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Finale de l'Eurovision : Allez, Ola, Olé la France!

Actualité 29.05.2010

Des artistes de toute l’Europe et au-delà rassemblés le temps d’une soirée pour tenter de convaincre les jurys et le public d’un continent... C’est le credo du concours Eurovision, organisé cette année à Oslo et qui en arrive à sa 55e édition. Ce soir, les 25 finalistes s'affronteront pour le titre de meilleure chanson d'Europe.

L’Eurovision et l’Union européenne, une histoire commune ?

Le concours a eu lieu pour la première fois en 1956, et réunissait sept pays participants : les Pays-Bas, la Suisse, la Belgique, l'Allemagne, la France, le Luxembourg et l'Italie. Parmi eux, on reconnaît les six qui signeront un an plus tard un traité d’intégration économique bien connu !

Par la suite, le nombre de pays participant à l’Eurovision a augmenté bien plus vite que celui des membres des Communautés européennes. Des pays de l’Europe de l’Est par exemple ont rejoint le concours deux ans seulement après la chute du bloc soviétique... onze ans avant leur accession à l’Union européenne.

Ainsi, l'Europe de l'Eurovision excède largement les contours de l'Union européenne. Le nombre de pays participants a atteint 43 en 2008 ; et cette année, ce sont 39 pays qui concourent. Les deux demi-finales ont eu lieu, et seuls 25 chanteurs pourront défendre leurs couleurs ce soir. Parmi eux, seulement 11 ressortissants de l’Union européenne restent en lice : les quatre pays qui subventionnent le festival, connus sous le nom de « big 4 » (France, Allemagne, Espagne, Royaume-Uni) ainsi que les vainqueurs des demi-finales : Chypre, la Belgique, l’Irlande (plus gros vainqueur de la compétition jusqu’ici, avec 7 victoires), la Grèce, la Roumanie, le Portugal et le Danemark.

A noter que le concours possède sa propre géopolitique : il n’est pas exempt d’alliances tactiques ou de copinages faisant voter certains pays plus facilement ensemble. Des blocs d’affinités ont ainsi émergé avec le temps, qui dessinent une carte de l'Europe assez originale.

La bizarrerie des langues et des nationalités à l’Eurovision

Bien que le concept du concours soit l'affrontement d'artistes représentant un pays, un artiste n’est nullement obligé d’avoir la nationalité du pays pour le représenter. C’est ainsi que, par exemple, la québécoise Céline Dion a représenté la Suisse en 1988 (et a gagné).

De la même façon, les chansons interprétées ne doivent pas nécessairement l’être dans la langue officielle du pays. Aux origines du concours, la tradition voulait que les candidats chantent dans leurs langues nationales, la langue permettant de mobiliser plus fortement les fans. C’est devenu une règle pendant un temps, mais elle a été définitivement abandonnée en 1999. Les pays scandinaves dont les langues possèdent des sonorités très particulières, se sont plaints que chanter dans leur langue pourrait les desservir. Ainsi certains pays choisissent de chanter en Anglais, ou utilisent plusieurs langues dans une même chanson. Quelques artistes choisissent aussi de chanter dans une langue régionale.

Un engouement inégal dans les Etats

Le concours est perçu très différemment d’un pays à l’autre. S’il provoque un engouement très fort en Irlande, à Malte ou en Suède, où il est vécu comme une véritable fête nationale, c’est loin d’être le cas en France. Ici, l’Eurovision a mauvaise réputation. Il reçoit très peu de publicité dans les médias, et au contraire quand on en parle c’est souvent pour le dénigrer. Les artistes français qui y participent sont souvent médiocres, et nous n’avons pas gagné le concours depuis 33 ans ! C'est pourquoi les artistes de qualité, craignant pour leur réputation, boudent l’Eurovision.

Qu’en sera-t-il des Français, ce soir ? Seront-ils nombreux à vibrer, lors de la finale, pour le représentant national, Jessy Matador ? Quoi qu'il en soit, ce soir, il ne faudra pas dire "allez la France"… mais "Allez Ola Olé", la France !

 

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