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Terrorisme : un an après, Bruxelles se remémore les attentats

Revue de presse 22.03.2017

Le 22 mars 2016 à 7h58, deux bombes explosent à l'aéroport de Bruxelles-Zaventem. Une heure plus tard, une troisième retentit dans la station de métro Maelbeek, au cœur du quartier européen de Bruxelles. Un an après, l'heure est au recueillement et aux commémorations, alors que la question sécuritaire s'est imposée en Belgique.

Une journée de commémoration

C'est un jour de recueillement, de souvenirs et de reconstruction à Bruxelles, un an après les attentats à l'aéroport de Bruxelles-Zaventem et à la station de métro de Maelbeek.

Les commémorations ont débuté par une minute de silence à 7 h 58 à l'aéroport de Bruxelles-Zaventem, en présence du couple royal, de victimes et de leurs proches, de membres des services de secours. C'est à cette minute, il y a un an, qu'Ibrahim El Bakraoui et Najim Laachraoui, djihadistes affiliés à l'organisation État islamique (EI), ont déclenché leurs explosifs dans le hall des départs, tuant 16 personnes [Le Point].

A 9h11, heure de la déflagration à la station Maelbeek, la famille royale et plusieurs membres du gouvernement ont respecté une minute de silence en signe de respect pour les 16 autres victimes décédées et les nombreux blessés de la rame de métro [Le Soir]. Au même moment, l’ensemble du réseau de la STIB s’est arrêté durant "une minute de bruit (…) pour montrer qu’il n’oublie pas et répond toujours présent pour Bruxelles". Les voyageurs étaient invités à s’associer à l’ensemble du personnel lors de cette action symbolique en applaudissant, rapporte France24.

D'autres événements sont prévus dans la journée : le "plus célèbre des Bruxellois", le Manneken Pis, la statue fontaine d'un petit garçon faisant pipi, recevra une nouvelle tenue de pompier [Le Point]. Les enfants des écoles de Molenbeek, la commune bruxelloise qui fut la base arrière des djihadistes, rencontreront également des victimes en début d'après-midi. Puis trois cortèges de citoyens, dont l'un partira également de Molenbeek, se dirigeront vers la place de la Bourse. La journée se terminera par une veillée de prière à la cathédrale de Bruxelles [Le Point].

Des réponses un an plus tard

Alors que 59 personnes sont en détention et 60 autres en liberté sous caution, les autorités ne savent toujours pas avec certitude qui, au sein de l'Etat islamique, a organisé et ordonné ces attaques. Une question qui ne pourra être résolue "que lorsque la situation en Syrie et en Irak sera réglée", selon un haut responsable cité par France 24.

Afin de savoir si ces attaques auraient pu être évitées et si l'Etat belge a failli dans sa mission de protection, une commission d’enquête parlementaire a été créée en mai. Elle examine toutes les informations relatives aux attaques [Le Monde]. "La question est de savoir si le gouvernement, la police, la justice, les services de renseignements ont commis des gaffes. Je ne le pense pas", explique le ministre de l'Intérieur et de la Sécurité Jan Jambon, cité par Le Monde.

Le pays n'échappe pas à un débat sécuritaire. "L'intérêt et l'efficacité réels des déploiements massifs de force de l'ordre sont discutés", rapportent Les Echos. Un an plus tard, la menace terroriste reste "possible et vraisemblable". "Je suis absolument incapable de vous dire dans quelle situation nous serons dans un, trois ou six mois", a reconnu dimanche le Premier ministre Charles Michel [Le Point]. Pour répondre à ces risques, "des efforts ont déjà été entrepris, en particulier à l'aéroport de Zaventem, qui a profondément repensé ses dispositifs sécuritaires depuis l'automne" [Les Echos].

La difficile reconstruction de la société belge

La reconstruction de la société, des victimes et de la ville reste fragile, un an après les attentats. "Les Bruxellois s'habituent à croiser dans les rues plus de policiers, souvent en gilets pare-balles, et des rondes de militaires armés, quand ils ne lèvent pas les yeux vers les ballets d'hélicoptères ou ne se perdent pas dans les mesures de sécurité renforcées mises en place par l'école de leurs enfants", "la peur reste prégnante et la ville a perdu, comme le peuple belge, de l'insouciance qui faisait son charme" remarquent Les Echos.

S'ajoute au climat d'insécurité "la bataille administrative, épique, avec les assurances et les aides publiques". Des personnes sorties indemnes des attentats dénoncent aussi le manque de soutien psychologique et critiquent l'inertie du gouvernement, qui peine à finaliser son projet d'accorder un "statut de solidarité nationale" aux victimes, ajoutent Les Echos.

Reste, sur le fond, que "toutes ces victimes portent aujourd'hui un message, sinon d'espoir, de dignité, de pudeur", souligne le quotidien "Le Soir" cité par Les Echos.

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