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A l'IFRI, László Kovács vante les mérites de l'élargissement

Actualité 12.10.2006

László Kovács - DRL'Institut français des relations internationales (IFRI) a accueilli, jeudi 12 octobre 2006, le commissaire européen en charge de la Fiscalité et de l'Union douanière, László Kovács. Ancien membre du Comité des Sages du Conseil de l'Europe et ancien responsable de la diplomatie hongroise, M. Kovács a livré ses réflexions sur l'élargissement de l'UE du 1er mai 2004, qu'il a qualifié de véritable "big-bang".

Il a introduit son propos en se présentant comme "le commissaire d'une Union européenne qui est parvenue à unir avec succès la plupart des Etats européens".

D'après lui, l'échec du référendum sur le Traité constitutionnel en France et aux Pays-Bas a largement été interprété comme un rejet du processus d'élargissement. "Nous avons pourtant toutes les raisons d'être satisfaits et fiers", a indiqué M. Kovács car l'élargissement du 1er mai 2004 est un succès mais également un formidable "challenge". Cet élargissement est selon lui historique par sa taille, mais également par la croissance économique, les bouleversements politiques et la diversification culturelle sans précédent qu'il a provoqués.


Contrairement à ce que beaucoup avaient affirmé, l'entrée de dix nouveaux Etats n'a pas provoqué l'effondrement des institutions européennes, le budget européen n'a pas explosé, il n'y pas eu d'"invasion" de travailleurs de l'Est, les économies des Quinze n'ont pas été détruites par une concurrence déloyale des nouveaux Etats membres et les économies des ces pays ne se sont pas effondrées sous la pression concurrentielle.

"L'élargissement a coûté le prix d'un café par mois et par citoyen"

M. Kovács s'est attaché à démontrer que le coût de cet élargissement est bien moindre que ce que l'on entend parfois. Il n'aurait coûté entre 2004 et 2006 que 26 euros par an et par citoyen, soit "le prix d'un café par mois et par citoyen".

Le commissaire hongrois a également évoqué les élargissements à venir. "A chaque élargissement, l'UE s'est montré politiquement, institutionnellement et économiquement capable de relever le défi", a-t-il souligné. Le 16 septembre dernier, la Commission européenne a adopté son rapport final sur l'adhésion de la Bulgarie et de la Roumanie, estimant que ces deux pays sont en mesure d'entrer dans l'UE le 1er janvier 2007, ce qui porterait à 27 le nombre d'Etats membres.


Selon M. Kovács, il s'agit d'"un nombre magique" car le processus décisionnel mis en place par le Traité de Nice est prévu pour une Union à 27 membres, et pas un de plus. La révision de l'architecture institutionnelle de l'UE est donc indispensable et doit être réalisée le plus tôt possible. "Nous ne devons pas tout recommencer à zéro. Le Traité constitutionnel prévoyait des choses intéressantes : ce sera le point de départ", a-t-il expliqué.

M. Kovács a rappelé que pour entrer dans l'UE, les Etats doivent respecter les critères d'adhésion. Mais, selon lui, "cela ne suffit pas". Il faut que les citoyens de ces pays  supportent cette adhésion et que les citoyens européens la soutiennent également. M. Kovács a évoqué la notion de "capacité d'absorption" qui selon lui n'est pas une excuse pour éviter d'élargir l'UE mais un fait : "Il faut que l'UE soit en mesure d'absorber ces Etats d'un point de vue institutionnel et budgétaire", a-t-il fait remarquer.

"Les citoyens des anciens et nouveaux Etats membres doivent réaliser qu'ils font partie de la même famille européenne et comprendre que nous partageons tous des valeurs communes. Si nous faisons notre travail correctement et sérieusement nos enfants jouiront du bénéfice d'être des Européens" a conclu László Kovács.