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[Revue de presse] Covid-19 : l'Europe se reconfine, la contestation grandit

Revue de presse 02.11.2020

Les annonces de reconfinement se sont multipliées durant le weekend de la Toussaint, emboîtant le pas de l'Irlande et de la France notamment. D'un pays à l'autre, les restrictions sont toutefois très différentes. Pour certains, l'acceptation de ces mesures est de plus en plus difficile et la colère gronde au point de susciter de violents heurts.

En Italie, comme ici à Milan, la contestation grandit contre les restrictions alors qu'un reconfinement devrait être prochainement annoncé, selon la presse italienne

En Italie, comme ici à Milan, la contestation grandit contre les restrictions alors qu'un reconfinement devrait être prochainement annoncé, selon la presse italienne - Crédits : Alessandro Perazzoli / iStock

L'épidémie de Covid-19 ne faiblit pas. "Sur l'ensemble de l'Europe, le nombre de cas supplémentaires enregistrés a bondi de 41 % en une semaine, ce qui représente la moitié des cas signalés ces sept derniers jours dans le monde", note Euronews. "Au moins 14 pays européens ont connu cette semaine un nombre record d’hospitalisations liées à la pandémie", ajoute Sud Ouest. Des statistiques alarmantes, qui poussent les Etat membres à se remettre "l'un après l'autre sous cloche", détaille l'Obs. En Europe centrale, "bien plus [touchée] cette fois par le Covid-19 qu’au printemps", les pays se reconfinent également tour à tour, à l'exception de la Slovaquie qui "s'est, elle, lancée dans une vaste opération visant à tester, sinon la totalité, au moins une grande partie de sa population durant ce week-end de la Toussaint", rapporte Courrier International.

"Dans les pas de la France, une large part de l’Europe sera donc bientôt reconfinée", affirme le magazine. Après l'annonce d'un nouveau confinement par le président Emmanuel Macron mercredi 28 octobre, les prises de décision similaires se sont multipliées durant le weekend. Samedi 31 octobre, le Premier ministre britannique Boris Johnson a annoncé qu'"à l’image de la France, l’Angleterre [allait] se reconfiner à partir de jeudi prochain et jusqu’au 2 décembre", rapporte le JDD. La liste des pays concernés par les mesures similaires  s'allonge : "la même décision a été prise hier en Autriche, où le confinement sera mis en place à partir de mardi et jusqu'à la fin du mois de novembre", écrit l'Obs. Une situation similaire dans un grand nombre d'Etats membres comme le Portugal, la Belgique, la Grèce ou l'Allemagne. Sans oublier l'Irlande, qui "a été le premier pays d’Europe à reconfiner toute sa population" dès le 22 octobre [Ouest-France].

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Des définitions assez différentes du confinement

L'ensemble des mesures appliquées à travers l'Europe sont toutefois disparates. En Allemagne, les "nouvelles restrictions face à la propagation de la pandémie [sont] qualifiées de 'reconfinement light' dans les médias", rapporte France Info. Elles s'appliqueront durant un mois et imposent une fermeture "de toute une série d'établissements, dans la gastronomie, les loisirs, le sport et la culture", poursuit le média. "A la différence de la France cette fois, les magasins ne ferment pas. Ils devront seulement respecter des règles de distanciation sociale plus strictes", ajoute pour sa part Euronews. La Grèce, quant à elle, "garde les commerces, salons de coiffure et écoles ouverts", mais impose des cours à distance dans les universités. Une stratégie diamétralement opposée à celle des Britanniques dont les commerces ferment alors que "les écoles et université restent ouvertes"[Euronews].

"De son côté, la Belgique a annoncé un 'confinement plus sévère' pendant six semaines pour ses 11,5 millions d’habitants", précise l'Obs. Outre-Quiévrain, les vacances de la Toussaint ont été prolongées et le nouveau confinement "permettra de rouvrir les écoles prudemment après le 15 novembre", a affirmé le ministre belge de la Santé Frank Vandenbroucke. Comme en France, les commerces "non essentiels" doivent fermer. Cependant, la définition retenue en Belgique diffère. Comme l'indique la RTBF, les librairies sont incluses dans la liste des magasins autorisés à ouvrir, contrairement à la France où elles "ont donc dû fermer avec le reconfinement" [Ouest-France]. "Une décision qui ne passe pas pour les acteurs du secteur mais aussi pour de nombreux lecteurs", poursuit le quotidien. 68 sénateurs ont par exemple publié une tribune dans Le Figaro jeudi 29 octobre, demandant que les librairies soient considérées comme des "commerces de première nécessité".

Après les restrictions, la révolte gronde

"Face à ces restrictions et à la crainte de casse sociale accrue, des défilés ont eu lieu samedi soir 31 octobre, pour la deuxième nuit consécutive, dans plusieurs villes espagnoles, suivis d'affrontements avec la police et d'actes de vandalisme et de pillage", écrit Le Figaro. A Madrid, comme à Barcelone, les manifestants ont "mis le feu à des bennes à ordures et érigé des barricades" tout en scandant le mot "Liberté" [Le Figaro]. "En Italie, l’opposition aux mesures de restrictions a aussi donné lieu à des heurts, samedi soir à Rome, entre la police et des centaines de manifestants, après des incidents similaires la veille à Florence et dans d’autres grandes villes ces derniers jours", indique de son côté Le Monde. Une situation qui n'est pas près de s'apaiser. "Selon la presse italienne, le gouvernement envisage d’annoncer lundi un confinement des grandes villes du pays, à commencer par Milan et Naples", note le journal.

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En Allemagne, si la contestation reste jusqu'ici pacifique, l'inquiétude n'en reste pas moins grande, comme par exemple pour le monde de la culture. "Les nouvelles restrictions prévoient notamment la fermeture pendant au moins un mois des théâtres, salles de concert, cinémas et musées", précise France Info. Pour le directeur de l'Opéra de Munich, interrogé par la chaîne, l'incompréhension est totale. "Nous avons un public discipliné, il est possible de maîtriser les risques. Ce n'est pas une décision adéquate", critique-t-il. Une inquiétude partagée jusqu'au sommet de l'Etat. "La crise du corona nous rappelle que la culture n'est pas un produit de luxe pour un petit nombre mais un elixir de vie pour tous", a déclaré Frank-Walter Stenmeier, président de la République fédérale d'Allemagne.

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