

Actualité 26.09.2006

Absorption capacity: old wine in new bottles, par Guillaume Durand et Antonio Missiroli
European Policy Centre – Policy Brief – 25/09/06
(en téléchargement libre - pdf)

Entre critère d'adhésion supplémentaire ou simple considération politique, l'utilisation de la notion de "capacité d'absorption" divise les Etats membres. Dans cette étude, Guillaume Durand et Antonio Missiroli, analystes politiques à l'European Policy Centre, s'interrogent sur l'utilisation de cette expression et sur les enjeux qu'elle recouvre.

Le débat actuel sur la capacité d'absorption constitue pour les deux auteurs une résurgence d'un débat traditionnel au sein de l'Union européenne : celui sur le lien entre élargissement et approfondissement. Si le concept n'a pas été inventé par les Etats membres "dans l'espoir de bloquer le mouvement d'élargissement de l'Union", l'étude note qu'il est fort révélateur que ce débat réapparaisse au moment même où le doute s'est installé sur les deux axes fondamentaux du projet européen: l'élargissement et l'intégration.

Les auteurs soulignent qu'une partie du problème réside dans le terme lui-même, "jargon obscur", entouré d'approximations. Dans le contexte actuel, le débat révèle l'embarras des dirigeants européens face à l'élargissement, coincés entre les promesses faites aux pays candidats et l'hostilité de leurs opinions publiques. La capacité d'absorption de l'Union serait donc un prétexte pour "retarder voir rejeter" les élargissements futurs.

Le rejet de la Constitution fournit également une clé de compréhension des controverses actuelles. En effet, à partir du moment où le rejet de la Constitution se basait en partie sur la frustration et le ressentiment des citoyens européens nés du manque d'information et de consultation concernant le grand élargissement de 2004, "le lien traditionnel entre élargissement et approfondissement était rompu". En dépit de certains commentaires, même si la Constitution avait été adoptée, les élargissements à venir auraient  tout de même posé problème.

En conclusion, les auteurs rappellent l'importance cruciale des choix à venir en matière d'élargissement et d'intégration pour l'avenir de l'Europe. Un débat honnête, basé sur des arguments rigoureux doit selon eux remplacer l'opposition "stérile" entre les deux camps qui s'affrontent sur la poursuite ou non de l'élargissement. L'autre condition réside dans la perception par les citoyens de l'Union européenne et de son projet. Toute décision négligeant le soutien populaire, serait un "désastre".