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[Revue de presse] Désormais alliés, les socialistes et Podemos prennent la tête de l'Espagne

Revue de presse 08.01.2020

Plongée dans l'instabilité politique depuis 2015, l'Espagne s'est dotée mardi 7 janvier d'un nouveau gouvernement à l'issue des élections législatives de novembre, par l'alliance des socialistes et de la gauche radicale, représentée par Podemos. C'est un pari réussi pour le Premier ministre Pedro Sánchez, après un vote particulièrement serré. Mais la mise en œuvre de son programme s'annonce délicate.

Autrefois adversaires, Pedro Sánchez (à gauche sur la photo) et Pablo Iglesias (à droite) sont parvenus cette fois-ci à mettre leurs différends de côté - Crédits : Borja Puig de la Bellacasa / La Moncloa - Gobierno de España Flickr CC BY-NC-ND 2.0

Autrefois adversaires, Pedro Sánchez (à gauche sur la photo) et Pablo Iglesias (à droite) sont parvenus cette fois-ci à mettre leurs différends de côté - Crédits : Borja Puig de la Bellacasa / La Moncloa - Gobierno de España Flickr CC BY-NC-ND 2.0

"Il lui aura fallu deux élections, s’allier avec son ancien adversaire, et pactiser avec une formation qui continue de revendiquer la sécession de la Catalogne, mais Pedro Sánchez y est arrivé", annonce Le Monde. Hier, Pedro Sánchez a été investi président du gouvernement d'Espagne, soit Premier ministre, par le Congrès des députés, la chambre basse du Parlement espagnol [El País]. "Il a obtenu 167 votes favorables des députés tandis que 165 ont voté contre son investiture à la tête du gouvernement, lors de ce scrutin où seule une majorité relative lui suffisait", explique La Croix.

"L'émotion a inondé l'hémicycle immédiatement après le vote, marquée par des embrassades et des larmes des parlementaires socialistes et de Podemos", raconte El País. "Dans le même temps, le Parti populaire, Vox et Ciudadanos ont quitté la salle, l'air abattu", poursuit le quotidien madrilène.

C'est "un résultat conforme aux prévisions de chaque parti, selon lesquelles l’écart entre les oui et les non n’était que de deux députés", ajoute La Croix. Le Premier ministre socialiste a par ailleurs pu compter sur l'abstention décisive des députés indépendantistes catalans de l'ERC et basques de l'EH Bildu.

"Sánchez avait convoqué des élections anticipées en novembre, dans une tentative risquée de consolider son mandat, après l'échec d'un précédent vote d'investiture en avril", rappelle Politico. Mission réussie après près de deux mois de négociations entre le Parti socialiste ouvrier espagnol de Pedro Sánchez, Podemos et des partis régionaux pour parvenir à un accord de gouvernement.

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Le nouveau gouvernement présenté la semaine prochaine

En Espagne, il s'agit du "premier gouvernement de coalition depuis Franco", soulignent Les Echos. Pedro Sánchez est quant à lui le "premier candidat socialiste à être investi Premier ministre depuis José Luis Rodríguez Zapatero en 2008", indique El País. Le nouvel exécutif sera aussi le premier à inclure des membres de la gauche radicale avec Podemos depuis la restauration de la démocratie.

La composition du nouveau gouvernement ne devrait cependant pas être annoncée tout de suite. "Le PSOE a annoncé que le Premier ministre ne dévoilera pas la composition de son exécutif avant la semaine prochaine", relate El País.

Les noms des trois vice-premiers ministres sont cependant connus : "Carmen Calvo, l’actuelle numéro deux, Nadia Calviño, la ministre de l’économie, et surtout, Pablo Iglesias, le leader de Podemos qui s’occupera des dossiers sociaux et de la transition écologique" [Le Monde].

"Le plus difficile commence demain"

Son investiture validée, Pedro Sánchez n'est pas tranquille pour autant. Car son parti et son allié de coalition Podemos "ne posséderont que 155 sièges sur les 350 que compte l’hémicycle", précise La Croix, ce qui situe la majorité absolue à 176 voix. Ainsi, "la nouvelle coalition devra négocier d’arrache-pied avec d’autres forces le vote de toutes ses lois", souligne Le Monde.

Cependant, le nouveau gouvernement devrait aussi bénéficier d'une certaine stabilité. "En effet, les libéraux de Ciudadanos, les conservateurs du Parti populaire et l’extrême droite de Vox, les 'trois droites', comme aiment à les appeler les socialistes, n’ont pas assez de voix pour faire tomber l’exécutif", ajoute Le Monde. Ces derniers ne comptent toutefois pas ménager Pedro Sánchez. Lors du vote d'investiture, le dirigeant du Parti populaire Pablo Casado avait qualifié le Premier ministre d'"homme de paille du nationalisme", ou encore de "cheval de Troie des forces qui veulent détruite l’Espagne" [Le Monde].

"Le plus difficile commence demain", résume ainsi le député nationaliste basque Aitor Esteban, allié de Pedro Sánchez [Les Echos].

Un programme ambitieux

Cette situation devrait pousser le gouvernement à probablement commencer "par faire approuver des lois sur le féminisme, les droits sociaux, peu coûteuses financièrement mais symboliques, où une majorité parlementaire sera plus facile à réunir", avance La Croix. Quant aux "mesures plus économiques", elles "resteront délicates", estime le quotidien.

Il faut dire que le programme est ambitieux. Si tout se passe comme prévu, "le salaire minimum sera progressivement rehaussé pour atteindre à la fin de la législature 60 % du salaire moyen […], les retraites seront de nouveau indexées sur l’inflation, ce qui n’était plus le cas depuis 2014 [et] l’impôt sur les revenus augmentera pour les contribuables les plus riches, gagnant plus de 130 000 euros par an", énumère Le Monde.

La coalition entre les socialistes et Podemos semble néanmoins être en passe de mettre fin à l'instabilité politique du pays. "La dernière investiture réussie s’est tenue il y a trois ans, fin octobre 2016", rappelle Le Monde.

 

 

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