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L'Europe s'invite au Grenelle de l'environnement

Actualité 25.10.2007

Le Grenelle de l'environnement, mobilisation de la société civile et collectivités sans précèdent, a rendu ses conclusions le 25 octobre après près de 4 mois de réflexion, recherches et débats. Afin de donner une dimension européenne et internationale à l'événement, le Président de la République a reçu José Manuel Barroso, ainsi que des deux prix Nobel de la Paix.


Lors de sa campagne électorale, Nicolas Sarkozy avait pris l'engagement de placer le développement durable au cœur de ses priorités. C'est en ce sens que le Grenelle de l'environnement, "l'acte fondateur d'une nouvelle politique, d'un New Deal écologique en France, en Europe, dans le monde" selon le Président de la République, a été lancé le 5 juillet 2007. Trois enjeux principaux avaient alors été dégagés pour structurer les travaux : il s'agissait du défi du changement climatique, de la préservation de la biodiversité et de la prévention des effets de la pollution sur la santé.

Après près de quatre mois de réflexion, de dialogue, de consultation, d'élaboration de programmes et de plan d'action, le Grenelle de l'environnement a présenté ses conclusions le 25 octobre. Le président de la Commission européenne, invité à participer aux conclusions du Grenelle, s'est félicité que "la France et l'Union européenne travaillent en tandem pour lutter contre le changement climatique". "L'efficacité des solutions [contre le changement climatique] dépend de la participation de la communauté internationale à l'indispensable effort commun" a-t-il insisté.

José Manuel Barroso a annoncé que l'Union allait prendre des dispositions vigoureuses notamment avec le paquet de mesures sur l'énergie et le climat que la Commission européenne proposera en janvier prochain. La Commission devrait encourager le développement des énergies renouvelables tout en respectant la spécificité de chaque pays et aller encore plus loin en proposant aux autres pays industrialisés, lors de la Conférence de Bali sur le climat, de réduire de 30 % les émissions de gaz à effet de serre.

Entouré des deux prix Nobel de la paix, Al Gore et Wangari Maathai, Nicolas Sarkozy a appelé à une "révolution" écologique en lançant un grand nombre de chantiers novateurs en matière de politique publique et de fiscalité, défendant notamment le principe d'une taxe carbone. Il a demandé à Michel Barnier, ministre de l'Agriculture, un plan pour réduire de 50 % l'usage des pesticides dans les 10 ans à venir.

Après avoir rappelé que le "modèle de croissance est condamné", le chef de l'Etat a défendu le principe de précaution "qui doit être interprété comme un principe de responsabilité". Au nom de ce principe, il a appelé à la suspension de la culture commercial des OGM, tout en s'adressant à José-Manuel Barroso pour lui confirmer que la directive relative aux OGM serait bien transposée par le Parlement français.

Se tournant à nouveau vers le président de la Commission européenne, Nicolas Sarkozy lui a demandé d'étudier très rapidement "la possibilité d'une taxe sur les produits importés de pays qui ne respectent pas le protocole de Kyoto sur la lutte contre le réchauffement climatique". Continuant sur sa lancée, le chef d'Etat a annoncé de nouvelles ambitions pour l'agriculture durable qu'il présentera lors de la Présidence française au second semestre 2008.

Sources

Discours de José Manuel Durão Barroso : "À enjeux exceptionnels, mobilisation exceptionnelle" - 25/10/07 - Commission européenne
Discours du Président de la République à l'issue des premières conclusions du Grenelle de l'environnement - Présidence de la République
Lancement du Grenelle Environnement [pdf] - Ministère de l'Ecologie, du développement et de l'aménagement durables