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EU-Talk n°10 avec Olivier Pastré

Actualité 19.02.2014

"Sortir de l’euro, un suicide" déclarait Olivier Pastré lorsqu’on l’interrogeait sur la crise grecque dans Libération en 2011. Défenseur d’un "optimisme [économique] raisonné", ce professeur d'économie membre du Cercle des économistes soutient que la sortie de la crise ne se fera pas sans un retour à la confiance. Car, selon lui, l’Europe et la France ne vont pas si mal, il faut cesser de "voir le verre à moitié vide". A l'occasion d'un chat organisé par Touteleurope.eu mercredi 19 février, Olivier Pastré a répondu aux questions des internautes sur ce sujet.

 

Membre du conseil scientifique de l’Autorité des marchés financiers et administrateur de plusieurs banques, Olivier Pastré est également chroniqueur sur France Culture et Arte. Il est l'auteur de l'ouvrage "Tout va bien (ou presque). La preuve en 18 leçons", co-écrit avec Jean-Marc Sylvestre, aux éditions Fayard.

Olivier Pastré

Retrouvez le contenu du chat ici :

 

10h56   Toute l'Europe:
Bonjour à tous, le chat va bientôt commencer!

11h07   Olivier Pastré:
Bonjour
 
11h08   Commentaire de la part de Alexandre
Ne pensez-vous pas qu'établir une union monétaire sans structure fédérale était une erreur ?
 
11h09   Olivier Pastré:
Bien sûr.
Le Traité de Nice a durablement pénalisé la construction européenne
Il faut faire avec
 
11h10   Commentaire de la part de Léa
Vous répétez à l'envi qu'il faut cesser de voir le "verre à moitié vide", quel serait, selon vous, et concernant l'euro, une situation de "verre à moitié plein" ? En d'autres termes, quelles sont les véritables réussites économiques de l'union monétaire ?
 
11h13   Olivier Pastré:
La stabilité des prix. Ce n'est pas rien. Et, "accessoirement" pour la France, une monnaie qui ne soit pas sans cesse dévaluée
 
11h13   Commentaire de la part de Morgan
L'argument d'une monnaie unique a toujours été défendu par l'assurance de voir notre compétitivité assurée sur la scène internationale. On nous déclare maintenant le contraire : pouvez-vous nous en dire un peu plus ?
 
11h15   Olivier Pastré:
Imaginez une sortie de la France de l'euro. Résultat? Une dévaluation de notre monnaie de 30 à 60%. Je vous laisse imaginer la suite
 
11h16   Commentaire de la part de Fanny
Hier, les journaux titraient sur un sursaut de l’économie en Grèce. Est-ce grâce aux programmes imaginés par la Troika ?
 
11h16   Olivier Pastré:
Malheureusement, oui pour partie
Celà ne veut pas dire que la méthode de la Troïka soit toujours la bonne
 
11h18   Commentaire de la part de Sofya
Que répondez-vous aux économistes qui prétendent que la sortie de l’euro est la seule solution et que ceux qui s’y opposent agitent à tort un chiffon rouge ?
 
11h21   Olivier Pastré:
Qu'ils n'ont pas mesuré toutes les conséquences de leurs propos. En particulier pour les Français les plus fragiles qui verront le prix des principaux produits qu'ils consomment "exploser"
 
11h21   Commentaire de la part de Mélanie
Pourquoi dites vous que la méthode de la troïka n'est "pas toujours la bonne" ? Et quelle serait pour vous la méthode "idéale" ?
 
11h22   Olivier Pastré:
Ils ont été particulièrement peu démocratiques et brutaux
 
11h22   Commentaire de la part de Dams
Comment peut-on fonctionner avec un euro qui pénalise à ce point la compétitivité de la France et des pays du Sud ?
 
11h26   Olivier Pastré:
Je n'ai jamais dit que le niveau actuel de l'euro était le bon. Mais le fait d'avoir une monnaie forte et reconnue présente plein d'avantages. Par ailleurs, pour améliorer la situation, il faut accepter de faire des réformes qui rendent notre économie plus compétitive
 
11h26   Commentaire de la part de Gaston
Que pensez-vous du jugement de la cour de Karlsruhe sur le programme de rachat d’obligations souveraines de la BCE ?
 
11h29   Olivier Pastré:
La cour de Karlsruhe joue son rôle en Allemagne. Elle devrait parfois tenir compte des contraintes qui s'imposent à la gouvernance européenne.
 
11h29   Commentaire de la part de Jarry
Les différences de compétitivité et de structures de production des différents pays sont-elles immuables ? Comment faire converger les économies des pays de la zone euro ?
 
11h33   Olivier Pastré:
Non. Malheureusement, la convergence est plus facile à souhaiter qu'à réaliser! Retour aux réformes structurelles, au renforcement de la gouvernance européenne et, à partir de là, à la lutte contre la concurrence fiscale et sociale entre membres de l'UE
 
11h34   Commentaire de la part de Toffie
Dans le contexte actuel quels sont les risques à court terme auxquels la zone euro, et partant, l’UE elle-même, fait face ?

11h36   Olivier Pastré:
Les mêmes que ceux d'hier. Avec une intensité un peu moindre. Momentanément au moins. D'où l'importance à accorder à la poursuite des réformes
 
11h36   Commentaire de la part de Armelle
Vous disiez en 2011 que sortir de l’euro serait un « suicide » : êtes-vous encore convaincu de cela ?
 
11h40   Olivier Pastré:
Plus que jamais. Encore une fois, ce sont les Français les plus fragiles qui en souffriraient: ce sont eux qui consomment le plus de produits importés (essence, habillement,...). Ceux qui occultent ce fait sont, au mieux, incompétents; mais je crains que ce ne soit pire...
 
11h40   Commentaire de la part de Oscar
Y a-t-il des précédents de retour à des monnaies nationales ?
 
11h43   Olivier Pastré:
Pas à ma connaissance. Mais celle-ci n'est pas encyclopédique. Appel aux internautes plus cultivés que moi...
 
11h43   Commentaire de la part de Steph
Un éclatement de la zone euro changerait-il quelque chose pour la Livre sterling ?
 
11h46   Olivier Pastré:
Surement. Selon toute vraisemblance, celà se traduirait par une hausse, au moins temporaire, de la livre et donc une récession anglaise. Enfin un point positif de l'éclatement (je plaisante...).
 
11h46   Commentaire de la part de Joël
Quelles décisions de sortie de crise peut-on prendre sans aggraver la défiance des citoyens ? Ne risque-t-on pas soit un blocage en l’absence de décisions « radicales » (par peur de l’impopularité) soit un rejet violent si l’on se dirige vers plus d’intégration au mépris de l’expression citoyenne ?
 
11h53   Olivier Pastré:
Difficile question. Il faudrait une dizaine de pages au moins pour y répondre de manière argumentée. Voir mes livres sur le sujet... Plus sérieusement, nous n'avons pas le choix. Il faut poursuivre les réformes pour redonner à la France sa compétitivité. En expliquant sans cesse aux citoyens, et mieux qu'aujourd'hui, ce en quoi ces réformes sont porteuses de progrès pour eux
 
11h54   Commentaire de la part de BabelW
Ne peut-on pas envisager le retour à une monnaie commune et non plus unique ? Ne serait-ce pas plus efficace ?
 
11h55   Olivier Pastré:
Toutes les pistes sont à creuser. Mais on ne fera pas l'économie d'une intégration plus poussée et d'un renforcement de la gouvernance (peut-être à deux vitesses) de la zone euro
 
11h56   Commentaire de la part de Jéraldine
Que pensez-vous du manifeste pour une union politique de la zone euro porté par plusieurs économistes ? Y avez-vous adhéré ?
 
11h59   Olivier Pastré:
La direction me semble la bonne Mais: 1) je ne partage pas tous les attendus de ce manifeste; 2) je ne signe pas beaucoup de manifestes. Celà n'empêche pas de s'engager comme j'essaie de le faire
 
12h05   Olivier Pastré:
Désolé, je suis obligé de vous quitter. Pitié: il faut se bagarrer pour une Europe, plus intelligente certes (il y a de la marge...,) mais une Europe quand même. Car d'autres se bagarrent contre l'Europe, ce qui pénalisera les plus fragiles en général, et les jeunes en particulier. Bon combat...
 
12h06   Toute l'Europe:
Ce chat prend fin... merci à Olivier Pastré d'avoir répondu aux questions des internautes!