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[Revue de presse] Brexit : vers un été de négociations accélérées

Revue de presse 16.06.2020

Pour donner un nouveau souffle aux négociations post-Brexit, les dirigeants des institutions européennes ont tenu lundi 15 juin une réunion politique "de haut niveau" avec le Premier ministre britannique. Les deux parties ont réaffirmé leur volonté de parvenir à un accord avant fin 2020, qui marque aussi la fin de la période de transition. Un accord doit pourtant être conclu dans les prochain mois pour pouvoir entrer en vigueur dès le 1er janvier 2021.

Charles Michel, président du Conseil européen, a assisté lundi 15 juin, à la rencontre politique de haut niveau qui s'est tenue par visioconférence entre le Premier ministre britannique et la présidente de la Commission européenne

Charles Michel, président du Conseil européen, a assisté lundi 15 juin, à la rencontre politique de haut niveau qui s'est tenue par visioconférence entre le Premier ministre britannique et la présidente de la Commission européenne - Crédits : Conseil de l'UE

"Prêt à mettre un tigre dans le moteur, mais pas à signer les yeux fermés". C'est la manière dont le président du Conseil européen Charles Michel, a résumé sur Twitter, l'état d'esprit des Européens concernant les les nouvelles discussions à venir. "Alors que les négociations post-Brexit sont dans l'impasse, les dirigeants de l'UE ont rencontré Boris Johnson, virtuellement, ce lundi [15 juin] après-midi, afin de leur redonner du souffle", explique Le Point avec l'AFP. Cette rencontre, virtuelle, avait été convenue de longue date en vue de dresser un bilan des négociations, "avant l'échéance du 1er juillet pour convenir d'une prolongation de la période de transition de Brexit". Mais le Royaume-Uni a pris les devants en annonçant formellement, par le biais de son ministre Michael Gove dès le 6 juin, que "Londres ne demanderait pas de délai supplémentaire" rappelle Politico.

"Cela ne signifie pas pour autant que les discussions d'aujourd'hui n'ont pas eu d'importance", nuance la BBC. "Après des mois de négociations qui ont bégayé et trébuché, les engagements publics pris par les hauts dirigeants pourraient insuffler un peu d'urgence politique, un peu de l'alchimie qui compte dans ce genre de négociations", analyse le média britannique. Le Royaume-Uni a ainsi accepté de poursuivre les discussions tout au long de l'été, infléchissant donc légèrement sa position initiale. "Dans ses objectifs de négociation publiés en février", le gouvernement s'était en effet engagé à "laisser tomber les discussions et à se concentrer sur les préparatifs d'un 'no deal' si les progrès réalisés avant le sommet de juin n'étaient pas suffisants", précise Politico.

Dès lors, les deux parties ont convenu "d'accélérer le rythme" [Libération]. "Des rencontres chaque semaine" sont prévues durant tout l'été, "tantôt à Bruxelles, tantôt à Londres, la plupart en comité restreint, pour avancer sur les dossiers les plus conflictuels", rapporte La Libre.

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Nouvelles échéances

L'objectif est désormais d'"essayer de trouver un accord commercial avant la fin 2020" [Libération], soit avant la fin de la période de transition en cours jusqu'au 31 décembre. Mais en réalité, les deux blocs disposent de moins de six mois pour s'entendre : Michel Barnier, le négociateur européen, fixe la date limite pour un accord au 31 octobre, "afin de laisser le temps aux Etats membres et au Royaume-Uni de ratifier un traité sur la nouvelle relation entre Londres et Bruxelles" et permettre son entrée en vigueur dès le 1er janvier 2021 [La Libre]. Le Premier ministre britannique estime pour sa part que "les deux parties ne sont pas si éloignées et qu'un accord est possible dans les six prochaines semaines."

"Ce que nous avons déjà dit aujourd'hui est que plus vite nous pourrons le faire, mieux ce sera, nous ne voyons aucune raison pour que cela ne soit pas fait en juillet", a déclaré Boris Johnson à la télévision britannique à l'issue de la réunion [Politico]. Une affirmation qui n'a pas manqué de surprendre ses interlocuteurs européens, estime le média, qui explique que "si les dirigeants ont convenu que les négociateurs pourraient parvenir à 'une compréhension rapide' des principes qui sous-tendent un accord, aucun plan de six semaines n'a été arrêté".

Positions divergentes

Le calendrier de Boris Johnson paraît d'autant plus ambitieux que les divergences restent très marquées. Les "lignes rouges" de chacune des parties, réitérées lors de la visioconférence semblent irréconciliables. Ainsi, pour le président du Conseil européen, Charles Michel, "[des] conditions équitables de concurrence sont essentielles" pour l'UE, qui veut s'assurer que le Royaume-Uni "ne divergera pas trop de ses normes en matière environnementale, sociale, ou pour ce qui concerne les aides d'Etat", au risque de "livrer une concurrence déloyale à l'UE", détaillent Les Echos. Quant au gouvernement britannique, le Premier ministre entend refuser d'être dans "un système dans lequel nous continuons à suivre les règles européennes alors que nous sommes en dehors de l'UE" [Les Echos]. Sur la radio publique allemande, le secrétaire d'Etat britannique au commerce Greg Hands a ainsi réaffirmé que la pays "ne réclamait qu'une relation commerciale classique à l'instar de celle qui lie le Canada et l'UE", et qui n'implique pas de telles conditions [La Libre].

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"Autant dire qu'au-delà du 'punch', c'est de l'habileté qu'il va falloir aux négociateurs pour convertir cet affichage de volontarisme en véritable convergence", analysent Les Echos qui s'attendent à "une grande partie de poker menteur" pour les prochains mois. "Tout en se disant prêts à négocier", les deux camps font mine de "ne pas craindre le scénario d'un échec des discussions - alors qu'il serait catastrophique dans un contexte économique déjà sinistré par la pandémie", estime le quotidien économique.

 

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