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[Revue de presse] Covid-19 : dépassée, l'Italie reçoit une nouvelle aide internationale

Revue de presse 23.03.2020

L'Italie est désormais le pays le plus touché par l'épidémie de coronavirus, pourtant apparue en Chine. Face à la saturation de son système hospitalier, le pays a sollicité l'aide étrangère. La Chine, la Russie et Cuba ont notamment répondu à l'appel.

Le département de la protection civile italienne réceptionne, depuis le début du mois, du matériel médical et de protection individuelle de la part de nombreux pays, au premier rang desquels la Chine - Crédits : Dipartimento Protezione Civile / Flickr CC BY 2.0

Le département de la protection civile italienne réceptionne, depuis le début du mois, du matériel médical et de protection individuelle de la part de nombreux pays, au premier rang desquels la Chine - Crédits : Dipartimento Protezione Civile / Flickr CC BY 2.0

Samedi 21 mars, le Premier ministre italien Giuseppe Conte a réclamé "l'arrêt de toute activité autre que celles 'strictement nécessaires' " dans le pays, indique Courrier International. Une nouvelle mesure prise dans l'espoir d'endiguer l'épidémie qui frappe l'Italie, devenue, avec 427 morts supplémentaires recensés dans la journée du 19 mars, "le pays qui compte le plus de morts à travers le monde" devant la Chine, poursuit le média.

Le territoire connaît en effet "une saturation des capacités de soins avec une contagion qui paraît hors de contrôle dans certaines régions", en particulier en Lombardie [RFI]. "La carence des effectifs était déjà sérieuse avant l'épidémie, elle est désormais tragique", s'alarment ainsi Les Echos. Face à cette situation critique, la Lombardie a appelé au soutien international et officiellement demandé de l'aide "à la Chine, à Cuba et au Venezuela". "Nous avons besoin de médecins et d'infirmiers", a insisté le président de la Lombardie Attilio Fontana, cité par Les Echos vendredi 20 mars.

Aide internationale

Le régime cubain, habitué des missions de soutien médical dans le reste du monde, a envoyé une brigade de médecins en Lombardie. "Il s'agit de la première fois qu’un pays d’Europe, l’Italie, fait appel à ces médecins cubains", note toutefois RFI. Ça n'est en revanche pas une première pour la Chine, qui avait déjà dépêché le 12 mars dernier "neuf médecins chinois et plusieurs tonnes de matériel sanitaire", ajoutent Les Echos. Pékin a de nouveau répondu en promettant "100 000 masques de protection de haute technologie" et en invitant "ses entreprises à exporter vers l'Italie 2 millions de masques médicaux ordinaires", indique le quotidien. L'appel a enfin été entendu par la Russie, qui a annoncé dimanche 22 mars "l'envoi d'une centaine de virologues militaires 'expérimentés' en Italie", rapporte RFI. "La Russie va envoyer neuf avions et 100 militaires et spécialistes sur le sol italien", précise la radio.

Sur le plan géopolitique, "l'aide russe comme chinoise envers l'Italie n'ont rien d'anodines", estime RFI : la Russie aide l'Europe, et "le Kremlin veut le faire savoir", avance le média. "Face à une Europe en état d'urgence et à un Donald Trump qui peine à gérer la situation", Moscou "joue une carte tout aussi diplomatique qu'humanitaire", résume RFI.

L'Europe à la traîne ?

Ces pays s'engouffrent-ils dans une brèche laissée vide par l'Union européenne ? "Pékin a également fourni des équipements à l’Espagne, la France, la Pologne et aux Pays-Bas", rapporte Euractiv. Certes, l'Union européenne soutient ses Etats membres. Mais elle dépend cependant elle-même de l'aide chinoise : le 16 mars dernier, Pékin avait en effet proposé "de fournir à l’UE 50 000 kits de test à base d’acide nucléique, 200 000 masques N95 et deux millions de masques chirurgicaux", indique le média. Un colis remis intégralement à l'Italie, au titre du mécanisme de protection civile de l’Union (MPCU), que le pays avait sollicité plus tôt. Ce soutien chinois indirect "vient s’ajouter au matériel déjà expédié par la Chine à l’Italie la semaine dernière", poursuit Euractiv. Cette coopération entre Bruxelles et Pékin est assumée par la Commission : "La Chine n’a pas oublié qu’en janvier, […] l’UE l’a aidée", a rappelé sa présidente Ursula von der Leyen [Euractiv]. Fin janvier, le pays avait demandé "l'aide de la Commission européenne, qui a envoyé 56 tonnes de matériel sanitaire", poursuit le média.

Ce que l'Union européenne peut (et ne peut pas) faire

Mais au-delà de l'envoi de masques et de médecins, c'est sur le terrain économique que se jouera la bataille de la solidarité, estime Frédéric Koller, journaliste pour Le Temps : "alors que des nations du continent remercient Pékin pour son action habilement médiatisée, l’UE est critiquée pour son manque de solidarité". En plus du "plan de rachat d'urgence pandémique" de 750 milliards d'euros annoncé par la BCE dans la nuit du mercredi 18 au jeudi 19 mars, Rome réclame ainsi "l’activation du Mécanisme européen de stabilité doté de 410 milliards d’euros et la création de 'corona bonds', en d’autres termes : une mutualisation de la dette créée pour lutter contre cette crise", rapporte Frédéric Koller. De son côté, "le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a appelé dimanche à un 'Plan Marshall' européen", pour "revitaliser l'économie du continent", explique Politico. "Le virus va-t-il faire sauter le verrou du dogme de l’austérité ?", s'interroge Frédéric Koller. "L’Europe du Nord concédera-t-elle à l’Italie ce qui avait été refusé à la Grèce ?".

 

 

 

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